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László Andor salue le souhait de l’Allemagne d’augmenter les salaires

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Publié 11 mai 2012

László Andor, le commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales, a salué hier (10 mai) la nouvelle selon laquelle l’Allemagne serait prête à supporter une inflation supérieure à l’objectif de la Banque centrale européenne et à augmenter les salaires afin d’aider les pays de la zone euro en difficulté.

« Avec ce scénario, le taux d'inflation de l'Allemagne pourrait à l'avenir être supérieur à la moyenne de la zone euro », peut-on lire dans une note de la Bundesbank envoyée aux députés mercredi (9 mai).

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a également fait les yeux doux aux partenaires sociaux en proposant d'importantes revalorisations des salaires, ce qui devrait permettre d'augmenter la compétitivité dans les pays de la périphérie de la zone euro.

Le souvenir de l'hyperinflation toujours dans les esprits

Le souvenir des effets de l'hyperinflation dans les années 1920 avait rendu cette question taboue en Allemagne. Les commentaires de M. Schäuble sur les salaires se distinguent donc nettement de l'intransigeance notoire de ses précédents propos.

« Le fait que l'Allemagne accepte d'augmenter l'inflation, si j'ai bien compris, permettrait à la Banque centrale européenne d'agir davantage en tant que banque européenne avec un politique monétaire renforcée », a déclaré M. Andor  à EurActiv, en marge d'une rencontre européenne des personnes en situation de pauvreté.

Lors d'un autre évènement sur l'Europe sociale cette semaine (8 mai), le commissaire hongrois a déclaré que l'exécutif européen pourrait envisager une augmentation des salaires dans le cadre de ses recommandations par pays.

Le commissaire a fait savoir qu'il tenterait de se faire entendre auprès du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lors de l'élaboration de ces recommandations.

La gauche gagne du terrain en Europe, M. Andor sort de l'ombre

L'économiste socialiste s'était démarqué de ses collègues l'année dernière en qualifiant d'« insoutenables » les mesures d'austérité qui, selon lui, « ne fonctionnaient vraiment pas ». Son influence était alors limitée : en tant qu’homme de gauche dans une Commission européenne dominée par le centre-droit, il demeurait relativement isolé.

Le changement dans le paysage électoral devrait le faire sortir de l'ombre. Suite aux élections françaises la semaine dernière, la Commission devra refléter la réalité de la situation : un socialiste est à la tête de la seconde économie de la zone euro.

« L'Europe doit modifier sa trajectoire », a déclaré M. Andor à EurActiv lors de cet évènement sur la pauvreté. Selon lui, les élections françaises ne reflètent qu'un aspect de la tendance au changement du climat politique. Il a cité l'élection récente de socialistes en Slovaquie et en Roumanie, ainsi que le succès du Parti travailliste lors des élections locales au Royaume-Uni la semaine dernière.

Dans le même temps, les participants à la rencontre européenne des personnes en situation de pauvreté ont infligé un carton rouge aux institutions européennes dans une déclaration.

Les politiques européennes visant à lutter contre la crise économique et financière créent plus de pauvreté et favorisent l'exclusion sociale, ont-ils affirmé.

« Vous devez prendre ce message à coeur et agir en conséquence, l'avenir de l'Europe en dépend ! », ont-il assené.

Réactions : 

« D'après la presse, la banque centrale allemande pourrait accepter une augmentation des salaires. Nous pensons que la marge de manoeuvre est suffisante dans certains pays [dans le contexte des politiques salariales] pour soutenir la demande sur le marché unique », a déclaré un porte-parole de l'UE.

« La pauvreté touche près de 100 millions de personnes en Europe », a déclaré Fintan Farrell, le directeur du réseau européen anti-pauvreté. « Cela équivaut à la population d'un pays énorme. Ces personnes ont le droit de se faire entendre », a-t-il ajouté.

Prochaines étapes : 
  • 11 mai : publication des prévisions économiques en Europe qui donneront le ton du semestre européen et des exigences spécifiques des pays.
Jeremy Fleming – Article traduit de l'anglais
László Andor – augmentation des salaires
Contexte : 

Les coûts du travail en Europe peuvent varier considérablement d'un pays à l'autre, selon des chiffres récents de l'office statistique européen, Eurostat.

En 2011, les coûts horaires de la main-d'oeuvre étaient compris entre 3,5 euros en Bulgarie et 39,3 euros en Belgique, le coût le plus élevé en Europe, juste devant la Suède (39,1 euros), a révélé une étude d'Eurostat.

En Allemagne, le coût horaire de la main-d'oeuvre est de 30,1 euros contre 34,2 euros en France. L'austérité des Allemands en matière de salaires a souvent été critiquée en France, où elle est assimilée à une mesure de concurrence déloyale.

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