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Davos : les PDG comptent sur les pays BRIC pour la croissance

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Publié 27 janvier 2011, mis à jour 28 janvier 2011

Les directeurs d'entreprises internationales ont placé tous leurs espoirs sur la croissance des marchés émergents au début du forum annuel de Davos hier (26 janvier), mais la montée de l'inflation et des risques politiques annoncent une période sombre.

Les directeurs d'entreprises et les dirigeants politiques ont déclaré au Forum économique mondial (FEM) que l'augmentation des prix des denrées alimentaires pourrait déclencher des troubles sociaux et ils ont pointé du doigt les tensions géopolitiques sur la péninsule coréenne et concernant le programme nucléaire iranien, ainsi que les tensions en Egypte.

« Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse sans cesse », a déclaré la présidente suisse, Micheline Calmy-Rey, lors d'un discours d'ouverture, se lamentant que les pays pauvres ne bénéficient pas assez de la mondialisation.

Les capitaines de l'industrie semblaient optimistes dans l'ensemble après deux années crise financière et économique qui les avaient fait déchanter et avaient miné les discussions des plus riches et puissants.

« Cette réunion devrait être celle de l'optimisme constructif », a déclaré le fondateur et président du FEM, Klaus Schwab, lors de l'inauguration du 41ème forum, demandant aux dirigeants d'innover plutôt que de mener un combat de front.

Un malaise plutôt qu'une relance

Toutefois, certains PDG se sont montrés plus prudents, pointant du doigt les nombreux risques qui menacent la reprise mondiale encore fragile.

« Les taux d'intérêt sont à zéro aujourd'hui mais ils ne peuvent que remonter et des taux d'intérêt plus élevés augmenteront également les coûts de financement », a confié à Reuters John Krenicki, président et directeur exécutif de GE Energy et vice-président de GE.

« L'inflation ne touche pas que l'énergie, elle touche également l'acier, le cuivre et les matières premières ».

Le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, a expliqué que les économies occidentales entreraient plutôt dans une période de malaise que de relance et il a exprimé ses inquiétudes quant à une certaine arrogance qui règnerait à Davos.

« L'euphorie qui émane de certains endroits est due au fait qu'une partie du monde s'en sort très bien et que la plupart des multinationales sont actives dans cette partie du monde qui s'en sort bien », a déclaré M. Stiglitz aux journalistes.

« Mais l'Europe et les États-Unis ne sont pas encore sortis de l'auberge. Le chômage reste à un taux horriblement élevé », a-t-il ajouté.

Le retour de l'inflation frappe beaucoup de pays en développement

Des rapports sur la Chine laissent entendre que le crédit bancaire était monté en flèche en janvier, entraînant de nouvelles mesures gouvernementales pour contenir l'augmentation des prix de l'immobilier. L'Inde a remonté les taux d'intérêt mardi, prévenant que les prix élevés des denrées alimentaires pourraient le rester si aucune mesure n'était prise pour relancer la production.

La menace ne se limite pas aux pays émergents. L'inflation dans la zone euro a dépassé le mois dernier l'objectif de 2 % de la Banque centrale européenne pour la première fois en deux ans et le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, a affirmé mardi que l'inflation britannique pourrait bientôt atteindre les cinq pourcents.

Martin Sorrell, qui est à la tête du plus grand groupe publicitaire du monde, le WWP, a divisé les économies mondiales en quatre catégories en fonction de leurs perspectives de croissance : les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) dans la meilleure catégorie, suivis par les États-Unis et l'Allemagne puis par le reste de l'Europe occidentale avec le Japon en dernier.

« En termes de net net, les entreprises restent incertaines », a-t-il déclaré. « Les directions ont très peur de faire des erreurs ».

Les protestations sans précédent en Egypte contre le régime vieux de 30 ans du président Hosni Mubarak dans le sillage de la "révolution du jasmin" de ce mois-ci qui a fait démissionner le président Zine al-Abidine Ben Ali, furent des sujets brûlants dans les couloirs de Davos.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amre Moussa, ancien ministre égyptien des affaires étrangères, a déclaré que cette réforme était la seule solution pour combler les aspirations des Arabes à une meilleure vie.

« Les citoyens arabes sont fâchés et nous nous sentons brisés en tant que citoyens. La réforme, c'est la règle du jeu, et la réforme doit avoir lieu maintenant dans tout le monde arabe », a-t-il confié à Reuters.

Dans la cafétéria, un groupe d’Arabes de la région du Golfe faisaient frénétiquement défiler les photos des manifestations sur un iPad, le gadget de l'année à Davos.

BRIC

Avant de donner son discours liminaire au Forum, c’est un président russe à la mine sombre qui a consacré une minute de silence en mémoire des 35 personnes tuées et aux 100 autres blessées lors de l’attentat suicide qui a frappé l’aéroport de Moscou le plus fréquenté lundi.

 « Ceux qui ont commis cette atrocité [...] espéraient mettre la Russie à genoux, nous forcer à adopter une attitude défensive », a déclaré Dmitri Medvedev. « Ils espéraient seulement que le président russe serait absent de ce forum ».

« Il se sont mépris. La Russie connaît sa place dans le monde ».

En montrant son iPad à la tribune, M. Medvedev a déclaré être souvent tenté de répondre immédiatement aux fausses idées sur la Russie qu’il lit sur Internet.

Il a également appelé à l’inclusion des monnaies des BRIC au sein des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international, une unité globale basée sur un panier de monnaies des pays développés.

Avec les économies émergentes qui représentent presque 40 % de la consommation mondiale, un ralentissement de celles-ci « serait un coup dur pour la reprise économique mondiale », a déclaré le FMI dans ses prévisions économiques mises à jour et publiées mardi.

La crise de la dette qui perdure en Europe constitue une autre inquiétude continuelle pour les décideurs politiques mais aussi pour les PDG habituellement plus vifs à Davos.

 « Nous sommes face à une incertitude qui pourrait potentiellement étouffer les efforts de reprise », a déclaré le président de PwC, Dennis Nally.

Mais le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a confié à la chaîne Reuters Insider qu’une résolution sur la crise de la dette était « en cours d’élaboration » et a suggéré que le fonds de sauvetage de la zone euro soit plus flexible et plus apte à acheter des obligations souveraines.

Les syndicalistes et les dirigeants ont évoqué un taux élevé de chômage parmi les jeunes, qui aggrave les conditions de travail et accroît les inégalités, menaçant ainsi la stabilité sociale dans les pays industrialisés.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv)

Réactions : 

Mercredi, l’investisseur milliardaire George Soros a déclaré que les gouvernements européens devront réduire les services pour diminuer les déficits, mais la crise s’est calmée.

Dans un entretien pour CNBC, M. Soros a affirmé : « les gouvernements européens n’ont pas la possibilité de déclarer faillite. Partout [en Europe], la situation n’est pas si mauvaise, il y a de la croissance. »

L’Allemagne a servi de solide pare-choc pendant la crise, a noté M. Soros, et elle reste « largement en tête ».

Mais alors que l’Allemagne connaît la croissance, a-t-il dit, « tout est lié à la crise de l’euro, qui est en passe d’être résolue, mais cela va engendrer une Europe à deux vitesses ».

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