La plupart des Roumains associent les deux dernières décennies à un processus continu d'appauvrissement et de détérioration du niveau de vie, d'après le Romania's Life Quality Research Institute, cité par le quotidien Financiarul.
Alors que le taux de pauvreté officiel était de 7 % au début des années 1990, le nombre de personnes dans cette catégorie a triplé à partir de 2008, lorsque la crise économique a débuté.
Cette évolution a toutefois été inégale, révèle le document de recherche. En 2007, il y avait environ 2,1 millions de personnes pauvres enregistrées dans les statistiques officielles. Un an plus tard, leur nombre a diminué d'un million, principalement en raison de l'émigrationet de l'amélioration des niveaux de vie dans une moindre mesure, a affirmé l'institut.
Cette étudeidentifie plusieurs causes pour une telle pauvreté : le chômage, les taux de change non favorables pour les devises étrangères et les transferts d'argent roumain à l'étranger, ainsi que les faibles taux d'intérêt dans le secteur bancaire.
Le chômage est en hausse, le Fonds Monétaire International prédit un taux de 10 % d'ici la fin de l'année. En comparaison, le taux de chômage était de 6,1 % en 2007, 4,1 % en 2008, et 4,4 % en 2009.
De la même façon, le taux de change de la monnaie nationale, le leu (lei au pluriel), a changé de 3 lei pour 1 euro à 4 lei pour 1 euro en 2009. Ceci a conduit à une hausse des taux d'intérêts et à un plus grand nombre d'emprunteurs défaillants sur leur dette.
Le volume des transferts de devise vers le pays par les Roumains qui travaillent à l'étranger ne doit pas non plus être sous-estimé. Il représente jusqu'à 5 ou 6 % du PIB, maisson montant a considérablement baissé en raison de la restructuration massive dans les industries européennes de la construction et de l'agriculture suite à la crise.
En 2007, on considérait que l'un des groupes minoritaires les plus affectés par la pauvreté était les Roms, parmi lesquels le taux de pauvreté absolu était presque 5 fois plus élevé que la moyenne nationale.
Aujourd'hui, 75 % des Roumains souffrent de la pauvreté et vivent dans les zones rurales. Cependant, la pauvreté a considérablement augmenté dans les zones urbaines, principalement en raison de la hausse du chômage. Les enfants, les adolescents et les personnes âgées sont les plus vulnérables.
En l'absence d'une politique gouvernementale de soutien à la création d'emploi, le temps moyen pendant lequel les gens restent au chômage s'est étendu jusqu'à plus de deux ans.
Au niveau politique, l'absence de mesures pour combattre la pauvreté est frappante. Les programmes d'assistance sociale à grande échelle ne peuvent pas être mis en œuvre, car il faudrait davantage de financements, et des contraintes sur les dépenses publiques ont été imposées par le FMI.
Les programmes d'investissement public dans les secteurs tels que l'infrastructure, qui pourraient en théorie redonner vie au marché de l'emploi, ont échoué, et le niveau d'absorption des fonds de l’UE n'est pas à la hauteur des attentes.
Dans ces circonstances, l’impact des changements que le gouvernement serait capable de réaliser afin de réduire la pauvreté dans les dix ans à venir sera au mieux limité, selon les observateurs.
La réduction de la pauvreté n'a jamais fait partie des stratégies roumaines ces 20 dernières années, a dit le professeur Catalin Zamfir, directeur de l'Institute for Quality of Life Studies. Il n'existe pas de programme clair et ciblé ayant un tel objectif. Par conséquent, nous sommes témoins d'une grave détérioration sur le marché du travail, et d'une grande difficulté pour les gens à s'intégrer dans la société.
Concernant l'avenir, le professeur Zamfir a dit que les stratégies néo-libérales professées par l'élite du pays n'auraient jamais pour objectif de combler le fossé social. Par conséquent les espoirs du pays d'atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté de l'UE sont irréalistes, a-t-il affirmé.




