EurActiv Logo
 
10 novembre 2009
Breaking News:

Sections

Mini Sections

Les Bulgares et les Roumains protestent contre la fermeture du marché du travail britannique [FR][en][de

Publié: mercredi 25 octobre 2006   

Les gouvernements de Bulgarie et de Roumanie ont vivement critiqué la décision du Royaume-Uni et de l'Irlande d'empêcher les travailleurs des deux pays d'accéder à leur marché du travail.

Contexte:

Lors du dernier élargissement de l'UE à dix nouveaux Etats membres en mai 2004, le Royaume-Uni et l'Irlande ont été les seuls pays, avec la Suède, à laisser un accès illimité à leur marché du travail aux citoyens en provenance de huit d'entre eux (aucune restriction ne s'applique aux ressortissants maltais et chypriotes).

Selon plusieurs rapports, cette ouverture du marché du travail a profité aux deux pays sur le plan économique, même si le nombre de travailleurs immigrés a été largement sous-estimé avant l'élargissement. Selon les estimations, entre 13 000 et 18 000 travailleurs devaient se rendre au Royaume-Uni; en réalité, ils ont été entre 450 000 et 600 000.

Au cours des deux ans et demi qui ont suivi l'élargissement, cinq autres pays membres ont décidé d'ouvrir complètement leur marché du travail; cinq ont mis en place des systèmes pour l'ouvrir progressivement; seules l'Allemagne et l'Autriche continuent d'empêcher les travailleurs des nouveaux Etats membres d'accéder à leur marché du travail.

Le problème s'est de nouveau posé avec l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, prévue en janvier 2007. De nombreux Etats membres, dont ceux qui ont adhéré à l'UE en 2004, surveillent de près la décision du Royaume-Uni et pourraient prendre la même.

A lire aussi:

Autres articles:

Le 24 octobre 2006, le secrétaire britannique à l'intérieur, John Reid, a annoncéexternal la décision de son gouvernement de limiter l'accès des travailleurs bulgares et roumains au marché du travail britannique. Des exceptions seront introduites pour un nombre limité de travailleurs très qualifiés et 20 000 travailleurs dans l'industrie alimentaire et l'agriculture, de façon saisonnière.

Dans le même temps, le cabinet irlandais a décidé de fermer complètement son marché du travail aux Bulgares et aux Roumains, sans aucune exception.

Selon les règles en vigueur dans l'UE, les Bulgares et les Roumains seront toujours libres de se rendre au Royaume-Uni ou en Irlande en tant que touristes et pourront travailler dans ces pays en tant qu'indépendants. 

Positions:

Le secrétaire britannique à l'intérieur, John Reid : "Au fil des ans, l'Europe a prospéré en laissant ses citoyens circuler et faire du commerce librement. Mais l'élargissement de l'UE constitue de nouveaux défis qui doivent être gérés correctement. Dans l'UE, comme ailleurs, la migration contrôlée est la solution. En 2004, lorsque dix nouveaux Etats membres ont rejoint l'UE, nous avons donné accès à notre marché du travail à leurs ressortissants. Mais notre système d'enregistrement des travailleurs s'est assuré qu'ils venaient pour travailler, et non pour demander des avantages sociaux. Cela a été un succès. Les travailleurs des nouveaux Etats membres ont permis de combler les manques de main d'oeuvre dans certains secteurs, dont les services publics clés comme la santé publique et les soins sociaux, et ont contribué à la croissance et à la prospérité du pays. Aucune étude n'a révélé qu'ils avaient pris les emplois des travailleurs britanniques ou entraîné une baisse des salaires. [...]

Le Royaume-Uni continuera de contrôler l'accès des Roumains et des Bulgares à son marché du travail pendant une période transitoire. L'ouverture de notre marché du travail tiendra compte des besoins de notre marché du travail [...] et des positions adoptées par les autres Etats membres. De plus, nous attendrons des employeurs qu'ils se tournent exclusivement vers les travailleurs de pays européens pour occuper les emplois non qualifiés au Royaume-Uni. Nous pouvons donc annoncer qu'à partir du 1er janvier 2007, nous supprimerons progressivement tous les systèmes de migration des travailleurs peu qualifiés pour les ressortissants en-dehors de l'UE."

Le ministre irlandais de l'entreprise, du commerce et de l'emploi, Micheál Martin, a déclaré au Irish Times que la décision de son gouvernement était justifiée en raison des travailleurs étrangers actuellement employés dans le pays. "Leur nombre a été incroyable. Il s'agit de l'une des vagues d'immigration les plus rapides que notre pays ait connu. Les autres pays ont connu le même phénomène en 30 ou 40 ans. Des secteurs comme l'éducation, le logement, la circulation ou les services de santé se sont retrouvés sous pression. Le défi est désormais de les intégrer."

