En 1996, les entreprises françaises investissaient 1,69 % de leur valeur ajoutée dans des projets de recherche et de développement, contre 1,65 % pour leurs homologues allemandes, selon une étude publiée ce mois-ci et relayée par EurActiv France.
Depuis l'époque du franc français et du mark allemand, la tendance s'est inversée : les investissements des entreprises françaises ont cédé du terrain (1,47 %) et leurs voisines d’Outre Rhin ont redoublé d’efforts, avec 2,11 % de leur valeur ajoutée affectée à la R&D. L'investissement de la France est inférieur à celui des autres pays qui ont fait l'objet de cette étude, dont la Corée du Sud, l'Espagne, les Etats-Unis, la Norvège et le Japon.
Positionnement sectoriel pénalisant
L'étude publiée ce mois-ci par la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS), qui dépend de Bercy, tente de cerner les causes du reflux français.
Selon cette étude, les pays qui sont très spécialisés dans des secteurs qui contribuent naturellement à l'innovation sont favorisés.
Quand elles investissent dans les secteurs stratégiques, les entreprises françaises le font dans des proportions substantielles. Dans les TIC, le transport et les machines électriques, elles consacrent même des parts plus importantes de leur valeur ajoutée à la R&D qu'en Allemagne.
Problème, leur surplus d’effort financier ne suffit pas à compenser la faible part de la France dans les secteurs-clés de la R&D, qui ne représentent plus que 4,5 % du PIB français, contre 10 % outre-Rhin.
« La France souffre d’un positionnement sectoriel de son économie pénalisant son intensité globale de R&D », note cette étude, évoquant même un « désengagement de l’industrie » dans l’économie nationale, au profit des services, moins pourvoyeurs de recherche et développement.
En France, l'industrie ne représente qu'environ 18,8 % du PIB, contre 28,6 % en Allemagne.
Succès des moyennes entreprises en Allemagne
La structure des entreprises explique également cette différence avec l'Allemagne.
Là encore, la France sauve l’honneur, car ses entreprises sont plus nombreuses à investir dans la R&D. La DGCIS en a recensé 250 000 en 2006, contre 200 000 en Allemagne. Toutefois, en 2006, ce petit nombre d'entreprises allemandes a investi 36 milliards d'euros, contre seulement 14 milliards pour les entreprises françaises plus nombreuses.
L'Allemagne dispose en effet de bien plus de moyennes entreprises qui opèrent dans le secteur de la recherche et du développement et elles bénéficient d'un meilleur accès au marché que les petites entreprises. Les entreprises de plus de 1000 salariés ne représentent que 73 % de l’intensité totale de R&D en France, contre 82 % en Allemagne, peut-on encore lire dans cette étude.







