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Bientôt un classement européen des universités

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Publié 22 juin 2011, mis à jour 05 novembre 2012

La Commission européenne présentera des propositions plus tard cette année afin de classer toutes les universités d'Europe suite à la publication d'un rapport qui met en évidence les lacunes des classements mondiaux existants.

Dans son rapport sur les classements mondiaux des universités et leur impact publié la semaine dernière, la European University Association a examiné à la loupe 13 systèmes de classement mondial, y compris les célèbres Shanghai Academic et Times Higher Education.

Ces classements ne couvrent qu'environ 3 % des universités mondiales (17 000) et reflètent beaucoup plus la performance des universités en termes de recherches qu'en termes d'enseignement. En effet, selon ce rapport, les indicateurs utilisés pour évaluer l'enseignement sont indirects, au mieux.

Des systèmes qui favorisent la langue anglaise

L'association a également révélé que les classements mondiaux favorisaient les universités des pays anglophones, car les travaux qui ne sont pas écrits en anglais sont moins cités et publiés et les universités non anglophones reçoivent donc de moins bonnes notes.

Lors de la présentation du rapport, Jan Truszcyński, le directeur de la DG Education à la Commission, a déclaré que le système U-Multirank de l'UE serait inclus dans les amendements qui seront apportés à la directive relative aux qualifications professionnelles cette année, afin qu'il entre officiellement en vigueur.

Le U-Multirank de la Commission, développé en deux ans par un consortium d'universités et financé par la Commission, est décrit comme « un nouvel outil de classement multidimensionnel à niveaux multiples adapté aux personnes cherchant des informations dans le domaine de l'éducation supérieure et de la recherche ».

L'étude de faisabilité finale, réalisée le mois dernier, a conclu que ce système était prêt à être mis en place et qu'il dépendait à présent des financements et du soutien commercial qui lui seraient accordés. M. Truszcyński a expliqué que même si la Commission était d'accord pour financer la première année de fonctionnement du U-Multirank, ce programme devrait ensuite trouver d’autres sources de financement ; celles-ci proviendront sans doute des gouvernements nationaux et de fondations européennes pour l'éducation.

Des données qui pourraient être utilisées pour créer d'autres classements

Le U-Multirank n'a pas pour objectif de produire un seul classement, mais plutôt de permettre à ses utilisateurs de choisir quelles institutions ils souhaitent comparer et sur la base de quels critères. L'idée est de comparer ce qui est comparable, de prendre en compte les différentes missions des universités et d'éviter la « course à la meilleure réputation » basée sur la recherche, qui a cours avec les systèmes de classement actuels.

Toutefois, ces données pourraient être utilisées par les médias et par les universités elles-mêmes comme outil pour créer leurs propres classements.

Le U-Multirank pourrait avoir à subir les critiques soulevées en 2008 dans un rapport du Sénat français qui concluait que le manque de données harmonisées sur les universités françaises avait donné lieu à des informations faussées sur les institutions d'éducation supérieure du pays. Ces classements peuvent également représenter des obstacles à la visibilité internationale de la recherche menée dans ces universités, peut-on lire dans ce rapport.

Le Sénat a proposé la mise en place d'un nouveau système européen de classement des universités pour contrer le classement de Shanghai qui, selon lui, favorise les institutions anglophones. 

Jeremy Fleming traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Réactions : 

« Ce rapport est excellent, car ces systèmes de classement ne sont pas transparents et il est difficile de savoir ce qui se cache derrière ces chiffres », a déclaré Allan Päll, vice-président de la European Students' Union.

« En général, les étudiants souhaitent davantage d'informations que celles fournies par les classements mondiaux, comme des informations sur la qualité de vie, le coût des loyers et d'autres éléments qui ont un impact direct sur la vie des étudiants », a conclu M. Päll.

« Je pense que nous devrions tous insister pour qu'il y ait plus de transparence et si des méthodes peu claires se cachent derrière ces classements, elles devraient être spécifiées », a expliqué Jan Truszcyński, directeur de la DG Education à la Commission européenne.

Sur le système Multirank proposé par la Commission, M. Truszcyński a déclaré : « Le financement du Multirank devra provenir de différentes sources, surtout dans le contexte économique actuel. Fin septembre, nous présenterons un document d'orientation. Il s'agira d'un des outils présents dans la directive sur les qualifications ».

« Les classements mondiaux ne couvrent que 500 universités sur les 16 000 qui existent dans le monde, ce n'est pas un pourcentage élevé. Nous souhaiterions que les institutions qui n'ont pas été mises en avant aient la chance d'avoir plus de visibilité. Nous voudrions aussi que chaque discipline soit mise en valeur comme il se doit : par exemple, une université peut réaliser peu de recherches, mais fournir un enseignement excellent ».

« Lors de la création d'un nouveau classement, il est important de se concentrer sur les objectifs de celui-ci », a expliqué Sir Howard Newby, président de l'université de Liverpool.

Il a ajouté : « Un classement qui s'adresse aux étudiants afin de leur fournir suffisamment d'informations pour qu'ils puissent choisir où ils feront leurs études est différent d'un classement voué à définir la qualité d'un département de recherche, par exemple ».

« Il existe toutefois de grandes lacunes dans les systèmes de classements mondiaux actuels, y compris un manque d'informations sur l'insertion professionnelle des étudiants et les qualités des universités quant à leur capacité à transmettre le savoir », a expliqué Sir Howard Newby.

La France a constamment soutenu le projet de la Commission d'un classement multicritères des établissements d'enseignement supérieur.  L'annonce de ce projet a d'ailleurs eu lieu au second semestre 2008, sous Présidence française du Conseil de l'UE. La France est également partie prenante (par l'entremise de l'Observatoire des sciences et des techniques) dans le consortium CHERPA Network qui met en oeuvre la phase de test et de faisabilité de cette opération. Grâce à une analyse au prisme de cinq dimensions (enseignement et formation, rayonnement régional, internationalisation, recherche, innovation et transfert de compétences), il devrait contribuer à favoriser un orientation et une mobilité optimales des étudiants en leur apportant une information claire et objective sur l'offre de formations en Europe et dans le monde.

Prochaines étapes : 
  • Sept. 2011: la Commission proposera d'inclure le U-Multirank dans les amendements à la directive relative aux qualifications professionnelles.
Nouveau classement européen des universités
Contexte : 

Le Sénat français a affirmé dans un rapport en 2008 que le manque de données harmonisées sur les universités françaises avait donné lieu à des informations faussées sur les institutions d'éducation supérieure du pays et que ces classements pouvaient également représenter des obstacles à la visibilité internationale de la recherche menée dans ces universités.

Au niveau international, ils ont nui à l'attractivité de la France en tant que destination pour les étudiants et les chercheurs étrangers, et diminuent la visibilité des recherches universitaires, peut-on lire dans ce rapport.

Le Sénat affirme qu'une attention disproportionnée est accordée au classement de Shanghai, qui évalue les recherches effectuées par les universités dans le monde. Selon le rapport, il ne reflète que partiellement et imparfaitement la réalité.

Le principal sujet de discorde entre la France et le classement de Shanghai est que le nombre de citations des recherches scientifiques d'une institution est utilisé comme critère. Paris explique que cette approche désavantage les pays qui ne publient pas en anglais, une critique fréquemment soulevée par le monde académique non anglophone.

Le développement du U-Multirank a non seulement pour objectif de pallier ces lacunes, mais aussi de créer un outil qui permettra de comparer ce qui est comparable et d'offrir un classement qui ne classe pas les universités par ordre de préférence.

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