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Les grandes entreprises condamnées, l'avenir appartient aux PME

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Publié 07 octobre 2011, mis à jour 23 décembre 2011

Les décideurs politiques devraient se préparer à un avenir où les grandes entreprises de fabrication n'existeront plus et seront remplacées par une série de PME « micro-multinationales », peut-on lire dans un document d'orientation publié par un groupe de réflexion européen très influent.

Ce document, présenté hier (6 octobre) à Bruxelles par le Lisbon Council, affirme que la logique du XXe siècle qui voulait que l'on ait besoin de grands viviers de talents étrangers pour avoir une portée mondiale s'est inversée et que les grandes entreprises croulent à présent sous la paperasserie et les sureffectifs, en plus d'être confrontées à des processus décisionnels trop lents.

« Par conséquent, les grandes entreprises doivent faire plus avec moins, une situation qui pourrait bien être responsable de la relance économique marquée par le chômage de 2010 et 2011 », peut-on lire dans ce rapport qui prétend que les grandes entreprises seront incapables de créer les emplois qu'espèrent les décideurs politiques.

En revanche, les PME qui utilisent Internet et des nouvelles plateformes d'entreprises peuvent se permettre d'entrer sur les marchés mondiaux avec un minimum de bureaucratie et de frais.

Local Motors, un exemple de « micro-multinationale »

Lors de la présentation du document d'orientation, Anthony Williams, un membre du Lisbon Council, a déclaré que Local Motors, une entreprise automobile située en Arizona qui emploie en ligne une équipe de 12 000 designers freelances issus de 121 pays, était l'exemple type de ce genre d'entreprise.

Contrairement à ses concurrents plus grands, Local Motors n'a pas besoin d'installations de production ou de siège, dans la mesure où il utilise un réseau de micro-usines pour produire des véhicules tout-terrain sur mesure.

M. Williams a expliqué que les PME pouvaient aujourd'hui accéder à un vaste marché secondaire pour certains services : du cloud computing au bluetooth, en passant par les ventes en ligne, les plateformes de publicité et un nombre toujours plus élevés de travailleurs freelance.

En Europe, 32,6 millions de personnes (15 % de la main d'œuvre) sont considérées comme indépendantes et 23 millions d'entre elles sont employées en tant que freelance, ce qui signifie qu'elles travaillent pour ou dans des entreprises individuelles. Le rapport affirme qu'il s'agit là d'un vivier de talents sans précédent pouvant être utilisé par les micro-multinationales.

La copie 3D va changer le monde

Les futures nouvelles technologies auront un impact important sur l'évolution des PME, peut-on lire dans le rapport, qui fait référence à la copie 3D chinoise, un nouveau type de copie permettant de reproduire des objets.

« L'usine d'hier est en train d'évoluer vers une communauté mondiale de services de design et de fabrication sur mesure, permettant à toute personne qui fait preuve d'ingénuité ou qui a une bonne idée de se lancer dans la fabrication ». 

Les équipes de spécialistes qui se rassemblent et utilisent la technologie pour réaliser des tâches spécialistes deviendront la norme pour les entreprises, prévoit le rapport, balayant ainsi toute une série de modèles d'entreprises.

Ann Mettler, la directrice exécutive et cofondatrice du Lisbon Council, également auteur du rapport, a affirmé que les implications de ce document étaient énormes.

Il formule huit recommandations, donc l'accélération du passage à l'économie numérique et la création de services et de régimes d'incitation visant à encourager les travailleurs freelance.

Réactions : 

« Les incitations fiscales pour la recherche et le développement sont en train de prendre une importance telle en Europe que je crains que certaines personnes décident d'y implanter leur département R&D juste pour en profiter », a déclaré le directeur de l'OCDE, Andrew Wyckoff, lors du sommet Innovation du Lisbon Council. Il se demande en effet si les réductions d'impôts pour les grandes entreprises sont la meilleure manière de procéder en ces temps de crise. « Il existe d'autres manières d'encourager les entreprises que d'être compétitifs en matière fiscale. L'imposition n'est pas le seul facteur qu'une entreprise prend en compte ».

Comment ça va mon petit ?
Contexte : 

Les statistiques montrent que les entreprises européennes investissent beaucoup plus dans la recherche, le développement et l'innovation dans le secteur de la fabrication que dans celui des services. Toutefois, l'économie européenne dépend de plus en plus des services depuis quelques années, dans la mesure où l'industrie lourde s'expatrie dans des économies à moindres coûts.

La crise économique a poussé les dirigeants politiques et industriels à faire le bilan des tendances à long terme alors que la crise de l'emploi s'intensifie.

En plus de résoudre le problème du chômage croissant, les décideurs politiques doivent faire face à des défis démographiques, au changement climatique et à la concurrence mondiale pour l'énergie et les matières premières.

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