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Vladimir Poutine montré du doigt suite à la condamnation d’un groupe de punk

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Publié 20 août 2012
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Pussy Riot, Putin, Russia

L’Europe et les Etats-Unis ont fustigé la Russie suite à la condamnation à deux ans de prison de trois membres du groupe punk Pussy Riot. Après le verdict, des manifestations ont eux lieux dans une soixantaine de villes à travers le monde.

Les trois jeunes femmes, Nadezhda Tolokonnikova (22 ans), Maria Aliokhina (24 ans) et Ekaterina Samoutsevitch (30 ans) ont été condamnées vendredi (17 août) pour « hooliganisme » motivé par la haine religieuse après avoir chanté une chanson punk dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Lors de leur performance, les punkettes ont appelé la Vierge Marie à mettre Vladimir Poutine, le président russe, à la porte du pays.

En Bulgarie, le monument de l'armée soviétique a arboré un nouveau look vendredi : les sculptures des soldats russes se sont vu affubler de cagoules colorées, le signe distinctif adopté par le groupe punk. A Bruxelles, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant la mission russe auprès de l'UE, mais ils ont dû s'éloigner du bâtiment pour rejoindre le trottoir en face de l'ambassade américaine.

Catherine Ashton, la haute responsable de l'Union européenne pour les affaires étrangères, a expliqué que la condamnation à deux ans de prison des trois femmes était « disproportionnée » par rapport au crime commis, un signe d'intimidation des militants de l'opposition dans le pays.

« Etant donné les signalements de mauvais traitements lors de la détention provisoire et les accusations d'irrégularités lors du procès, il [le verdict] remet en question le respect par la Russie de ses obligations internationales en matière de procédure judiciaire équitable, transparente et indépendante », a déclaré Mme Ashton.

« Cette affaire s'ajoute aux actes toujours plus nombreux d'intimidation politique et aux poursuites déjà entamées contre des militants de l'opposition en Fédération de Russie, une tendance qui inquiète de plus en plus l'Union européenne », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La commissaire aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a écrit sur son profil Twitter : « Je suis très triste d'apprendre la condamnation des Pussy Riot. C'est totalement disproportionné ! »

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a été cité par Reuters :  « Même si nous comprenons que le comportement du groupe a froissé certaines personnes, nous nous inquiétons sérieusement quant à la manière dont ces jeunes femmes ont été traitées par le système judiciaire russe. »

L'affaire des Pussy Riot, considérée comme un test sur la tolérance de M. Poutine vis-à-vis de ses opposants, ne fait qu'alimenter des tensions déjà vives dans les relations entre Moscou et les pays européens depuis leurs différends sur la façon de gérer la crise syrienne.

Des musiciens outrés

Les Pussy Riot ont été soutenues par des dizaines de musiciens célèbres, dont Paul McCartney, Madonna, les Red Hot Chili Peppers, Björk, Bryan Adams, Sting et Yoko Ono, entre autres.

Bryan Adams a écrit sur son compte Twitter : « Scandaleux [...] Des chanteuses russes en prison pour s'être exprimées librement ? »

L'acteur du Seigneur des Anneaux, Elijah Wood, a quant à lui tweeté : « C'est une honte de voir que les Pussy Riot ont été condamnées, mais je ne suis pas surpris. »

En Russie, la société apparaît divisée sur la question. Des centaines d'intellectuels ont manifesté contre le verdict qui a été prononcé. L'ancien champion du monde d'échecs, Gary Kasparov, a même été placé en détention et aurait été battu pour avoir participé à une manifestation devant le tribunal.

Beaucoup de Russes considèrent toutefois cette condamnation comme un châtiment mérité pour avoir profané un endroit sacré et porté atteinte aux valeurs culturelles russes.

Réactions : 

La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que le verdict était « extrêmement sévère » et « non compatible avec les valeurs européennes de l'Etat de droit et de la démocratie que la Russie, en tant que membre du Conseil de l'Europe, s'est engagée à respecter ».

« Une société civile dynamique et des citoyens actifs sur le plan politique sont des conditions nécessaires à la modernisation de la Russie. Il ne s'agit pas d'une menace », a-t-elle expliqué.

Le ministre britannique des affaires étrangères, Alistair Burt, a déclaré dans un communiqué que le verdict « remettait en question l'engagement de la Russie envers la protection des libertés et des droits fondamentaux ».

Amnesty International a affirmé que ce procès était motivé sur le plan politique et que les trois femmes étaient poursuivies à tort pour une action de protestation légitime, bien que potentiellement déplacée. L'organisation a ajouté que le verdict était un coup dur pour la liberté d'expression en Russie.

Amnesty « estime que les trois militantes sont des prisonnières d'opinion emprisonnées pour avoir exprimé pacifiquement leurs croyances ».

« Les autorités russes doivent abandonner les charges de hooliganisme et libérer ces trois femmes immédiatement et sans condition », a déclaré John Dalhuisen, le directeur du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty.

Le principal organisme sur la sécurité et les droits en Europe, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, a affirmé que ce verdict confirmait une tendance à la répression de la liberté d'expression.

« Je constate dans plusieurs pays que les autorités, les groupes sociaux et religieux, ainsi que les tribunaux adoptent une position plus ferme sur les contenus considérés comme offensants, moralement discutables ou dangereux pour les enfants », a déclaré Dunja Mijatovic, représentante de l'OSCE pour la liberté des médias.

« La plupart du temps, cela est un prétexte pour censurer du contenu qui n'est tout simplement pas traditionnel et peut se révéler critique », a-t-elle ajouté. 

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

COMMENTS

  • PROPAGANDE BONNE MARCHE

    By :
    ivo
    - Posted on :
    20/08/2012
  • D'après les photos elles sont 4 femmes a avoir participé à la prière Punk alors ou est la quatrième ?? Merci

    By :
    Ysobel
    - Posted on :
    20/08/2012
Manifestation pour la libération des Pussy Riot à Bruxelles
Contexte : 

Vladimir Poutine a triomphé lors des élections présidentielles russes le 4 mars dernier, mais ses opposants ont toutefois refusé de reconnaître ces résultats et ont affirmé qu'ils continueraient de manifester. Il s'agit du mouvement de protestation le plus important depuis l'arrivée de M. Poutine au pouvoir il y a 12 ans.

M. Poutine a déjà été président de 2000 à 2008 et est toujours resté l'homme fort du pays. En 2008, il a quitté le pouvoir pour faire place à son allié, Dmitri Medvedev, dans la mesure où il ne pouvait exercer un troisième mandat conformément à la constitution russe. M. Poutine a alors occupé le poste de premier ministre.

Certains électeurs pensent que M. poutine, qui se décrit comme un homme d'action et le gardien de la stabilité, est le dirigeant national solide dont a besoin le plus grand pays du monde qui est également le plus grand producteur d'énergie.

D'autres commencent toutefois à en avoir assez de ses attitudes machistes (comme lorsqu'il monte à cheval torse nu) et d'un système qui concentre tous ses pouvoirs dans ses mains. Nombreux sont ceux qui craignent que son troisième mandat de président ne marque le retour de l'autocratie.

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