Un porte-parole du ministère bulgare des affaires étrangères, Dimitar Tsanchev, a déclaré : "Ce genre de décision fait partie des prérogatives des gouvernements nationaux, selon le traité d'adhésion, mais nous considérons que de telles restrictions nuiront aux droits des travailleurs bulgares, alors que ce n'est pas le cas des 10 pays qui ont adhéré à l'UE en 2004. Toutes les analyses effectuées en Bulgarie montrent qu'il n'y a aucune raison de craindre une immigration massive des Bulgares vers le Royaume-Uni après le 1er janvier 2007. Nous comprenons les appréhensions du gouvernement britannique concernant l'immigration des travailleurs, mais nous restons convaincus que la question ne peut être résolue par le biais de restrictions. La Bulgarie envisagera de prendre des mesures réciproques à l'égard des travailleurs du Royaume-Uni ou de tout autre pays qui imposerait des restrictions à la libre circulation des travailleurs bulgares."

Le premier ministre roumain, Calin Tariceanu, a indiqué que son gouvernement "faisait tout ce qu'il pouvait pour empêcher ces mesures", qui "entretiendraient les doutes sur l'Union européenne."

Selon David Davis, chargé de l'intérieur dans le cabinet fantôme de l'opposition conservatrice, "cette déclaration est plus remarquable par ce qu'elle ne dit pas et ce à quoi elle ne répond pas." Il a rappelé qu'"en principe", les Tories avaient demandé des limites aux droits des travailleurs "il y a environ deux mois", ajoutant : "Où est le détail?". Selon lui, John Reid a "simplement délivré un discours écrit qui fera la une des journaux demain, mais qui laisse de nombreuses questions en suspens."

Nick Clegg, porte-parole des Libéraux Démocrates, a indiqué que le système "exigeait beaucoup d'un conseil de l'Immigration et de la Nationalité que M. Reid a qualifié d'inadapté pour cela." Il a ajouté que la discrimination à l'égard des travailleurs peu qualifiés pourrait donner lieu à un marché noir et que le gouvernement britannique aurait du faire bien plus pour persuader l'Europe du Sud de "prendre sa part de travailleurs, avant de décider d'instaurer ces mesures qui risquent de ne pas fonctionner."

Brendan Barber, secrétaire général de la Confédération syndicale du Royaume-Uni, a déclaré : "L'annonce faite aujourd'hui risque d'avoir l'effet inverse de ce que le système est censé permettre, et ce car le gouvernement britannique ne peut empêcher la libre circulation des nouveaux citoyens européens, ni les empêcher de travailler en tant qu'indépendants une fois qu'ils sont là. Les faux statuts d'indépendant et les emplois au noirs sont les deux méthodes les plus répandues au Royaume-Uni pour exploiter les travailleurs. [...] La bonne réponse à l'élargissement de l'UE est d'instaurer des droits qui empêchent l'exploitation de toute personne travaillant au Royaume-Uni, et non des mesures qui risquent d'aggraver la situation de certains travailleurs."

La directrice des ressources humaines de la confédération de l'industrie britannique (CBI), Susan Anderson, a salué cette décision : "L'immigration des travailleurs est essentielle pour le Royaume-Uni. Les récentes vagues d'immigration en provenance d'Europe centrale ont permis d'obtenir des travailleurs qualifiés très travailleurs, dont le pays avait extrêmement besoin et dont l'économie a tiré profit. Leur nombre a toutefois largement dépassé les prévisions et il est donc justifié de prendre une approche équilibrée et d'appliquer des restrictions transitoires pour la Roumanie et la Bulgarie."

John Walker, responsable des affaires européennes pour la Fédération des petites entreprises (FSB), a vivement critiqué les mesures du gouvernement, soutenant qu'elles "donneraient lieu à une situation confuse au milieu de laquelle les employeurs pourraient se retrouver." Il a ajouté : "Les entreprises n'accepteront pas qu'on leur demande de devenir des pseudo agents de l'immigration. Après avoir traité les derniers entrants en date d'une certaine façon, qui était claire pour tout le monde, la différence de traitement des travailleurs bulgares et roumains est injuste pour eux et pour les petites entreprises."

 

Liens

Lettres à l'éditeur
A woman EU president
paulstpancras, European citizen
The Gender Dimension
Claudette Abela Baldacchino, Member, PES Group, Committee of the Regions (MT)
Advertising
Advertising