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« Le programme Erasmus ne pourrait plus être lancé aujourd'hui »

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Publié 22 septembre 2011, mis à jour 23 septembre 2011

Le programme Erasmus, qui permet chaque année à des milliers d'étudiants de partir étudier dans d'autres pays de l'UE, ne pourrait plus être lancé aujourd'hui, a déclaré le fondateur de ce projet, Domenico Lenarduzzi, lors d'un entretien accordé à EurActiv.

M. Lenarduzzi, directeur général de la Commission désormais à la retraite, a travaillé pendant plus de 30 ans pour l'exécutif européen et a conçu ce programme lorsqu'il était chef d'unité.

« Personnellement, j'ai toujours été convaincu que l'Europe pouvait se construire directement avec les citoyens, avec les jeunes », a-t-il affirmé, rappelant que ses services avaient commencé par faciliter les échanges de manière informelle au début des années 1980.

Le programme a été lancé en 1987, après le sommet de Fontainebleau en 1984, sous la présidence française. François Mitterrand souhaitait ardemment une Europe des citoyens. « Mitterrand s'est dit que l'Europe ne pouvait pas uniquement se faire du point de vue économique, mais qu'il fallait construire une Europe des citoyens », a expliqué l'ancien directeur général.

M. Lenarduzzi reste toutefois convaincu qu'une telle initiative de la Commission ne serait plus possible aujourd'hui à cause de la nature des périodes budgétaires. « On décide dès aujourd'hui quel sera le budget en 2017, 2020 ».

« On a donc une camisole de force qui empêche de prendre des initiatives en dehors de celles qui sont prévues au moment de la programmation de la projection budgétaire. Il n'y a plus cette liberté d'initiative », a-t-il déclaré.

La stratégie de M. Lenarduzzi dans les années 1980 était tout à fait différente. « Il fallait surtout, via des contacts personnels, convaincre chaque semestre la présidence de l'importance du projet en tant que tel et leur donner l'impression que c'était eux qui réalisaient ce projet », a-t-il précisé.

« C’est la Commission qui prenait des initiatives mais les États membres voulaient en tirer les bénéfices en disant : « Nous avons réalisé ceci ou cela » », a-t-il ajouté.

L'ancien directeur général de la Commission donne une image sombre et décourageante de la politique actuelle. « L'Europe telle que nous l'avons conçue est bloquée, simplement parce que budgétairement c'est bloqué ».

M. Lenarduzzi pense que l'éducation a un rôle fondamental à jouer, et encore bien plus qu'il y a 20 ans. « Aujourd'hui, on dit que si l'on veut faire l'Europe ce sera avant tout par l'éducation, l'éducation, l'éducation », a-t-il insisté, laissant entendre que les mots n'étaient pas traduits en action.

Quant à savoir si les dirigeants actuels avaient le pouvoir de faire avancer l'Union, il a déclaré que la crise avait mis en exergue le fait que de plus en plus de politiques étaient décidées par Angela Merkel, la chancelière allemande, et Nicolas Sarkozy, le président français.

« L'esprit communautaire en tant que tel n'existe plus. Et je crois que nous avançons parce que nous sommes poussés par les événements, et non pas à cause d'une vraie conception », a-t-il argué.

Les attitudes alarmistes et défaitistes annonçant la fin de l'euro sont contreproductives, a-t-il fait remarquer. « Quand on vous dit « l'Europe est en danger », il ne faut pas le croire. On ne pourra plus se passer de l'euro. On ne pourra plus se passer de l'Europe », a-t-il conclu.

Pour lire l'entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

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