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L’Ukraine espère conclure un accord gazier avec le « nouveau » président russe

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Publié 23 mars 2012
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Gas, gazprom, Russia, Ukraine

L’Ukraine espère conclure un accord sur l’approvisionnement en gaz russe d’ici fin mai, après l'entrée en fonction du président Vladimir Poutine. C'est ce qu'a déclaré hier (22 mars) le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch.

Le gouvernement de M. Ianoukovitch tente depuis plus d'un an de négocier un prix plus avantageux pour le gaz russe, sans succès jusqu'à présent.

Kiev, qui paye 416 dollars (314 euros) par mille mètres cubes, souhaiterait faire baisser le prix à 250 dollars (189 euros).

« Des groupes d'experts y travaillent et nous espérons que d'ici fin mai, dans les dix derniers jours du mois de mai, nous aurons une solution à proposer et que nous pourrons en discuter avec [...] M. Poutine », a déclaré M. Ianoukovitch lors d'une visite dans la ville de Zaporizhya, cité par l'agence de presse UNIAN.

M. Ianoukovitch, qui a rencontré M. Poutine à Moscou cette semaine, a affirmé qu'il prévoyait également de rencontrer le premier ministre russe mi-avril, avant son investiture le 7 mai.

Le gouvernement ukrainien clame haut et fort que le prix qu'il paye pour le gaz importé de la Russie est une plaie pour l'économie et le budget du pays. L'Ukraine subventionne en effet lourdement l'approvisionnement en gaz des ménages et des entreprises de chauffage.

L'agence de notation Standard and Poor's a dégradé ses perspectives sur la note de l'Ukraine, invoquant notamment le manque de clarté quant à l'orientation de la politique du gouvernement concernant les négociations sur le gaz avec la Russie.

La Russie, quant à elle, affirme depuis longtemps qu'elle reverra ses prix à la baisse si le géant gazier Gazprom reçoit l'autorisation de s'emparer des gazoducs ukrainiens de transit ou si l'Ukraine rejoint l'Union douanière dirigée par les Russes (voir « Contexte »). Kiev refuse jusqu'à présent d'envisager l'une de ces deux options.

Toutefois, M. Ianoukovitch subit des pressions de plus en plus importantes sur la question du gaz. Son Parti des régions a d'ailleurs perdu des points dans les sondages d'opinion en amont des élections législatives d'octobre prochain.

Les précédents conflits sur les prix entre les deux pays ont par le passé mené à des interruptions de l'approvisionnement en gaz de Gazprom qui passait par l'Ukraine pour arriver en Europe, ce qui a poussé la Russie à mettre en place de nouveaux itinéraires gaziers pour contourner l'Ukraine.

EurActiv avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Viktor Ianoukovitch, le président ukrainien, est souvent taxé de pro-russe par la presse occidentale. Il a toutefois pris soin de faire des gestes symboliques en faveur de Moscou et de Bruxelles. Il a récemment déclaré qu'il souhaitait que l'Ukraine devienne un membre à part entière de l'Union européenne.

Il a également agi de manière à resserrer ses liens avec Moscou.  En avril 2010, un accord a été conclu pour réduire le prix du gaz de 30 % en Ukraine, en échange de l'autorisation de la marine russe de continuer à utiliser la péninsule de Crimée comme base.

L'Ukraine a finalisé son accord d'association avec l'UE, mais n'est pas parvenue à l'entériner lors du sommet UE-Russie à Kiev, principalement à cause de l'incarcération de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, une décision « motivée par des raisons politiques » selon Bruxelles. Dans le même temps, l'Ukraine est courtisée par Moscou qui souhaite voir le pays rejoindre son Union eurasienne, qui inclut également le Bélarus et le Kazakhstan.

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