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2 décembre 2009
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Barroso peine à convaincre sur son programme social [FR][en][de

Publié: jeudi 1 octobre 2009   

Le président reconduit de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et ses promesses de revigorer l’agenda social de l’UE ont reçu un accueil mitigé de la part des parties intéressées, certains se montrant pleins d’espoir tandis que d’autres craignent une répétition de la routine habituelle.

Contexte:

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été désigné  pour un second mandate, le mois dernier (EurActiv 16/09/09).  

Dans le cadre de sa campagne de nomination, M. Barroso a rédigé un document de 41 pages intitulé « Orientations politiques pour la prochaine Commission Pdf external » , qui trace les grandes lignes de ses intentions pour les cinq prochaines années. 

En ce qui concerne la politique sociale, M. Barroso a déclaré être convaincu que l’UE doit suivre la voie d’une économie sociale de marché pour un avenir meilleur, et a ajouté que la priorité sociale est beaucoup plus importante aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a cins ans. 

Cette dernière déclaration a ravivé l’espoir de plusieurs acteurs et ONG sociales de voir Barroso II promouvoir une vraie politique sociale forte, bien que d’autres aient affirméexternal que le plan d’action de M. Barroso ne soit guère plus qu’un catalogue de bonnes intentions et que le Portugais devait être plus précis dans les solutions qu’il proposait.

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M. Barroso, qui a fait cette semaine un certain nombre de déclarations pour définir les priorités sociales de son second mandat, a affirmé que son ambition était de trouver un équilibre entre croissance durable et cohésion sociale, car dans une économie sociale comme l’est l’Europe, la croissance et la protection sociale sont indissociables.

Les engagements du président pour soutenir une Europe sociale lors de sa reconduction en septembre ont été généralement bien accueillis par les experts, bien que nombre d’entre eux les aient jugés trop vagues pour générer une réelle confiance. 

Lundi (28 septembre), lors d’une réunion de la Spring Alliance, la plus grande coalition européenne représentant la société civile, M. Barroso a entrepris de détailler une stratégie plus complète pour les priorités sociales de son second mandat. 

Pour commencer, il a réfuté les plaintes selon lesquelles la Commission n’a accordé qu’une oreille distraite à l’agenda social, affirmant que de très importants mécanismes de solidarité existent déjà. 

Cependant, il a reconnu que dans l’état actuel des choses, il faudrait faire plus ; mais pour y parvenir, il aura besoin du soutien des Etats membres. 

M. Barroso se confronte aux capitales européennes ? 

La question des ambitions sociales de la Commission qui serait limitées par les vetos des Etats membres fut un thème récurrent, et un point de discussion déjà résolu étant donné que M. Barroso s’est décidé à promettre aux ONG sociales qu’il agirait davantage lors de son second mandat. 

M. Barroso a effectivement reproché aux vetos nationaux de bloquer ses ambitions sociales. Aujourd’hui, je pense que nous devrions envisager la question suivante : ne devrions-nous pas proposer quelque chose au niveau de l’UE pour les plus défavorisés ? Ma réponse est « oui », a-t-il dit. Jusqu’ici, la réponse du Conseil a été « non » – voilà les faits, a-t-il affirmé. 

Il a aussi abordé la question épineuse des objectifs sociaux, affirmant que sa Commission avait reconnu ce besoin dans sa communicationexternal de 2008 sur le renforcement de la méthode ouverte de coordination. Le problème, a dit M. Barroso, est que les Etats membres divergent sur la manière de mettre en œuvre de telles méthodes d’évaluation sociale au niveau de l’UE. Il en résulte que des objectifs unifiés en matière de politique sociale n’ont jamais vu le jour. 

Mais M. Barroso a affirmé qu’il ferait avancer ce débat avec une vigueur renouvelée dans les capitales européennes. Réessayons et voyons s’ils sont prêts à accepter, a-t-il dit. 

Les opinions divergeaient sur ces affirmations : reflètent-elles une réelle conviction ou un intérêt de pure forme. Se confiant à EurActiv, le président du Parti des socialistes européens (PSE), Poul Nyrup Rasmussen, a critiqué de manière virulente les arguments de M. Barroso, l’accusant de blâmer à nouveau les autres pour son propre manque d’autorité chronique. Il est resté passif durant la crise et maintenant il refuse à nouveau de mettre sur la table des propositions pour faire progresser l’Europe sociale dans l’intérêt des citoyens européens, a-t-il dit. 

La Spring Alliance, un défenseur acharné de l’emploi d’outils de mesure du progrès qui vont au-delà du PIB, était prête à accorder à M. Barroso le bénéfice du doute. Roshan di Puppo, directrice de la Plateforme sociale, qui a co-signé le programmePdf external de la Spring Alliance, a affirmé à EurActiv que si M. Barroso renforçait et mettait davantage en avant la méthode ouverte de coordination comme instrument premier de la coordination transfrontalière des évaluations sociales dans l’UE, l’indicateur européen de mesure sociale constitue un choix réaliste pour les prochaines années. 

