Dominique Ristori est directeur général du centre commun de recherche de la Commission européenne.
Ce commentaire a été publié pour la première fois dans la newsletter mensuelle de Confrontations Europe, Interface.
De nouveaux investissements dans les secteurs clés de l'économie européenne, comme par exemple dans les secteurs des transports et de l'énergie, constituent une priorité majeure pour assurer la croissance et l'emploi.
Un récent rapport de l'Observatoire des Marchés Européens de l'Energie a estimé que le montant des investissements dans ce secteur s'élevait à 1000 milliards d'euros dans les vingt ans à venir. Sans la réalisation de réseaux intelligents de gaz et d'électricité, certains Etats pourraient connaître des situations difficiles.
Des investissements importants sont nécessaires dans d'autres secteurs comme celui des technologies de l'information et des communications (TIC), de l'environnement, de la santé ou encore de l'agriculture et de la sécurité alimentaire.
L'industrie automobile constitue également un secteur clé de l'économie européenne. Dès à présent, il lui est nécessaire de faire un bond technologique pour assurer le développement du marché des voitures électriques. Le but n'est pas seulement de diminuer le niveau des émissions de CO2 mais également d'assurer la compétitivité de l'économie européenne face à des pays comme la Chine.
Ces investissements s'inscrivent dans des projets de long terme, et nécessitent des montages juridiques et financiers appropriés impliquant le secteur public et le secteur privé. A cette fin, il est nécessaire de développer un dialogue plus approfondi entre les autorités européennes et l'industrie afin de déterminer quelle est la meilleure façon de garantir l'impact des fonds européens.
Cependant, la réalisation de ces grands projets passe par un effort accru dans le domaine de la recherche et de l'innovation. Si le montant des investissements de recherche en termes réels a progressé de 50% dans l'Union européenne, pour autant, les performances dans le reste du monde ont été meilleures.
En effet, durant la même période, le montant total des investissements de recherche en termes réels a augmenté de 60% aux Etats-Unis, de 75% dans les quatre pays d'Asie ayant la plus forte intensité de connaissances (Japon, Corée du Sud, Singapour et Taïwan), et de 145% dans les pays dits BRIS, (Brésil, Russie, Inde, Afrique du sud). De ce fait, la part des activités de R&D qui est réalisée en dehors de l'Europe s'accroît rapidement. En 2008, moins d'un quart du total des dépenses mondiales de R&D a été effectué dans l'Union européenne, contre 29% en 1995.
L'augmentation des investissements en recherche et en innovation constitue l'une des cinq priorités de l'initiative de l'Union européenne "Europe 2020 : une Union de l'Innovation." La Commission européenne a présenté le 29 juin dernier ses propositions pour fixer le cadre des prochaines « perspectives financières », c'est-à-dire de son budget pluriannuel couvrant la période 2014-2020.
Par rapport au budget en cours (2007-2013), la Commission européenne propose une hausse en valeur nominale de 5%, à 1 025 milliards d'euros, soit 1,05% du PIB européen. Le budget du futur programme-cadre de recherche et de développement est proposé pour un montant de 80 milliards d'euros. Le Président de la Commission européenne, M. Barroso, a insisté sur l'impact que le budget de l'Union européenne, relativement petit par rapport aux budgets nationaux des grands Etats de l'Union, peut avoir sur la croissance et la compétitivité de l'Europe, sur sa sécurité et sur son poids dans le monde.
La Direction Générale du Centre Commun de Recherche (CCR) est le seul service de la Commission européenne en charge de la recherche directe et de l'appui scientifique aux politiques de l'UE. A ce titre, elle participera pleinement à la réalisation des objectifs de l'initiative Europe 2020 dans le domaine de la science et de l'innovation à travers l'activité de ses sept instituts.




