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Le Marché unique va-t-il voir le retour du « plombier polonais » ?

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Publié 11 avril 2011, mis à jour 23 décembre 2011

Les personnes exerçant des métiers tels que guide touristique et plombier devraient pouvoir exercer dans tous les Etats membres grâce à des cartes d'identité professionnelles qui sont actuellement en proposition pour relancer l'Acte pour le marché unique cette semaine.

Cette semaine, le Parlement européen a accepté des résolutions sur l'Acte pour le marché unique, ce qui ouvre la voie au lancement de propositions concrètes par la Commission européenne mercredi prochain (13 avril).

La proposition du commissaire au marché intérieur, Michel Barnier, consistera en 12 initiatives clés qui devront agir comme des leviers pour la croissance économique de l'UE.

Certaines de ces initiatives ont déjà été acceptées, comme le projet d'introduire un système commun pour l'enregistrement des brevets, une proposition qui fera son chemin sans l'Espagne et l'Italie qui s'opposent au régime linguistique proposé.

Cartes d'identité professionnelles

D'autres initiatives tenteront de remettre d’anciennes idées au goût du jour. La directive relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles de 2005 abordait l'introduction de cartes d'identité professionnelles, mais l'idée n'a jamais été menée à son terme.

Un document de consultation, lancé en janvier cette année, demandait l'opinion des parties prenantes sur la mise en place d'une carte professionnelle européenne. Dans le même temps, un groupe de pilotage, composé de 32 experts issus de différentes professions, dont des guides de montagne, des sages-femmes et des pharmaciens, a été composé pour envisager la création de cette carte professionnelle européenne.

Cette semaine, la Commission européenne demandera à ce groupe de lui fournir des idées constructives pour qu'elle puisse en faire des réalités.

La proposition sur une carte d'identité professionnelle ravivera sans doute d'anciennes craintes au sein des pays d'Europe occidentale s'agissant de l'immigration. Au cours du référendum en 2005 sur la Constitution européenne en France, le « plombier polonais » incarnait les craintes populaires quant à l'arrivée d'une vague d'Européens de l'est sur le marché du travail.

Ces craintes trouvaient leur origine dans la directive sur les services qui a été largement allégée afin de répondre aux inquiétudes ressenties sur le marché du travail.

Il a ajouté : « La Directive sur les services a constitué un réel pas en avant mais elle doit marquer le départ d’un processus d’approfondissement du marché intérieur plutôt que sa disparition. Désormais, nous devons faire tomber les barrières qui entravent la reconnaissance des qualifications professionnelles, les droits relatifs à la propriété intellectuelle et les marchés publics.

Impôt des sociétés et taxes carbone

Concernant sa proposition clé sur les impôts, la Commission a décidé de continuer à plaider pour des taxes carbone à l'échelle de l'UE. Cette proposition sera présentée par le commissaire européen responsable de la fiscalité et des affaires douanières, Algirdas Šemeta, le même jour que la relance de l'Acte pour le marché unique mercredi.

Il présentera des propositions qui appellent à des régimes séparés pour les taxes sur le dioxyde de carbone et pour l'impôt sur la consommation s'agissant des carburants afin d'aider l'Europe a atteindre ses objectifs relatifs aux changement climatique et d'apporter une plus grande « cohérence fiscale » au marché intérieur.

La Commission avait déjà envisagé l'introduction d'une taxe carbone l'année dernière, mais ces propositions avaient été reportées suite aux inquiétudes exprimées par les Etats membres sur l'impact économique potentiel d'une telle mesure.

Bien que la Commission ait lancé des projets distincts pour une Assiette commune consolidée pour l'impôt sur les sociétés (ACCIS) en mars, cette proposition controversée ne sera mentionnée qu'en tant qu'élément secondaire dans le document sur le marché unique.

L'ACCIS, qui propose que les entreprises ne remplissent qu'une seule déclaration d'impôt européenne pour éviter un fardeau administratif inutile, est considérée par le gouvernement et les sociétés irlandais comme un affront à leur faible taux d'imposition sur les sociétés.

Ces propositions ont pour objectif de donner lieu à la relance concrète d'une législation clé de l'UE qui sera effectuée avant le 20e anniversaire de l'Acte pour le marché unique initié par Jacques Delors en 1992.