Cependant, elle a donné sa préférence à une approche pas à pas, affirmant que si le moment était venu de mettre en place un tel indicateur, les Etats membres fixeraient les limites lors de la création d’objectifs quantifiables basés sur ces mesures. 

Ce que je retiens de la déclaration de M. Barroso, c’est que nous devons d’abord faire aboutir l’indicateur, et ensuite seulement nous pourrons exhorter les capitales à s’intéresser à cette question. Je pense que c’est la bonne approche à adopter, a-t-elle conclu, ajoutant que si M. Barroso échoue à tenir ses promesses et revient à sa conviction d’un « effet de ruissellement » (i.e. de bas en haut) de la question sociale, alors la Spring Alliance est prête à publier des statistiques prouvant l’échec de cette méthode.

Positions:

A la suite de l’apparition de M. Barroso à la Spring Alliance, les dirigeants des organisations membres ont fait les déclarations suivantes :

Conny Reuter, présidente de la Social Platform, a déclaré qu’elle appréciait que le président Barroso s’engage pour une Europe qui mette les gens au cœur de son ordre du jour. Pour elle, cela signifie l’abandon de la stratégie actuelle basée seulement sur la concurrence et la croissance en faveur de politiques qui combattent effectivement la pauvreté et les discriminations, et développent le modèle social européen – plutôt que de saper les systèmes européens de protection sociale et les services publics. Nous attendons de M. Barroso qu’il agisse en priorité pour les personnes et la planète lorsqu’il rédigera la future stratégie de l’Europe et qu’il proposera des mesures concrètes.

Justin Kilcullen, président de CONCORD, la confédération européenne des ONG pour l’aide et le développement, a affirmé que le temps était venu d’une profonde remise en question du modèle européen actuel, un modèle reposant sur une forte croissance économique, une distribution inégale des richesses et une exploitation excessive des ressources naturelles. Il appelle également à une réforme de la gouvernance économique mondiale afin de donner aux pays en développement une participation réelle aux décisions vitales qui impactent leur futur.

Mikael Karlsson, président du Bureau européen de l’environnement (BEE), a déclaré qu’il appelait à des actions concrètes et courageuses en faveur d’un agenda durable pour l’UE qui assure un changement des modèles de consommation et de production, donnant un maximum de place aux personnes et à l’environnement. Pour le dire simplement : la nouvelle Commission doit proposer des politiques pour faire plus avec moins, a-t-il dit.

Le président du Parti des socialistes européens (PSE), Poul Nyrup Rasmussen, commentant l’affirmation de M. Barroso selon laquelle les Etats membres avaient empêchés des progrès sur l’action sociale européenne, a déclaré que M. Barroso, comme à son habitude, accusait les autres pour son propre manque chronique de leadership. Il a été passif pendant la crise et aujourd’hui il refuse encore de mettre sur la table des propositions pour faire avancer l’Europe sociale dans l’intérêt du peuple européen. J’espère qu’il n’a pas besoin qu’on lui rappelle que la Commission est la seule institution – et pas le Conseil - a disposer du droit d’initiative législatif.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré le mois dernier qu’il est encore loin d’être sûr que la stratégie de M. Barroso soit un pas dans la bonne direction. Il manque encore une idée précise de la forme que prendra un renforcement de la directive sur les travailleurs détachés. Le président de la Commission est-il d’accord avec le principe « à travail égal, salaire égal » ? Il est décevant de voir qu’il n’a fait aucune promesse concernant la proposition du CES en faveur d’un protocole du progrès social. Ces questions doivent être poussées et clarifiées au Parlement, et le CES les rappellera au bon souvenir du président, a-t-il déclaré.

Eurofound, l’agence européenne basée à Dublin, a expliqué que des paquets complets sur la crise – plutôt que des initiatives isolées se concentrant sur l’encouragement à la croissance sur le marché du travail – sont des moyens bien plus efficaces de sortir les économies européennes de la récession.

Un rapportexternal de l’agence affirme qu’empêcher le chômage est une stratégie bien plus efficace pour la protection de l’emploi sur le moyen et long terme qu’essayer d’y remédier, à travers des politiques actives ou passives sur le marché du travail. Le chômage peut être minimisé via, par exemple, le soutien aux entreprises à travers la fourniture d’un meilleur accès aux financements ainsi que par des investissements stratégiques dans la recherche et le développement ainsi que l’innovation.

Eurofound ajoute que le dialogue social joue un rôle essentiel pour assurer des accords justes et complets contre la récession qui met au défi à la fois les employeurs et les travailleurs. A travers l’Europe, l’implication des partenaires sociaux dans la formation et l’exécution des mesures anti-récession diffère en fonction du niveau et de l’étendue de leur intégration dans la définition des politiques.

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The Gender Dimension
Claudette Abela Baldacchino, Member, PES Group, Committee of the Regions (MT)
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