« Nous voulons que cette question soit traitée à l'échelle de l'Europe et nous allons demander dans les prochains jours une réunion du conseil européen », a déclaré M. Ayrault samedi (25 août), selon l'Agence France-Presse.
Dans le jargon européen, une réunion du Conseil européen est un sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE. Reste encore à définir si M. Ayrault a l'intention d'aborder la question des Roms lors d'une réunion spéciale au plus haut niveau ou de l'inclure au programme du sommet ordinaire qui se déroulera les 18 et 19 octobre prochains.
Les sommets extraordinaires sont officiellement convoqués à l'initiative du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
Le premier ministre français a tenu ces propos en répondant aux questions de jeunes socialistes, à l'occasion de l'université d'été du Parti socialiste à La Rochelle.
« Nous avons décidé, ce sera Bernard Cazeneuve (ministre délégué aux Affaires européennes) qui va le faire, des discussions avec les gouvernements roumain et bulgare parce que ce sont leurs citoyens qui sont concernés », a affirmé M. Ayrault avant d'ajouter que son gouvernement ne se mettait pas « la tête dans le sable » face à cette question.
La première réunion du gouvernement français après les congés estivaux s'est déroulée mercredi (22 août) et a porté entre autres sur la question des Roms et de leur intégration sociale.
Dans le but de faciliter l'accès des immigrés roms (pour la plupart originaires de Bulgarie et de Roumanie) à l'emploi, la France envisagera la possibilité d'ouvrir son marché du travail aux citoyens des deux pays, a annoncé le gouvernement français à l'issue de cette réunion. Selon la décision du gouvernement, la France envisage de demander à la présidence chypriote du Conseil de l'UE d'inclure cette question au programme du prochain sommet européen.
La Roumanie soutient la France
Jeudi dernier (23 août), le gouvernement roumain a publié un communiqué saluant ce qu'il a décrit comme « la décision du gouvernement français de faciliter l'accès des citoyens roumains et bulgares au marché du travail français ».
« Le ministère des affaires étrangères salue l'approche constructive du gouvernement français pour l'intégration de la communauté rom. [...] Le ministère des affaires étrangères confirme la volonté des autorités roumaines d'identifier et de mettre en oeuvre le projet d'intégration sociale des Roms, en collaboration avec ses partenaires français. Des solutions doivent être trouvées à l'échelle nationale, mais également dans un contexte européen, avec le soutien de l'Europe », peut-on lire dans le communiqué du gouvernement roumain.
Le gouvernement bulgare n'a quant à lui publié aucune réaction officielle. Plusieurs eurodéputés ont salué l'intention des Français de lever les restrictions qui pèsent sur les citoyens bulgares dans le domaine de l'accès au travail.
Il semblerait que la Bulgarie souhaite minimiser le problème des camps de Roms illégaux en France dans la mesure où le nombre de Roms bulgares est relativement faible par rapport à la communauté rom roumaine.
La Bulgarie et la Roumanie ont réagi différemment face aux expulsions de Roms menées en 2010 sous la houlette du gouvernement du président français d'alors, Nicolas Sarkozy. La Roumanie avait en effet vivement critiqué les actions du gouvernement français, à l'instar de la Commission européenne, alors que la Bulgarie n'avait émis aucun commentaire.
Des ministres français à Sofia et à Bucarest
Le ministre français de l'intérieur, Manuel Valls, et son collègue délégué aux affaires européennes, Bernard Cazeneuve, se rendront en Bulgarie et en Roumanie à la mi-septembre afin de trouver des « solutions européennes » à la question des Roms. C'est ce qu'a annoncé la presse française.
« Je l'accompagnerai, Bernard Cazeneuve, à la mi-septembre, dans un déplacement en Bulgarie et en Roumanie puisque c'est dans ces pays-là qu'il faut trouver des solutions », a déclaré M. Valls.
Il a ajouté : « Je veux comprendre pourquoi des politiques d'insertion puissantes ne sont pas menées dans ces pays pour intégrer ces populations ».




