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Le catalan alimente le débat sur l’indépendance

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Publié 13 novembre 2012, mis à jour 15 novembre 2012

La Catalogne abrite peut-être Barcelone, la deuxième plus grande ville espagnole, et l’un des clubs de football les plus prestigieux du pays, mais il est évident que le soutien apporté aux partis en faveur de l’indépendance augmente en amont des élections législatives organisées le 25 novembre.

Madrid menacerait la politique linguistique du catalan. Ce sentiment a amplifié le mouvement séparatiste. Selon des sondages récents, plus de la moitié des Catalans veulent se séparer de l'Espagne, ce qui représente le plus haut niveau historique.

Si Artur Mas, le président du parti au pouvoir (CiU) en faveur de l'indépendance, remporte plus de 50 % des voix, il obtiendrait un mandat qui lui permettrait de faire pression sur le gouvernement espagnol afin qu'il autorise un référendum sur l'indépendance, ce qui est anticonstitutionnel selon l'administration centrale.

Les relations entre la Catalogne et Madrid sont tendues en raison d'un sentiment de traitement inégal en ces temps de crise économique. Toute nouvelle tentative de « hispaniser » la région suscite davantage d'indignation, à l’instar de Jose Ignacio Wert, le ministre de l'enseignement, qui a indiqué qu’il préconiserait davantage l'espagnol dans les écoles.

« Nous n'avons rien contre l'espagnol. Mais lorsque quelqu'un s'en prend à vous, votre instinct vous pousse à riposter », a déclaré Ricard  Domingo, un agent littéraire et membre d'un conseil d'une école publique à Barcelone.

« Melting pot » linguistique

La loi catalane impose que les enseignants, les médecins et les employés du secteur public utilisent le catalan. L'enseignement primaire et secondaire se fait en catalan et l'espagnol est une matière à part. Les entreprises doivent payer une amende si les étiquettes et les indications de leurs produits ne sont pas en catalan.

Toute personne qui s'exprime en espagnol recevra une réponse en espagnol, mais les étrangers qui s'installent en Catalogne affirment qu'ils doivent apprendre la langue locale afin de nouer des contacts. Les hommes politiques et hommes d'affaires catalans parlent de mieux en mieux l'anglais. Ils attribuent leur aisance à leurs origines bilingues.

Madrid explique qu'elle craint que les plus jeunes générations perdent contact avec l'espagnol, ce que les Catalans réfutent.

« Le bilinguisme est tellement ancré en nous que l'espagnol ne disparaîtra jamais, même si nous devenions indépendants », a déclaré Raul Leon, un médecin de 39 ans. M. Leon a fait ses études au cours des années 1980, lorsque le programme d'immersion catalane était en vigueur. Il rédige ses prescriptions médicales dans les deux langues.

Le quotidien La Vanguardia basé à Barcelone, le quatrième le plus distribué en Espagne, a commencé à publier une édition en catalan l'année dernière. L'espagnol reste toutefois la langue dominante dans les kiosques et les librairies ainsi que sur les chaînes télévisées principales.

Le président du club de football de Barcelone, Sandro Rosell, est descendu dans les rues aux côtés de 1,5 million de manifestants afin de célébrer la fête nationale de la Catalogne, la Diada, plus tôt cette année. L'objectif était de faire pression en faveur d'une autonomie politique et financière renforcée, selon Newsweek, un magazine politique américain.

La plupart des manifestants soutenaient une sécession complète.

La montée en puissance du « Barça » en tant que club sportif principal constitue non seulement une source de fierté pour les Catalans, mais exprime aussi des droits de l'Homme.

Réprimé sous Franco, le club est devenu porteur d'une philosophie forte et d'un certain nationalisme catalan.

Jusqu'à présent, M. Rosell a pu faire en sorte que son club ne suive pas le mouvement séparatiste. Il préfère qu'il reste un symbole international plutôt qu'un exécutoire des loyautés tribales.

M. Rosell a toutefois indiqué aux supporters présents lors de la Diada : « Le Barça respectera la décision de la majorité en Catalogne. »

Réactions : 

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré, en réponse à une question sur l'indépendance écossaise : « Si un nouvel État veut rejoindre l'Union européenne, il doit en faire la demande, comme tout autre État. »

Prochaines étapes : 
  • 25 novembre : élections régionales en Catalogne

EurActiv.com avec Reuters - Article traduit de l'anglais
Catalan protesters
Contexte : 

Le catalan, une langue romane similaire à l'espagnol et au français, a été interdit pendant près de 40 ans pendant la dictature de droite de Francisco Franco. Il n'était utilisé que secrètement, à la maison.

Depuis le retour de la démocratie dans les années 1970, les Catalans, qui sont pour la plupart bilingue espagnol-catalan, ont investi du temps et de l'argent dans la protection de cette langue ancienne de crainte qu'elle ne disparaisse.

Il s’avère que le mouvement séparatiste s'amplifie, principalement en raison de la crise économique et financière. En outre, le Royaume-Uni a récemment autorisé l’organisation d'un référendum sur l'indépendance écossaise. Ce débat a également été alimenté en Belgique lorsqu'un nouveau parti séparatiste (Nieuw-Vlaamse Alliantie) a remporté des victoires importantes lors des élections municipales organisées en octobre.

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