Le rapport du Global Wind Energy Council (GWEC) et de Greenpeace International prévoit que la croissance de l'énergie éolienne ne repartira pas avant 2020, en raison de l'économie mondiale en difficulté et de l’échec de la création de conditions commerciales destinées à stimuler davantage d'investissements verts.
Selon ce rapport, la puissance éolienne installée dans le monde a atteint 240 GW à la fin de l'année 2011, mais 2013 sera probablement une année difficile pour l'industrie en raison de la situation instable des financements mondiaux.
« En l'absence de nouvelles méthodes de fixation d'un prix mondial pour le carbone, d'une nouvelle croissance de la demande dans l'OCDE portée par une reprise économique solide, ou d'autres imprévus, le taux de croissance de l'industrie ralentira au cours des prochaines années », peut-on lire dans ce rapport.
La puissance éolienne cumulée pourrait toutefois atteindre 759 GW d'ici 2020, ce qui fournirait 12 % de l'électricité mondiale. Cette puissance continuerait d'augmenter au cours des années 2020 pour atteindre 1,600 GW à l'horizon 2030, selon ce rapport.
Si les incertitudes actuelles du marché sont levées dans un avenir proche, cette puissance pourrait même s'élever à 1 150 GW d'ici 2020 et à 2 500 à l'horizon 2030.
La croissance chinoise ralentira
La Chine, le premier marché mondial de l'énergie éolienne, disposait d'une puissance totale installée de plus de 62 GW l'année dernière. La croissance ralentira probablement après 2015, bien que ce pays restera le leader du marché.
« L'incroyable croissance du marché chinois de l'énergie éolienne a dépassé la capacité de gestion du réseau et des opérateurs de système », indique le rapport. Plus de 10 milliards de kilowatts-heure d'énergie éolienne ont été perdus l'année dernière parce que le réseau ne pouvait pas les absorber.
L’Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que le marché chinois connaîtrait un déclin de son taux d'installations annuelles, ce qui donnerait lieu à une puissance totale de 179 GW d'ici 2020.
Selon le GWEC, cette estimation est plutôt pessimiste étant donné l'engagement chinois en faveur du développement de l'énergie éolienne.
La puissance totale installée pourrait atteindre 125 GW d'ici 2015, augmentant jusqu'à 214 GW à l'horizon 2020 et à 400 GW en 2030. L'infrastructure et les lignes de transmission doivent toutefois être améliorées afin de contenir une plus grande quantité d'énergie éolienne sur le réseau.
Malgré l'émergence de nouveaux marchés en Afrique, en Amérique latine et en Asie, le potentiel de croissance à moyen et long terme ne sera pas élevé, selon ce rapport.
Le marché américain a augmenté de plus de 30 % l'année dernière, avec une puissance totale installée de 47 GW. D'ici 2020, de nouvelles installations en Amérique du Nord pourraient accroître cette puissance de 14 GW par an jusqu’en 2030.
À titre de comparaison, l'AIE estime que cette puissance augmenterait à 8 GW par an jusqu’en 2015. Elle passerait ensuite à 6,7 d'ici 2020 et à 5,9 entre 2022 et 2029.
« Tout indique une croissance exceptionnelle en 2012, bien que ce soit obscurci par de sombres perspectives pour le marché en 2013 qui dépendent des crédits d'impôt à la production », indique le rapport, en faisant allusion au programme américain des crédits d'impôt à la production d'énergie renouvelable. Ce programme a permis d'investir plus de 15 milliards de dollars (11,7 milliards d'euros) par an dans des parcs éoliens américains depuis 2005.
Ces crédits devraient expirer à la fin de l'année, mais une certaine pression est exercée sur le Congrès afin de les prolonger.
Dans le même temps, la puissance totale installée de l'Europe s'élevait à 94,3 GW en 2011 et devrait passer à 138 GW d'ici 2015. Le taux serait ensuite de 211 GW d'ici 2020 et de 372 GW à l'horizon 2030.




