« Avec ce scénario, le taux d'inflation de l'Allemagne pourrait à l'avenir être supérieur à la moyenne de la zone euro », peut-on lire dans une note de la Bundesbank envoyée aux députés mercredi (9 mai).
Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a également fait les yeux doux aux partenaires sociaux en proposant d'importantes revalorisations des salaires, ce qui devrait permettre d'augmenter la compétitivité dans les pays de la périphérie de la zone euro.
Le souvenir de l'hyperinflation toujours dans les esprits
Le souvenir des effets de l'hyperinflation dans les années 1920 avait rendu cette question taboue en Allemagne. Les commentaires de M. Schäuble sur les salaires se distinguent donc nettement de l'intransigeance notoire de ses précédents propos.
« Le fait que l'Allemagne accepte d'augmenter l'inflation, si j'ai bien compris, permettrait à la Banque centrale européenne d'agir davantage en tant que banque européenne avec un politique monétaire renforcée », a déclaré M. Andor à EurActiv, en marge d'une rencontre européenne des personnes en situation de pauvreté.
Lors d'un autre évènement sur l'Europe sociale cette semaine (8 mai), le commissaire hongrois a déclaré que l'exécutif européen pourrait envisager une augmentation des salaires dans le cadre de ses recommandations par pays.
Le commissaire a fait savoir qu'il tenterait de se faire entendre auprès du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lors de l'élaboration de ces recommandations.
La gauche gagne du terrain en Europe, M. Andor sort de l'ombre
L'économiste socialiste s'était démarqué de ses collègues l'année dernière en qualifiant d'« insoutenables » les mesures d'austérité qui, selon lui, « ne fonctionnaient vraiment pas ». Son influence était alors limitée : en tant qu’homme de gauche dans une Commission européenne dominée par le centre-droit, il demeurait relativement isolé.
Le changement dans le paysage électoral devrait le faire sortir de l'ombre. Suite aux élections françaises la semaine dernière, la Commission devra refléter la réalité de la situation : un socialiste est à la tête de la seconde économie de la zone euro.
« L'Europe doit modifier sa trajectoire », a déclaré M. Andor à EurActiv lors de cet évènement sur la pauvreté. Selon lui, les élections françaises ne reflètent qu'un aspect de la tendance au changement du climat politique. Il a cité l'élection récente de socialistes en Slovaquie et en Roumanie, ainsi que le succès du Parti travailliste lors des élections locales au Royaume-Uni la semaine dernière.
Dans le même temps, les participants à la rencontre européenne des personnes en situation de pauvreté ont infligé un carton rouge aux institutions européennes dans une déclaration.
Les politiques européennes visant à lutter contre la crise économique et financière créent plus de pauvreté et favorisent l'exclusion sociale, ont-ils affirmé.
« Vous devez prendre ce message à coeur et agir en conséquence, l'avenir de l'Europe en dépend ! », ont-il assené.




