Dans son rapport sur les classements mondiaux des universités et leur impact publié la semaine dernière, la European University Association a examiné à la loupe 13 systèmes de classement mondial, y compris les célèbres Shanghai Academic et Times Higher Education.
Ces classements ne couvrent qu'environ 3 % des universités mondiales (17 000) et reflètent beaucoup plus la performance des universités en termes de recherches qu'en termes d'enseignement. En effet, selon ce rapport, les indicateurs utilisés pour évaluer l'enseignement sont indirects, au mieux.
Des systèmes qui favorisent la langue anglaise
L'association a également révélé que les classements mondiaux favorisaient les universités des pays anglophones, car les travaux qui ne sont pas écrits en anglais sont moins cités et publiés et les universités non anglophones reçoivent donc de moins bonnes notes.
Lors de la présentation du rapport, Jan Truszcyński, le directeur de la DG Education à la Commission, a déclaré que le système U-Multirank de l'UE serait inclus dans les amendements qui seront apportés à la directive relative aux qualifications professionnelles cette année, afin qu'il entre officiellement en vigueur.
Le U-Multirank de la Commission, développé en deux ans par un consortium d'universités et financé par la Commission, est décrit comme « un nouvel outil de classement multidimensionnel à niveaux multiples adapté aux personnes cherchant des informations dans le domaine de l'éducation supérieure et de la recherche ».
L'étude de faisabilité finale, réalisée le mois dernier, a conclu que ce système était prêt à être mis en place et qu'il dépendait à présent des financements et du soutien commercial qui lui seraient accordés. M. Truszcyński a expliqué que même si la Commission était d'accord pour financer la première année de fonctionnement du U-Multirank, ce programme devrait ensuite trouver d’autres sources de financement ; celles-ci proviendront sans doute des gouvernements nationaux et de fondations européennes pour l'éducation.
Des données qui pourraient être utilisées pour créer d'autres classements
Le U-Multirank n'a pas pour objectif de produire un seul classement, mais plutôt de permettre à ses utilisateurs de choisir quelles institutions ils souhaitent comparer et sur la base de quels critères. L'idée est de comparer ce qui est comparable, de prendre en compte les différentes missions des universités et d'éviter la « course à la meilleure réputation » basée sur la recherche, qui a cours avec les systèmes de classement actuels.
Toutefois, ces données pourraient être utilisées par les médias et par les universités elles-mêmes comme outil pour créer leurs propres classements.
Le U-Multirank pourrait avoir à subir les critiques soulevées en 2008 dans un rapport du Sénat français qui concluait que le manque de données harmonisées sur les universités françaises avait donné lieu à des informations faussées sur les institutions d'éducation supérieure du pays. Ces classements peuvent également représenter des obstacles à la visibilité internationale de la recherche menée dans ces universités, peut-on lire dans ce rapport.
Le Sénat a proposé la mise en place d'un nouveau système européen de classement des universités pour contrer le classement de Shanghai qui, selon lui, favorise les institutions anglophones.
Jeremy Fleming– traduit de l'anglais par Amandine Gillet