La Commission souhaite favoriser les initiatives qui, selon elle, peuvent mener à un réel progrès législatif avant cet anniversaire. L'ACCIS n’en fait pas partie.

 

Réactions : 

« Nous devons compléter le marché unique qui est l'essence même de l'économie européenne. Nous devons combler le fossé présent dans les domaines des services, des marchés publics et des 150 autres thèmes problématiques qui existent toujours. Le nouvel acte pour le marché unique devrait rendre nos économies plus compétitives, encourager la croissance et créer de l'emploi » a déclaré  le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek.

S’exprimant suite aux votes parlementaires, l’eurodéputé Malcolm Harbour (Conservateurs et Réformistes européens ; Royaume-Uni), le président de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, a déclaré : « Nous devons adopter une position commune sur le marché intérieur et la protection des consommateurs. C’est le plus grand atout de l’UE et nous devons mettre toute notre volonté politique en œuvre pour la rendre pertinente au sein d’une ère numérique et mondialisée. Cela a également le potentiel de favoriser la croissance et de créer les emplois dont l’Europe a besoin ».

Il a ajouté : « La Directive sur les services a constitué un réel pas en avant mais elle doit marquer le départ d’un processus d’approfondissement du marché intérieur plutôt que sa disparition. Désormais, nous devons faire tomber les barrières qui entravent la reconnaissance des qualifications professionnelles, les droits relatifs à la propriété intellectuelle et les marchés publics. Les petites entreprises doivent bénéficier d’une confiance suffisante pour offrir leurs produits et services à 500 millions de consommateurs dans un environnement très concurrentiel ».

Mais il a également exprimé la nécessité de rester prudents : « Je ne suis pas d’accord sur tous les points des rapports du Parlement, tels que les propositions visant à établir une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, mais il était important d’assurer un large accord politique pour les principes généraux contenus dans ces rapports ».

« Nous discuterons des détails plus tard mais nous avons maintenant la volonté politique de toutes les institutions majeures et des gouvernements de l’UE pour revitaliser le Marché unique en tant que priorité au sein de nos projets de reprise économique. Ma commission avancera désormais sur ces projets avec un grand enthousiasme », a conclu M. Harbour.

Gerhard Hümer, qui représente l’Association européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME), a déclaré : « Nous saluons le mécanisme de coopération renforcée voué à résoudre la question du brevet, parmi d’autres initiatives contenues dans le texte. Cependant, nous pensons que le message clé à renforcer de la part de la Commission, plus important que les 12 points du titre, est la mise en œuvre des réglementations existantes sur le marché unique. Il reste encore tellement de cas flagrants de violations de cette gouvernance ».

Carl Cederschiöld, président du Centre européen pour les employeurs et les entreprises (CEEP), a affirmé que les propositions sur les services d’intérêt général dans l’ébauche du texte de la Commission n’allaient pas assez loin.

Il a déclaré : « Les services d’intérêt général sont indispensables pour un relancement réussi du Marché unique et de la croissance, mais les mesures proposées ne sont pas suffisantes pour atteindre ces objectifs. C’est pourquoi le CEEP a pris l’initiative d’ajouter des propositions supplémentaires, appelées « Acquis+ pour les services d’intérêt général », vouées à combattre les incertitudes juridiques présentes dans les propositions ».

Prochaines étapes : 
  • 13 avril : le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, présentera le texte. Il appellera ensuite le Parlement à adopter au plus vite toute mesure législative proposée.
  • D’ici l’automne 2012: le commissaire Barnier espère que la nouvelle législation requise par ses propositions aura été adoptée.
Contexte : 

Le Marché unique et ses quatre libertés de circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux est l’un des avantages européens les plus compétitifs. Cependant, il a peu progressé ces derniers temps et les dirigeants d’entreprises ont demandé qu’il soit complété de manière à exploiter pleinement le potentiel de l’UE.

La Commission a présenté des projets pour un Acte sur le marché unique en octobre, offrant une liste de 50 propositions qui pourraient être mises en œuvre au cours des deux prochaines années.

Les propositions vont de la simplification de la procédure d’immatriculation d’une voiture dans un autre pays de l’UE à la création d’une carté d’identité professionnelle européenne pour favoriser le développement transfrontalier des affaires. Suite à un débat public de quatre mois et à une discussion sur la liste de 50 points au Parlement européen, le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, devrait désormais faire des propositions législatives concrètes.

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