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Restructuration chez Volkswagen : l'UE impuissante? [FR]

Publié 22 novembre 2006 - Mis à jour 28 mai 2012
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Deux commissaires ont promis un soutien financier aux 4.000 travailleurs menacés de perdre leur emploi à l'usine de production automobile de Forest (Bruxelles) alors que les hommes politiques belges ont riposté en qualifiant de 'considérations nationales' le choix de Volkswagen de restructurer.

Le commissaire aux affaires sociales, Vladimir Spidla, et la commissaire à la politique régionale, Danuta Hübner, ont mis en lumière "l'importance de soutenir les travailleurs en transition, de les aider à retrouver un emploi par d'actives politiques axées sur le marché du travail et d'écourter le plus possible la période de chômage". Ils ont promis une aide du Fonds Social Européen, déclarant que la Belgique avait déjà bénéficié de 1,1 milliard d'euros ces six dernières années. La Commissaire Hübner compte rencontrer les autorités régionales concernées afin de discuter de l'utilisation de ces fonds structurels européens pour faire face aux conséquences de la décision de Volkswagen. Elle a ajouté que la Banque européenne d'investissement pourrait prendre part au processus.

Les employés de Volkswagen ne pourront pas prétendre à une indemnisation de la part du nouveau fonds européen d'ajustement à la mondialisation puisque les emplois n'ont pas été déplacés hors de l'UE (pour plus d'informations sur ce fonds, lire EurActiv 1er mars 2006).

La restructuration de Volkswagen résulte des défis croissants rencontrés par les constructeurs européens en terme de compétitivité. Le marché européen (comme le marché américain) lutte contre la surcapacité de production alors que les marchés à plus forte croissance se trouvent en Russie, en Inde et en Chine. Le processus de restructuration est également controversé en Allemagne, où s'engagent en ce moment des poursuites contre des directeurs de chez Volkswagen, accusés d'avoir entretenu un système de "caisse noire". Une partie de ces fonds a prétendument été utilisée pour pousser des intendants de magasins à accepter les mesures de restructuration antérieures, notamment les réductions de temps de travail, sur le point d'être supprimées.

La restructuration fut un modèle de réforme du marché du travail à l'échelle d'un pays, inspiré par l'ancien PDG de Volkswagen Peter Hartz qui devint ensuite un proche conseiller de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Le nouveau modèle du marché du travail allemand est désormais connu sous le nom de "réforme Hartz". Hartz est également visé par l'acte d'accusation pour corruption et infraction au règlement des comités d'entreprise européens.

Pour faire face aux défis posés par la mondialisation aux constructeurs européens, la Commission européenne a mis sur pied un groupe d'experts "Cars 21", supposé donner naissance à "un système réglementaire concurrentiel du secteur automobile pour le 21ème siècle". 

Réactions : 

Le Premier Ministre belge Guy Verhofstadt a déclaré qu'il était "choqué que des 'intérêts nationaux'" aient motivé la décision de Volkswagen de renvoyer sa production en Allemagne.

Les responsables des syndicats belges ont exprimé leur frustration devant le "manque de solidarité" de leurs homologues allemands, qui ont conclu un accord avec Volkswagen afin de protéger leurs postes dans le processus de restructuration allemande.

Le syndicat FGTB a déclaré : "En effet, contrairement à ce qui a prévalu ces derniers jours, les informations officielles ne laissent plus de place à un avenir pour VW Forest.  [...] La FGTB s’étonne que tous les efforts consentis par les travailleurs en terme de flexibilité accrue au cours des dernières années pour éviter la catastrophe soient restés vains. Elle constate également que toutes les mesures prises par les pouvoirs publics en faveur de l’employeur (réductions de charge, etc.) n’ont pas changé la donne."

Reinhard Jung, président du conseil d'administration de l'usine de Bruxelles a précisé : "VW conservera le site de Bruxelles. Nous essayons de trouver une solution constructive. Nous sommes conscients de notre rôle social à Bruxelles et nous essaierons de trouver une solution socialement acceptable pour les travailleurs. Il a ajouté : "Le gouvernement belge en a été informé".

Charles Piqué, Premier Ministre de la région de Bruxelles, s'est dit "consterné par l'ampleur de la restructuration". "Cette décision fait fi des efforts considérables faits par les pouvoirs publics pour permettre le développement d'activités sur le site de Forest."

Prochaines étapes : 
  • EurActiv invite ses lecteurs à réagir à cet article. Pensez-vous que l'UE devrait/pourrait faire plus? Comment peut-elle concilier les exigences de compétitivité des constructeurs européens avec la protection sociale des travailleurs? Envoyez-nous vos  Lettres à l'éditeur.
Contexte : 

Le constructeur automobile allemand Volkswagen mène une restructuration considérable de ses activités, sous la pression notamment de la mondialisation et de la surcapacité de production. Après la suppression de près de 20.000 postes en Allemagne, il était de plus en plus évident qu'il arrêterait également la production de son modèle Golf sur le site de Forest-Bruxelles. Environ 4.000 employés risquent d'y perdre leur emploi.

La nouvelle a choqué les hommes politiques qui ont évoqué une 'catastrophe nationale', comparant la nouvelle à la fermeture en 1997 du site de Vilvorde par le constructeur français Renault, qui avait causé la perte de 3.000 emplois.

Plusieurs hommes politiques se sont montrés déçus à l'annonce de cette nouvelle, estimant que leur gouvernement avait accordé une aide généreuse au constructeur allemand par le passé. Des employés de Volkswagen ont brûlé des drapeaux allemands pour montrer leur colère et leur frustration. Le déplacement de la production de la Golf de Forest vers deux usines allemandes (Mosel et Wolfsburg), aux coûts pourtant plus élevés, ont poussé les hommes politiques belges à parler des 'motivations nationales' de la décision allemande.

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