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La Russie « renfloue » Chypre

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Publié 06 octobre 2011, mis à jour 07 octobre 2011
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bailout, crisis, Cyprus, Russia

Chypre, qui rencontre de nombreuses difficultés financières, a réussi à obtenir un prêt de la part de la Russie qui a de sérieux intérêts financiers sur l'île. L'île chypriote, dont le président, Demetris Christofias, est le seul communiste à diriger un pays membre de l'UE et de la zone euro, exercera la présidence tournante de l'Union au deuxième semestre de 2012.

Le conseil des ministres chypriote a approuvé un accord conclu avec la Fédération de Russie pour un prêt de 2,5 milliards d'euros à un taux de 4,5 %, a déclaré Stephanos Stephanou, un porte-parole du gouvernement, cité dans la Famagusta Gazette.

Depuis l'explosion meurtrière qui a ravagé la principale centrale électrique de l'île le 11 juillet, entraînant une diminution de 53 % de la production d'électricité, le pays peine à éviter la faillite (voir « Contexte »).

M. Stephanou a expliqué à la presse que le gouvernement avait autorisé le ministre des finances à prendre toutes les mesures nécessaires pour que l'accord puisse être mis en oeuvre aussi tôt que possible.

Cet accord, en plus des décisions prises par le gouvernement pour assurer une stabilité budgétaire à moyen terme, devrait être très bénéfique pour Chypre, a affirmé le porte-parole.

Il a ajouté que ce prêt permettrait à l'île de répondre à ses besoins de refinancement à moyen terme, en évitant des contraintes de liquidités pour les banques commerciales, et de restaurer la confiance des investisseurs internationaux. Il permettra également de freiner les tendances à la hausse des spreads des obligations chypriotes sur les marchés européens secondaires.

Précisant que ce prêt permettrait de protéger l'économie mixte de Chypre et d'ouvrir une nouvelle ligne de financement pour l'île, M. Stephanou a déclaré que le gouvernement était satisfait d'avoir gagné la confiance de la Fédération de Russie.

Pas de conditions ?

Concernant l'aspect logistique de cet accord, il a expliqué que sa mise en oeuvre débuterait début 2012 et que Chypre rembourserait le prêt en 4 ans et demi avec un taux d'intérêt de 4,5 %. M. Stephanou a ajouté qu'aucune condition n'était imposée.

Les coûts de l'emprunt sont montés en flèche au cours des douze derniers mois dans le sillage du dérapage budgétaire et de l'exposition de ses banques à la dette grecque, ce qui a porté atteinte à la notation de crédit du pays, explique le Cyprus Mail.

Des discussions budgétaires devraient avoir lieu en décembre dans un climat politique complexe suite à une enquête qui a désigné le président, M. Christofias, comme le responsable de l'explosion du 11 juillet qui a entraîné la mort de 13 personnes.

L'opposition de centre-droit détient la majorité au parlement et pourrait, en théorie, refuser d'approuver le budget et ainsi forcer Demetris Christofias à démissionner.

Andros Kyprianou, le dirigeant de l'AKEL, le parti au pouvoir, a demandé hier à ses rivaux politiques de laisser l'économie en dehors de leurs différends.

« Nous pouvons nous affronter sur tous les autres sujets, mais nous devons coopérer dans le domaine de l'économie », aurait déclaré M. Kyprianou.

Chypre est une destination populaire en Russie. Surtout présente dans les secteurs bancaire, énergétique, financier et immobilier, la Russie est devenue un acteur clé de l'économie chypriote.

Les chiffres officiels publiés l'an dernier ont révélé que les investissements russes avaient atteint 15,96 milliards de dollars (12,37 milliards d'euros). Ce chiffre serait en réalité encore bien plus élevé.

Les touristes russes sont les plus présents sur l'île, juste après les Britanniques, l'ancienne puissance coloniale de l'île.

Contexte : 

Le gouvernement chypriote a démissionné le 28 juillet, cédant à des pressions politiques et publiques pour un remaniement suite à une explosion de munitions qui menace de forcer l'île à demander un renflouement à l'UE.

Le président chypriote, Demetris Christofias, a nommé le 5 août un nouveau gouvernement, dirigé par l'économiste Kikis Kazamias, chargé d'éviter la faillite.  L'agence de notation Moody's a dégradé la note chypriote de deux crans le 26 juillet, affirmant que les inquiétudes quant à sa situation budgétaire s'étaient accentuées suite aux conséquences d'une explosion qui a ravagé la plus grande centrale électrique de l'île le 11 juillet.

Selon Moody's, Chypre n'est pas parvenue à mettre en oeuvre son propre programme d'austérité qui implique des réductions des dépenses et une privatisation de la bourse.

Chypre est une république présidentielle. Le président Demetris Christofias est le seul communiste à diriger un pays membre de l'UE. Son mandat prendra fin au printemps 2013.

Le principal parti d'opposition de droite a remporté les élections législatives en mai dernier suite à des accusations lors de la campagne laissant entendre que la coalition de gauche de M. Christofias avait fait trop de concessions lors des discussions de réunification.

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