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Angela Merkel : La modification des traités de l'UE « ne devrait pas être un tabou »

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Publié 06 octobre 2011, mis à jour 10 octobre 2011

Angela Merkel, la chancelière allemande, a confirmé qu'elle était prête à modifier les traités de l'UE lors d'une visite à Bruxelles hier (5 octobre), faisant ainsi preuve d'une certaine ouverture face aux eurosceptiques britanniques qui souhaitent utiliser la crise de la dette dans la zone euro pour rapatrier les pouvoirs à Westminster.

« L'Europe est à la croisée des chemins », a déclaré Mme Merkel, relayant une déclaration du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui s'est exprimé à ses côtés lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

« J'ai été claire : l'Allemagne veut renforcer l'Union européenne », a poursuivi Mme Merkel, qui a salué les mesures prises récemment pour consolider le pacte de stabilité et de croissance en amplifiant les pouvoirs de la Commission en matière de contrôle des dettes et déficits publics dans la zone euro.

La chancelière allemande a tenté de dissiper les doutes quant au fait que l'Allemagne soit prête à renflouer d'autres pays de la zone euro, affirmant que ceux qui en auraient besoin continueraient à recevoir de l'aide.

« En Allemagne, on affirme même que dans le cas où il faudrait un jour modifier les traités pour pouvoir mieux travailler ensemble dans la zone euro, leur amendement ne devrait pas être un tabou », a déclaré Mme Merkel, confirmant ainsi ses déclarations du mois de septembre.

Mme Merkel s’est exprimée par le biais d’un interprète : « Nous devons adapter notre cadre juridique à la situation ».

M. Barroso a confirmé que la modification du traité était au programme et il a réfuté les affirmations selon lesquelles la longueur de la procédure de ratification au niveau national empêcherait de prendre rapidement les mesures à court terme qu'attendent les marchés.

« Nous ne proposons pas une modification du traité pour éviter de prendre des décisions aujourd'hui », a déclaré M. Barroso. « Ce n'est pas une façon de reporter la prise de décisions, nous devons prendre certaines décisions aujourd'hui, mais à l'avenir, nous pourrions être amenés à modifier le traiter ».

Mme Merkel a semblé du même avis. « Ce n'est pas parce qu'il a été difficile de ratifier le traité de Lisbonne que nous ne pourrons rien changer au cours des trente années à venir », a-t-elle affirmé au Parlement européen quelques heures plus tard.

« Nous verrons si cela s'avèrera nécessaire, mais si nous voulons plus d'Europe, plus d'engagement et une plus grande marge de manœuvre, nous devons nous assurer que les conditions et prérequis sont présents dans les traités ».

Ces déclarations résonneront dans les rangs eurosceptiques du Parti conservateur du premier ministre britannique, David Cameron, qui a clôturé sa conférence annuelle mercredi (5 octobre).

M. Cameron subit des pressions pour utiliser la crise dans la zone euro comme un prétexte pour rapatrier les pouvoirs de l'UE à Westminster, alors que la plupart des Tories eurosceptiques souhaitent un vote législatif pour qu'un référendum soit organisé afin d'exclure la Grande-Bretagne de l'Union européenne. Son ministre des affaires étrangères, William Hague, a admis que le rapatriement des pouvoirs « pourrait bien représenter une pomme de discorde lors des prochaines élections ».

Réactions : 

Guy Verhofstadt, le président de l'ALDE au Parlement européen, a demandé à Mme Merkel et au président français, Nicolas Sarkozy, de faire preuve de plus de leadership dans leur gestion de la crise.

« Mme Merkel, vous avez un rôle central au moment où l'Europe joue son destin », a déclaré M. Verhofstadt dans un communiqué après que la chancelière allemande a rencontré les leaders des différents groupes politiques au Parlement européen.

« L'Histoire vous jugera selon les décisions que vous prendrez et la vision que vous aurez en ces temps de crise. Nous formons le vœu que vous preniez la mesure de l'enjeu. La France et l'Allemagne ont toujours été le moteur de l'intégration européenne, mais dans la poursuite de l'intérêt commun européen, dans la confiance et  le respect des compétences des Institutions de l'Union ».

« Lors du prochain Sommet dans une quinzaine de jours, l'Europe doit adopter un plan global, reflétant une vision commune, pour la gouvernance économique, concentrant entre les mains de la Commission européenne la surveillance budgétaire et la conduite de la politique économique. Je vous demande aujourd'hui de réitérer la foi que votre pays a historiquement placée dans l'Union européenne et de réaffirmer sa vocation à donner la direction nécessaire pour résoudre la crise ».

« Vous avez promis de faire tout votre possible pour sauver l'euro. Vous pouvez beaucoup et devez le démontrer maintenant ».

Prochaines étapes : 
  • 17-18 octobre : sommet de l'UE à Bruxelles.

EurActiv.com – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Angela Merkel à la Commission européenne hier (6 octobre)
Contexte : 

Certains dirigeants européens, dont la chancelière allemande, Angela Merkel, ont affirmé qu'une modification du traité contribuerait à la mise en oeuvre des règles budgétaires afin d'éviter de nouvelles crises de la dette, véritables fléaux pour plusieurs membres de la zone euro.

Modifier le traité de l'UE n'est pas une mince affaire. La modification du traité de Lisbonne en est l'exemple le plus récent. Il a finalement été ratifié par les 27 Etats membres, mais cette ratification a fait suite à des débats houleux et à deux référendums en Irlande.

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