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Un projet de loi sur les soins de santé provoque un tollé en Roumanie

Publié 16 janvier 2012 - Mis à jour 17 janvier 2012
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Les efforts du gouvernement pour l’adoption d’un projet de loi controversé sur les soins de santé ont déclenché des protestations parfois violentes qui se sont transformées en manifestations de mécontentement général à propos de la situation économique du pays et de son gouvernement.

La démission la semaine dernière du sous-secrétaire d’État au ministère de la santé, Raed Arafat, suite à la décision du gouvernement d'introduire un projet de loi visant à privatiser la moitié du système de santé, a déclenché une série de manifestations à travers le pays.

Le gouvernement a renoncé à sa proposition, mais les manifestations se sont poursuivies tout le week-end. Dimanche (15 janvier), des manifestants munis de pierres et de cocktails Molotov se sont réunis près de l'université de Bucarest et de violents affrontements ont eu lieu entre la police et les manifestants. Il s'agit des affrontements les plus violents dans la capitale roumaine depuis la révolution de 1989 contre le leader communiste Nicolae Ceauşescu.

Au moins 29 personnes ont été blessées et 15 d'entre elles ont été hospitalisées.

Des motivations différents

« Sortez de chez vous si vous voulez changer les choses », scandaient les manifestants dans le centre de Bucarest. Les raisons qui ont poussé la population à descendre dans les rues varient.

Certaines des 2000 personnes rassemblées à l'université réclamaient la démission du président actuel, Traian Băsescu, ainsi que la suspension des mesures d'austérité qui ont entraîné des baisses pour les salaires et les retraites de l'ordre de 25 % l'année dernière.

Les supporters des grands clubs de football Steaua et Dinamo, largement présents lors des manifestations, se sont montrés les plus virulents. Leur principale revendication semblait toutefois concerner une loi interdisant l'utilisation de matériel pyrotechnique dans les stades.

D'autres manifestations similaires ont eu lieu dans deux grandes villes du pays, Braşov et Timişoara.

Les manifestants ont été décrits comme des « hooligans » dans certains médias roumains, suite au pillage et à la mise à sac de plusieurs boutiques et cafés du centre-ville. Plusieurs arrêts de bus et feux de signalisation ont été endommagés.

L'opposition jette de l'huile sur le feu

Crin Antonescu, le président du Parti national libéral (PNL) de l'opposition, a appelé ses partisans à rejoindre les manifestants « de manière pacifique ».

M. Antonescu a réclamé l'organisation d'élections anticipées pour renverser le gouvernement actuel qui a « intimidé » le pays au cours de ces dernières années. Il a également lancé un forum en ligne rassemblant des signataires favorables au départ du président, selon un reportage d'EurActiv Roumanie.

« Tous ces gens [...] montrent au gouvernement que pour éviter les violences, il doit prendre les mesures qui s'imposent concernant les personnes au pouvoir », a déclaré M. Antonescu dimanche soir.

Le premier ministre, Emil Boc, a affirmé que même si la liberté d'expression était garantie en Roumanie, seules les manifestations pacifiques seraient tolérées. « La violence dans les rues est inacceptable », a-t-il expliqué dans son discours aux citoyens. M. Boc a fait part de son sentiment de compassion face à la « période très difficile » que traversent les Roumains à cause d'une crise « bien pire que quiconque n'aurait pu l'imaginer ». 

Voici la vidéo d'EurActiv Roumanie sur les manifestations violentes qui se sont déroulées dans le centre de Bucarest :

EurActiv.com — Article traduit de l'anglais

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