Un européen sur trois en âge de travailler est peu qualifiéou n’a aucune qualification informelle, ce qui leur donne 40 % de chances en moins d'être embauchés que ceux qui ont des qualifications moyennes, d'après les calculs dressés par un groupe d'expert.
Pas loin d'un tiers de la population européenne âgée de 25 à 64 ans n'a pas ou peu de diplômes universitaires et un quart d'entre elle a fait des études de haut niveau, d'après le rapport de l'initiative " Des compétences nouvelles pour des emplois nouveaux ".
Le document, écrit par un panel indépendant instauré par la Commission européenne, a été publié hier (4 février) et devrait faire partie d'une stratégie de nouvelle compétences qui devrait être lancée par l'exécutif de l'UE dans l'année.
Les travailleurs formés n'ont pas toujours les compétences adéquates que recherchent les employeurs, ce qui entraîne des disparités sur le marché de l'emploi.
Le chômage dans l'UE a atteint 9,6 % mais les travailleurs qualifiés sont considérablement moins susceptibles de se retrouver sans emploi. Des calculs émis par le rapport montrent également que les entreprises qui forment leur personnel sont 2,5 fois moins susceptibles de couler que celles qui ne le font pas.
Toutefois, les experts ont prévenu que la croissance des régimes et contrats de travail temporaires pourraient décourager les employeurs à investir dans la promotion des compétences.
Encourager la formation
Le rapport encourage les dirigeants européens à trouver le bon mélange d’incitants pour encourager les personnes et les employés à se préparer pour l'avenir par l'acquisition de nouvelles compétences.
Les compétences en matières de technologies de l'information et les compétences linguistiques sont importantes, mais la formation aux "métiers verts" l'est aussi – beaucoup d'entres eux n'existaient pas il y a peu de temps, d'après les experts rassemblés à Bruxelles pour une conférence sur les compétences.
Les experts en énergie et les architectes spécialisés dans les constructions durables correspondent souvent à des professions traditionnelles hybrides mais offrent peu d'opportunités pour les travailleurs qui souhaitent se recycler.
Les auteurs du rapport ont appelé à une meilleure coopération entre l'éducation et l'industrie pour anticiper les compétences demandées afin de réussir son entrée sur le marché du travail. Les initiatives de formation devraient se concentrer sur les résultats de l'apprentissage et les qualifications pertinentes, ont-ils affirmé.
Malgré les perspectives moroses, les nouvelles prévisions du Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (CEDEFOP) prédisent que 80 millions de nouvelles opportunités d'emplois vont apparaître dans les dix prochaines années.
S'exprimant à Bruxelles aujourd'hui, les fonctionnaires du CEDEFOP ont affirmé que presque 7 millions d'emplois concerneraient de nouveaux postes, et demanderaient des effectifs hautement qualifiés. La plupart des postes vacants devraient demander de grandes connaissances et d'excellentes compétences, ont-ils soutenu.






