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La Bank of Scotland fuit l'Irlande et met les PME dans le désarroi

Publié 20 août 2010 - Mis à jour 23 décembre 2011
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Les petites entreprises en Irlande craignent que la décision de l'une des principales banques britanniques de fermer ses opérations en Irlande ne les plonge dans une profonde crise du crédit d'ici la fin de l'année.

La décision de la Bank of Scotland pourrait forcer la fermeture de centaines d'entreprises car la banque n'offrira plus de fonds de roulement aux clients des entreprises. Une telle résolution menace de dévaster le secteur de l'hôtellerie dans lequel la Bank of Scotland est responsable pour environ 20 % de tous les emprunts.

Environ 5 % du portefeuille des prêts est composé de petites entreprises, qui pour la plupart risquent de fermer en raison de la réticence des autres banques à prêter aux PME.

Le fait est que contrairement aux mensonges et propagandes des banques, les PME pensent qu'il est presque impossible d'accéder aux crédits, a dit Mark Fielding, directeur d'ISME, un groupe de lobby d'entreprise.

Les hôtels face à la fermeture

Au moins 150 hôtels seraient en danger immédiat s'ils ne peuvent pas garantir de lignes de crédit d'autres banques. M. Fielding souhaite que le gouvernement mette la pression que les banques irlandaises pour qu'elles augmentent leurs prêts aux PME en échange d'un soutien continu de l'Etat.

Le secteur hôtelier irlandais est obstiné par l'offre excédentaire qui résulte des économies d'impôts pour encourager la construction d'hôtels. Le marché du tourisme interne a été fortement frappé par la baisse de la confiance des clients, et il a été également difficile d'attirer les touristes étrangers.

Paul Gallagher, qui travaille au sein d'un groupe industriel d'hôtels irlandais a dit que le retrait des services de fonds de roulement en décembre serait catastrophique, ajoutant que les autres banques sont peu susceptibles de prêter aux hôtels qui vont devoir se battre car la Bank of Scotland continuera d'avoir un pouvoir de revendication sur leursactifsjusqu'à ce que les prêts à recouvrer soient remboursés.

Des centaines d'emplois en danger

Les employés et les unions ont exprimé leur désarroi lors de l'annonce de la fermeture, car la banque avait offert des garanties selon lesquelles les emplois seraient sécurisés pour au moins 2 ans. On sait désormais que 36 emplois seront immédiatement perdus, et des centaines ont un avenir incertain.

Le Bank of Scotland a fermé sa branche d'opérations de masse Halifax plus tôt dans l'année, s'étant embarquée dans une expansion majeure à travers l'Irlande lorsque la bulle immobilière a explosé. La perte de 750 emplois environ en a été la conséquence.

Les responsables politiques de l'opposition ont dit que la fermeture était une accusation de la politique du gouvernement, mais la chambre de commerce irlandaise a dit qu'elle suivait simplement la tendance des banques internationales à disposer des actifs étrangers suite à la crise financière. 

C'est dans ce contexte que doit être perçue la décision de la Bank of Scotland, plutôt que comme un commentaire sur l'avenir de l'économie irlandaise, a affirmé un porte-parole.

Plus tôt dans l'année, la Bank of Scotland au Royaume-Uni a écrit à des dizaines de milliers de PME, les informant qu'elle ne paierait plus les intérêts sur leurs actuels soldes de comptes, bien que son propriétaire - Lloyds Banking Group- ait eu un profit de 1,6 milliard de livres (1,95 milliards d'euros) sur les six premiers mois de l'année.

Prochaines étapes : 
  • décembre 2010 : La Bank of Scotland doit fermer ses opérations en Irlande, transférant tous les prêts à recouvrir à son siège au Royaume-Uni et supprimant les fonds de roulement pour les clients des entreprises en Irlande.
Contexte : 

La crise  financière irlandaise a été plus profonde que dans le plupart des pays occidentaux en raison de l'effondrement de son marché immobilier, qui a commencé en 2007. La crise mondiale qui a suivi a exacerbé le problème, touchant les exportations et augmentant le chômage.

Les prix de l'immobilier et la valeur des biens immobiliers ont continué à dégringoler, éradiquant les comptes de patrimoine des banques d'Irlande, la plupart d'entre elles étant fortement exposées au marché immobilier. Le gouvernement irlandais a été forcé de renflouer les banques en nationalisant certaines institutions financières, en offrant des milliards en capital à d'autres et en introduisant un système de garantie pour les banques.

Le système de garantie controversé expire en septembre, mais les banques mettent déjà la pression pour qu'il soit prolongé. Le gouvernement irlandais s'était engagé à hauteur de milliards d'euros envers la banque anglo-irlandaise, ce qui a fait apparaître des marchés obligataires ce mois-ci, rendant plus cher pour l'Irlande d'emprunter de l'argent sur les marchés internationaux. La rumeur selon laquelle la Banque centrale européenne a du intervenir et acheter des obligations irlandaises a été largement répandue ces dernières semaines, mais la banque n'a pas commenté sur cette supposition.

L'Irlande a également introduit une structure de défaisance pour racheter systématiquement les emprunts non performants des institutions financières dans le but d'assainir les comptes de patrimoine des banques. Ceci a toutefois aggravé la charge à laquelle sont confrontés les contribuables irlandais.

Le professeur Patrick Honohan, le directeur récemment nommé de la banque centrale d'Irlande et ancien universitaire respecté, a dit que le coût de l'emprunt était plus élevé que ce qu'il souhaitait voir mais que la charge créée par le renflouage des banques était "gérable".

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