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Une série de propositions de la Commission européenne, destinée à s'attaquer à la menace de la crise démographique en Europe en attirant quelque 20 millions de travailleurs étrangers supplémentaires, a été vivement critiquée par les hommes politiques allemands pour qui il y a encore de la main d'œuvre inoccupée en Allemagne.
En ce début du 21ème siècle, l’Europe se trouve confrontée à un double défi :
Parallèlement, les lois restrictives sur l’immigration empêchent les entreprises européennes d’embaucher dans l’urgence le personnel dont elles ont besoin à l’étranger. Certains pays forment même leurs étudiants à des sciences de l’ingénieur très recherchées et les obligent à quitter le pays une fois leurs études terminées.
Selon les estimations de la Commission, l’UE aurait besoin de 20 millions d’immigrants supplémentaires, qu’ils soient très qualifiés et peu qualifiés, au cours des 20 prochaines années. Elle propose donc que les Etats membres cessent de bloquer l’accès des étrangers au marché du travail et ouvrent plutôt leurs frontières à l’immigration légale et règlementée.
Franco Frattini, le commissaire chargé de la Justice, a notamment déclaré que l’UE devait apprendre à concurrencer les Etats-Unis, qui attirent de loin la majeure partie de la main d’oeuvre qualifiée dans le monde, contrairement au marché du travail européen qui tend à attirer des travailleurs non qualifiés.
En octobre 2007, la Commission proposera donc un ensemble juridique qui comprendra :
José Manuel Barroso, le Président de la Commission, a déclaré que l’immigration est l’une des questions importantes de notre époque. La Commission a adopté une stratégie à deux volets : encourager l’immigration légale qui profite aux migrants, à leur pays d’origine et à l’Europe, et contenir l’immigration illégale. Il a ajouté que la Commission présentera deux directives sur l’immigration à but professionnel en octobre afin de compléter la proposition relative aux sanctions contre les employeurs qui embauchent les migrants arrivés illégalement dans le pays.
Vladimír Špidla, le commissaire chargé de l’Emploi et des affaires sociales, a déclaré : « ma forte conviction : l'Europe contemporaine n'a pas le choix entre un avenir avec ou sans immigration. Elle a seulement le choix entre une immigration bien ou mal maîtrisée. L´Union européenne est aussi en train de développer une politique ambitieuse et équilibrée en ce qui concerne l´immigration et l´intégration. A mon avis, il est nécessaire de maîtriser l´immigration et l´intégration des migrants du point de vue de la cohésion sociale, qui est - selon moi - la valeur qui distingue le modèle européen des autres grandes civilisations occidentales ».
Selon Franco Frattini, le commissaire chargé de la Justice, de la liberté et de la sécurité, les pays ayant connu une croissance économique rapide au cours de ces dernières années, comme l’Espagne et l’Irlande, ont clairement bénéficié de l’arrivée de travailleurs qualifiés issus d’Etats membres ou de pays tiers. L’Europe a besoin de tous les niveaux de qualification et le défi, selon lui, est d’attirer les travailleurs nécessaires pour répondre aux demandes spécifiques de main d’œuvre. Il insiste sur le fait que la coopération rend l’UE plus forte, et ce non seulement quand il s’agit de régler des questions comme celle de l’immigration illégale et la gestion des frontières, mais aussi quand il faut saisir des opportunités, comme l’immigration dans le cas présent. Une action commune au niveau européen permet aussi aux Etats membres de mieux se faire entendre sur la scène internationale, en gardant à l’esprit que différents pays et différentes régions du monde sont en concurrence pour attirer les travailleurs migrants qualifiés, en particulier les travailleurs très qualifiés.
Michael Glos, le ministre allemand de l’Economie (CSU – parti chrétien conservateur de Bavière), a rejeté les propositions de la Commission immédiatement après leur présentation. Selon lui, l’Allemagne ne pourrait pas accueillir des masses de travailleurs migrants uniquement parce qu’ils sont nécessaires en ce moment. Il a ajouté que cette initiative reviendrait à ouvrir et fermer un robinet. Il a également dénoncé le fait qu’il existe une réserve considérable de main d’œuvre inoccupée en Allemagne. Les hommes politiques des autres partis, également partenaires du gouvernement de Merkel - les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates -, avaient une opinion similaire.
Pour Jean Lambert, député européen Vert d’origine britannique, cette nouvelle initiative de Frattini, le commissaire chargé de la Justice, consistant à concentrer la politique européenne sur l’immigration légale et l’intégration est plus que la bienvenue. Il estime que l’UE a besoin d’immigrants et qu’il ne faut pas avoir peur de l’avouer. L’Europe a beaucoup à gagner, d’un point de vue culturel, social et économique, en adoptant une approche au niveau européen plus cohérente vis-à-vis de l’immigration et la proposition de « carte bleue » est une initiative très positive en ce sens. Cependant, il ajoute qu’une politique d’immigration réussie ne s’arrête pas une fois le visa imprimé. Une approche globale, qui s’occupe de l’intégration des communautés immigrantes, est essentielle. En ce sens, il salue particulièrement les initiatives de la Commission sur la participation et la citoyenneté, ainsi que les mesures visant à empêcher l’isolement et la discrimination envers les immigrants.
Pour Bashy Quraishy, Président du Réseau européen de lutte contre le racisme (ENAR), bien qu’en principe chaque personne dans l’UE a le droit à un traitement égal quel que soit son statut juridique, la réalité dans la plupart des pays européens est que les migrants et leurs descendants sont de plus en plus victimes du racisme et de la discrimination. Il a déclaré que l’ENAR était sérieusement préoccupé par le manque de respect vis-à-vis des droits des personnes originaires de pays tiers. Selon lui, les responsables politiques européens présents lors de la conférence doivent trouver des solutions pour changer cette situation et il est absolument nécessaire que les dirigeants européens se conforment à leurs engagements en matière de droits de l’homme.
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OEIL: Policy plan on legal migration
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