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Vladimir Poutine nomme un médiateur pour les entrepreneurs occidentaux

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Publié 22 juin 2012

Lors d'un discours au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, également connu sous le nom de « Davos russe », le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a déclaré qu'il avait nommé un médiateur pour aider les entrepreneurs occidentaux.

Vladimir Poutine a déclaré qu'il avait nommé Boris Titov, un ancien associé de son richissime allié Mikhail Prokhorov, à ce poste. M. Titov, un membre du Front de tout le peuple russe de M. Poutine, dirige également le groupe de pression Delovaya Rossiya et plusieurs entreprises, dont le fabricant de vin mousseux Abrau-Durso.

Lors de son discours d'hier (21 juin), M. Poutine a affirmé que le médiateur représenterait les investisseurs russes et étrangers dans les affaires juridiques et les défendrait au tribunal contre les fonctionnaires qui agiraient contre leur intérêt. Il a expliqué que le décret nécessaire à la création de ce poste serait bientôt signé et que M. Titov prendrait ses fonctions dans les semaines à venir.

M. Poutine a confirmé la mise en place d'un programme de privatisation très attendu et il a précisé que les investisseurs étrangers pourraient y prendre part.

La Russie a souvent fait l'objet de critiques de la part de ses partenaires occidentaux s'agissant de la manière dont sont traités les investisseurs étrangers, surtout les petites et moyennes entreprises.

La nomination d'un médiateur laisse entendre que M. Poutine préfère continuer de se reposer sur un système de protection politique plutôt que d'établir des règles claires et transparentes et un système judiciaire juste. Selon le Moscow Times, cette annonce a été accueillie avec prudence par les participants au forum.

Le médiateur entretiendra une relation particulière avec le bureau du procureur général, a ajouté M. Poutine.

Lors de son discours, il a affirmé que la corruption était une grande menace pour la Russie et il a admis que la dépendance de son pays face aux prix du pétrole était son talon d'Achille. Il a par contre fustigé les démocraties européennes pour leur incapacité à prendre des décisions politiques efficaces et il a assuré que la Russie montrait l'exemple au reste du monde s'agissant de lutter contre les difficultés économiques de manière responsable.

Il a lancé un avertissement à l'opposition russe de plus en plus active en affirmant que ce n'était pas parce que certaines personnes se considéraient comme des acteurs de la scène politique qu'ils étaient au-dessus des lois.

Depuis la campagne électorale présidentielle de cette année, l'opposition a organisé de nombreuses manifestations anti-Poutine. Ces dernières semaines, des enquêteurs ont perquisitionné le domicile d'éminents leaders de l'opposition et de leur famille. Ils ont ensuite été interrogés par les autorités.

M. Poutine a promis d'être le dirigeant d'un Kremlin en pleine réforme et a coché de nombreux points sur la liste des améliorations qu'il s'était engagé à mettre en oeuvre, notamment en ce qui concerne l'application des lois, le système judiciaire, l'éducation, la santé et l'hébergement. 

Réactions : 

Werner Schulz, un membre du groupe des Verts au Parlement européen, a qualifié les promesses de M. Poutine de modernisation irréaliste.

« En l'absence d'un esprit de démocratie et de liberté, la modernisation économique est vouée à l'échec. M. Poutine tente de gagner du temps et il discourt sur les forces économiques que son pays devrait bientôt manifester pour s'en sortir », a-t-il expliqué dans un récent article d'opinion envoyé à EurActiv.

Bogdan Sumenko, analyste pour la Fondation ukrainienne pour la démocratie People First, a récemment écrit dans un article d'opinion également envoyé à EurActiv que la majorité des décrets de M. Poutine signés après son investiture le 7 mai dernier étaient de nature déclarative et ne spécifiait aucun mécanisme de mise en oeuvre.

« L'application des réformes du marché en Russie dépendra de la volonté des autorités de conserver le contrôle de l'Etat sur le pétrole et le gaz. L'accès à ces secteurs sera strictement contrôlé par le pouvoir central. Les règles pour les entreprises étrangères ne changeront guère en substance. Leur succès dépendra de leur capacité à trouver des compromis avec le pouvoir russe », a écrit M. Sumenko.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008, est resté le principal leader politique et le plus populaire de la Russie depuis qu'il a quitté le pouvoir pour faire place à son allié, Dmitri Medvedev, dans la mesure où il ne pouvait exercer un troisième mandat conformément à la constitution russe.

Lors d'un congrès minutieusement orchestré du parti Russie unie le 24 septembre 2011, le président Medvedev a accepté de mener la liste de candidats pour les élections législatives du 4 décembre dernier dans le but de devenir le prochain premier ministre. Il a été acclamé par le parti lorsqu'il a proposé que le premier ministre, Vladimir Poutine, se présente aux présidentielles de mars 2012.

Malgré des accusations de fraude, les électeurs russes ont porté un coup à Russie unie, en ramenant sa majorité au parlement à 49,4 %. Mikhaïl Gorbatchev, le père de la perestroïka et le dernier président soviétique, a qualifié ces élections législatives d'irrégulières.

M. Poutine a remporté l'élection présidentielle du 4 mars dernier avec 63,7 % des voix. Ses opposants ont crié à la fraude.  Son investiture a eu lieu le 7 mai dernier et M. Medvedev est devenu premier ministre.

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