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Mettre une annoncePlus de bébés, des vies actives plus longues, une productivité du travail accrue, une gestion efficace de l'immigration et des finances publiques "durables" sont les cinq remèdes proposés dans la nouvelle communication de la Commission pour résoudre la crise démographique en Europe.
De nos jours, les Européens vivent plus longtemps et ont moins d'enfants; l'Europe est donc confrontée au problème du "vieillissement démographique", qui aura des conséquences sérieuses sur l'économie en raison de la disproportion entre la population active et les personnes à la retraite. La taille de la population active en Europe devrait ainsi diminuer de 48 millions entre aujourd'hui et 2050, selon les prévisions de la Commission, ce qui aurait un impact négatif sur la croissance économique et les finances publiques si les politiques actuelles restent les mêmes.
Pour faire face à ce problème, le commissaire aux affaires sociales Vladimir Špidla a présenté, le 12 octobre 2006, une communication intitulée "Faire du changement démographique une chance pour l'Europe". Il s'agit d'un suivi du Livre vert de 2005 sur les changements démographiques, qui a fait l'objet d'une consultation de toutes les parties concernées.
La communication a été présentée lors d'une conférence de presse conjointe avec le commissaire aux affaires économiques Joaquín Almunia, qui a surtout mis l'accent sur la "durabilité" des finances publiques
dans l'UE en raison de ces tendances.
L'Europe n'est pas le seul continent vieillissant. Les grandes économies émergentes comme l'Inde et la Chine sont également menacées par le même phénomène. De plus, la crise démographique doit être mise en perspective avec la croissance continue de la population mondiale en général (prévision de 9,1 milliards de personnes d'ici 2050 - ONU).
La stratégie de la Commission repose sur cinq piliers stratégiques :
Selon le document, "la source du problème n'est pas l'allongement de la durée de la vie en tant que telle. Elle réside plutôt dans l'incapacité des politiques actuelles à s'adapter à la nouvelle donne démographique et dans la réticence des entreprises et des citoyens à modifier leurs anticipations et comportements, en particulier face à la modernisation du marché du travail. En somme, les États membres sont confrontés davantage à un problème de retraite qu'à un problème de vieillissement".
Le "défi démographique" doit être "intégré" dans toutes les autres politiques publiques nationales et européennes, estime la Commission. Il n'est toutefois pas sûr que cette "intégration" fonctionne mieux que dans les autres domaines où la Commission a souhaité plus d'intgération horizontale dans le passé (stratégie de Lisbonne, développement durable).
La stratégie de la Commission pour désamorcer la "bombe à retardement démographique" tient peu compte des recherches qui ont démontré les impacts plus positifs de ces changements démographiques (le rôle plus important de la femme dans la société, l'utilisation moindre des ressources naturelles et donc la réduction de l'"empreinte écologique" de l'Europe, ou les nouvelles façons de consommer des générations plus âgées donnant lieu à de nouvelles opportunités de marché).
Le commissaire Špidla a souligné la nécessité de réforme. "Les pouvoirs publics doivent modeler leurs politiques en fonction du nouvel ordre démographique. Par exemple, les femmes entre 30 et 45 ans se voient de plus en plus fréquemment astreintes à porter un triple fardeau : maternité, carrière et prise en charge des parents, à mesure que ceux-ci avancent en âge. Dans le contexte de la “méthode du cycle de vie”, nous devons assouplir nos systèmes éducatifs et nos schémas professionnels, de manière à aider ceux qui veulent avoir des enfants au moment choisi par eux," a-t-il souligné.
Le Parti Socialiste Européen considère également qu'il faut plus de réformes pour faire face à la "crise des retraites". Dans une première réaction à la nouvelle communication de la Commission, le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, a appelé à une "stratégie d'investissements coordonnés pour relancer la croissance et des politiques de l'emploi actives afin d'augmenter le nombre de travailleurs."
La Plateforme sociale s'est montrée plus négative sur l'"approche limitée" de la Commission. L'organisation, qui représente plusieurs organismes sociaux et groupes d'action, a exprimé sa frustration de voir que "la seule solution [de la Commission] au problème du vieillissement de la population est de faire travailler les gens plus longtemps" et a indiqué que "l'évolution qualitative nécessaire des structures politiques, économiques et sociales de la société mérite la même attention". Anne-Sophie Parent, présidente de la Plateforme sociale, a ajouté : "Ce n'est pas en faisant peur aux citoyens avec des prévisions alarmistes que la Commission et les décideurs nationaux obtiendront le soutien nécessaire de la population dans son ensemble pour transformer le défi du vieillissement démographique en opportunité".