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Les partenaires sociaux cherchent des solutions aux suppressions d’emplois [FR]

Publié 17 mars 2009
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Malgré la crise du crédit et l’aggravation de la crise économique, les employeurs tentent de trouver des moyens novateurs pour parer aux suppressions d’emplois et aux licenciements.

Selon un rapport publié par Eurofound, une agence européenne basée à Dublin oeuvrant pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, certains signes montrent que les entreprises et les gouvernements européens optent pour des initiatives de maintien de l’emploi – par opposition aux licenciements – dans leur lutte contre la crise financière actuelle. 

Un grand nombre d’employeurs dans toute l’Europe ne procéderaient à des licenciements qu’en dernier recours et opteraient à la place pour des accords de restructuration permettant les contrats de travail à court terme, les congés payés ou sans solde. Des réductions du temps de travail négociées sont également équilibrées par une augmentation des possibilités de formation. 

Les raisons d’adopter de telles mesures, selon Eurofound, sont les suivantes : offrir des formations visant à augmenter les compétences du personnel lorsque la demande est plus faible retient le personnel qualifié, renforce le capital humain et préserve les systèmes de flexibilité interne en vue de la relance, prévue pour 2010-2012. 

Des arrangements sur le modèle de la banque du temps

Les secteurs de l’automobile et de l’acier ont répondu à la crise en annonçant la fermeture temporaire d’usines en 2009. Selon Eurofound, Honda a opté pour la fermeture de son usine britannique de Swindon pendant quatre mois (de février à mai). L’entreprise Renault Trucks fermera quant à elle trois de ses usines françaises pour une durée de trois mois en 2009. 

Chez Honda, la fermeture concernera 2 500 de ses 3 700 employés, qui recevront leur salaire de base au cours des deux premiers mois et environ 60 % les mois suivants. Lorsque l’usine rouvrira en juin, le nombre d’heures supplémentaires équivalant au montant des salaires qu’ils auront reçu pendant la période de quatre mois devra être effectué sans rétribution. Des arrangements de la sorte ont également été mis en place chez Bentley et Aston Martin. 

Des systèmes privilégiant l’emploi à court terme

Face à des législations nationales et des conventions collectives différentes, d’autres Etats membres optent pour des systèmes favorisant l’emploi à court terme. 

Les Pays-Bas, l’Autriche, l’Allemagne et la France, par exemple, ont mis en place des programmes de compensation à court terme, qui prévoient que les employeurs puissent demander une assistance étatique temporaire pour augmenter la rémunération du temps de travail réduit, a relevé le rapport de l’Eurofound. 

La Commission européenne encourage le recours aux fonds structurels afin de soutenir la formation au cours des journées de travail réduites. En temps normal, cet argent serait considéré comme une aide d’Etat, incompatible avec le droit européen, a indiqué le président de la Commission, José Manuel Barroso, la semaine dernière. Mais, ce faisant, nous conservons les postes des employés, qui certes, travaillent moins, mais investissent dans leur formation et leur avenir, a-t-il ajouté. 

Des congés sabbatiques plutôt que des licenciements

D’autres moyens de conserver les employés et d’entrevoir la fin de la crise est de proposer des « pauses-carrière rémunérées ». De telles initiatives semblent particulièrement importantes pour les secteurs des banques et des assurances.  

Le rapport de l’Eurofound en cite deux exemples. Le département bancaire de l’IrishLife & Permanent a offert des pauses rémunérées de deux et trois ans. Depuis octobre 2008, date de lancement du plan, 140 des 2500 employés de la banque, en premier lieu les plus jeunes, se sont portés candidats à l’offre de l’entreprise, consistant en 20 000 euros pour une pause de deux ans, et 35 000 euros pour trois ans. 

L’entreprise britannique KPMG a offert un congé sabbatique similaire, bien que pour une période plus réduite. Les employeurs soutiennent toutes les formes de flexibilité afin de retenir la main-d’œuvre qualifiée en ces temps très difficiles, a relevé Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope.  

Réactions : 

Selon Liz Lynne, eurodéputée britannique (ADLE), trouver des solutions alternatives aux licenciements est souvent avantageux tant pour l’employeur que pour l’employé. Selon elle, licencier des employés signifie non seulement que des personnes perdent leurs emplois, ce qui est une tragédie, mais également que les entreprises perdent des équipes très qualifiées dont elles ont besoin pour les aider à sortir de la crise. 

L’eurodéputée Jean Lambert (Verts) a prévenu qu’il peut s’avérer difficile de recruter des travailleurs qualifiés, soulignant qu’une attitude pro-active profite aux entreprises et est socialement utile. Les gens veulent travailler pour de bons employeurs, a-t-elle déclaré, demandant l’assurance que des mesures positives, telles que les congés sabbatiques, ne tombent pas aux oubliettes une fois l’économie relancée. 

Contexte : 

Ces dernières semaines, des indicateurs économiques ont montré que la crise la plus grave depuis la Grande dépression des années 1930 ne cesse de s’aggraver. Le Bureau international du travail (BIT) a prédit en janvier 2009 que les chiffres mondiaux du chômage pourraient s’élever à 50 millions, selon le pire des scénarios. 

Les perspectives de croissance futures ont été revues plusieurs fois à la baisse et il est peu probable que l’économie européenne ne se ressaisisse avant la fin 2009 au plus tôt.  

Les taux de chômage dans l’UE à 27 ont commencé à augmenter en mai 2008. Le ralentissement économique a frappé de plein fouet les pays d’Europe centrale et orientale. De même, les marchés du travail aux quatre coins de l’Europe rapportent une dégradation des conditions. 

La semaine dernière (12 mars), BusinessEurope, l’organisation des employeurs européens, a annoncé une contraction de l’économie de la zone euro, qui regroupe 16 Etats, de 2,1 % en 2009, en comparaison des 0,8 % l’année dernière. Pour l’UE à 27, la croissance négative devrait s’élever à 2,2 % (EurActiv 13/03/09). 

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