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Inutilité de certains programmes de soutien aux exportations de l'UE

Publié 04 mars 2010 - Mis à jour 23 décembre 2011
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Certains programmes publics de soutien financier à destination des exportateurs européens aident seulement les entreprisesà se développer dans des marchés où elles se seraient implantées dans tous les cas, d'après un rapport non publié lu par EurActiv.

L'étude détaillée réalisée pour la Commission européenne révèle un effet "poids mort" substantiel et questionne l'impact de certains programmes destinés à dynamiser l'internationalisation dans le secteur des petites entreprises.

Un sondage mené dans le cadre de ce rapport montre que 37 % des PME profitant d'initiatives de soutien aux entreprises estiment que ces programmes facilitent peu les opérations sans résulter pour autant dans davantage d'activités internationales ou des activités plus précoces.

La grande majorité des entreprises ont salué le soutien des autorités publiques mais environ 10 % d'entre elles ont dit que cela n'avait été d'aucune aide.

Le rapport, produit par l'entreprise de consultance EIM, révèle également que la prise de conscience et l'utilisation des programmes de soutien public restent faibles à travers l'Europe et recommande des efforts vigoureux pour augmenter cette prise de conscience.

Selon les auteurs, les mesures politiques destinées à stimuler l'innovation et l'internationalisation devraient être produites en tandem puisqu'il existe un lien puissant entre les activités sur les marchés internationaux et l'innovation.

On devrait aussi considérer la possibilité de fusionner les agences qui mettent en œuvre ces deux types de politiques, affirme le rapport.

25% des PME exportent leurs marchandises

L'étude affirme que 25 % des PME dans l'UE sont engagées d'une manière ou d'une autre dans l'exportation, la moitié d'entre elles vendant des biens et des services en dehors du marché intérieur.

Ce chiffre est bien plus élevé que les précédents, estimant à 8 % le nombre de PME engagées activement dans le commerce transfrontalier, ce qui suscite des doutes sur les conclusions de l'étude.

Cependant, la nouvelle étude définit l'internationalisation comme toutes les activités qui entraînent les PME dans une relation d'affaire significative avec un partenaire étranger, ce qui comprend les exportations, les importations, les investissements directs à l'étranger, la sous-traitance et la coopération technique.

Elle doit encore être publiée par l'exécutif de l'UE, la méthodologie de la recherche étant passée au crible.

Pour les entreprises qui ne sont pas actives dans le commerce international, la probabilité de s'implanter dans de nouveaux marchés dans le futur proche est mince, seulement 4 % d'entre elles déclarant avoir des projets concrets d'internationalisation.

Il existe un lien direct entre la taille d'une entreprise et son niveau d'internationalisation, selon l'étude, les grandes entreprises ayant beaucoup plus de chances d'exporter.

Une corrélation a aussi été trouvée entre la taille du pays d'origine de l'entreprise et sa tendance à commercer à travers les frontières.

Plus le pays est petit, plus les PME sont internationalisées, mais la proximité entre PME et frontière nationale n'a pas beaucoup d'effet sur le niveau d'internationalisation, expliquent les auteurs.

Les entreprises se situant près d'une frontière sont plus impliquées dans le commerce avec les régions transfrontalières mais cela n'implique pas une internationalisation active plus générale. Les firmes établies ont également plus de chances de commercer internationalement, affirme le rapport

Le plus haut pourcentage de PME internationalisées se trouve dans le commerce de gros, l'activité minière, la fabrication et la construction automobile, selon la recherche. Si l'on se penche seulement sur les exportations, l'activité minière, la fabrication, la vente de gros et la recherche sont les secteurs les plus engagés dans le commerce à l'étranger.

Coûts et paperasseries, barrières aux exportations

Les PME affirment que les principales barrières internes à l'internationalisation sont le prix de leur propre produit et les coûts importants que suppose l'exportation. Les barrières extérieures soulignées dans l'étude incluent le manque de capital, le manque de soutien public et le coût et les difficultés avec la paperasserie liée au transport.

Cependant, les incitatifs à commercer à l'international sont clairement exposés dans le rapport qui montre une forte corrélation entre le commerce extérieur et une croissance élevée. Ces compagnies sont aussi plus à même de créer de nouveaux emplois, selon le rapport.

Contexte : 

Le soutien aux PME, à l'innovation et à l'exportation a figuré en haut des priorités de la politique commerciale de l'UE ces dernières années, plusieurs programmes européens et nationaux de soutien destinés à soutenir le commerce international ayant été adoptés. La reprise de l'économie européenne cette année a été tirée par les exportations.

L'UE travaille pour monter un ensemble de bureaux dans les marchés d'exportation clefs, qui aidera à conseiller les PME qui souhaitent se développer à l'étranger (EurActiv 15/11/10).

Les deux dernières études sur l'internationalisation des PME ont résulté sur des constats divergents, amenant la Commission européenne à engager une consultance indépendante pour fournir une image remise à jour et détaillée du niveau d'internationalisation des PME européennes et recommander des moyens d'améliorer la situation.

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