Lorsqu'EurActiv a demandé à une porte-parole de la Commission de commenter les projets espagnols controversés d'interdire les travailleurs roumains sur le marché du travail dans le pays, elle est revenue sur ses précédentes déclarations, selon lesquelles Madrid ne pourrait pas légalement imposer de telles limitations.
Chantal Hugues, porte-parole de Michel Barnier, commissaire au marché intérieur, a affirmé que l'Espagne pourrait imposer de telles limitations dans des circonstances exceptionnelles. Elle a affirmé que l'exécutif européen avait reçu une lettre des autorités espagnoles expliquant leurs inquiétudes, examinée en ce moment par la Commission.
En fait, l'Espagne fait partie des premiers pays à avoir totalement ouvert son marché de l'emploi aux nouveaux venus dans l'UE, la Roumanie et la Bulgarie.
Toutefois, conséquence de la crise, l'Espagne possède aujourd'hui le plus fort taux de chômage d'Europe (plus de 20 %) et envisage d'imposer des restrictions sur son marché du travail. Dans la mesure où les travailleurs étrangers les plus nombreux en Espagne sont roumains, les restrictions prévues ne concernent pas la Bulgarie.
Selon EurActiv Espagne, Madrid a communiqué à la Commission les statistiques sur les travailleurs roumains présents sur son territoire et espère que des restrictions pourront être imposées dès le mois d'août.
Comme la demande madrilène est sans précédent, l'exécutif européen a reconnu nager en eaux troubles. Selon certaines interprétations, Madrid n'aurait même pas à attendre le feu vert de la Commission.
Les restrictions imposées par Madrid ne concerneraient que de nouvelles arrivées de travailleurs dans le pays. En outre, le tourisme ne serait pas affecté, dans la mesure où les Roumains sont libres de visiter n'importe quel pays de l'UE pour un séjour allant jusqu'à trois mois.
Selon certaines informations, les mesures que Madrid souhaite mettre en place pourraient inspirer d'autres Etats de l'UE, les incitant à imposer des limitations s'agissant de l'accès à leur marché du travail pour les Bulgares et les Roumains. Les Pays-Bas ont déjà annoncé que les permis de travail néerlandais pour les Bulgares, les Roumains et les autres étrangers issus de pays tiers à l'UE ne seraient accordés que dans des « cas exceptionnels ».




