Le rapport publié vendredi (14 octobre) confirme les divergences profondes entre, d'une part, les pays du Nord et de l'Ouest de l'Europe, et d'autre part les pays européens du Sud et de l'Est.
D'après ce rapport, la productivité du travail et l'innovation se situent bien au-dessus de la moyenne dans certains pays comme l'Irlande ou l'Allemagne, alors que d'autres pays comme la Bulgarie ou l'Espagne présentent de sérieuses lacunes dans ces domaines.
Même si ces différences sont déjà bien connues, le tableau de résultats revêt une signification toute particulière, dans le sens où il a été conçu pour prévenir la répétition de la crise de la dette grecque. Ce tableau examine en effet les déséquilibres macroéconomiques au sens large qui menacent les autres pays de l'UE.
Le tableau fait partie du nouveau paquet sur la gouvernance économique, qui inclut une restructuration du pacte de stabilité et de croissance visant à limiter la dette publique et les déficits dans la zone euro. Ce nouveau paquet devrait accroître encore davantage la pression sur les Etats membres pour les forcer à maintenir leurs déficits budgétaires sous la barre des 3 % du PIB.
Dans le cadre du nouveau mécanisme de surveillance, la Commission peut à présent initier des « procédure concernant les déséquilibres excessifs » et proposer des sanctions économiques à l'encontre des Etats dont les déséquilibres structurels ne sont pas corrigés.
Ces sanctions peuvent être mise en oeuvre en deux étapes : la première serait la constitution de dépôts portant intérêt par les Etats membres qui ne respectent pas les mesures correctives recommandées.
« Dans le cas d'un second manquement aux normes, ce dépôt pourra se transformer en une amende (qui pourra atteindre jusqu'à 0,1 % du PIB). Des sanctions supplémentaires pourront également être appliquées si l'Etat présente à deux reprises un plan d'action insuffisant », souligne la Commission européenne.
Indicateurs clés
Dans la première application de ce cadre de surveillance, la Commission a distingué trois indicateurs : la productivité du travail, l'innovation et les charges bureaucratiques pour les entreprises.
En termes de productivité du travail dans le secteur manufacturier, l'Irlande se place largement en tête de liste, suivie des Pays-Bas et de l'Autriche, également au-dessus de la moyenne. A l'autre bout du classement, on retrouve la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, et la Roumanie, où la productivité du travail est nettement inférieure.
Quant à l'innovation, la Commission européenne a félicité l'Allemagne et le Luxembourg pour leur part d'entreprises innovantes supérieur à 60 % du nombre total d'entreprises. En bas de l'échelle se trouvent la Hongrie, la Lettonie et la Pologne, dont moins d'un tiers des entreprises sont considérées comme innovantes.
Le fardeau de la bureaucratie
La lutte contre les charges administratives est l'une des priorités de l'exécutif européen qui souhaite accroître la compétitivité des Etats membres et de l'Union européenne dans son ensemble.
La Grèce, la Hongrie, l'Italie et le Portugal se retrouvent en bas du classement, dans la mesure où leurs systèmes réglementaires sont extrêmement pesants pour les entreprises, d'après un sondage réalisé auprès de cadres et de dirigeants d'entreprises. En revanche, Le Danemark, l'Estonie et la Finlande sont les pays de l'UE où les entrepreneurs sont les mieux accueillis.
Pour contrer l'impact négatif de la paperasserie sur le développement des entreprises, la Commission préconise « l’allégement de la charge législative et administrative découlant de la fiscalité », en renforçant par exemple « la transparence et en réduisant la complexité de la fiscalité et des règlements de mise en conformité, en simplifiant les
procédures de paiement, notamment à travers l’utilisation d’outils d’administration en ligne, et en assurant la stabilité de la législation fiscale », peut-on lire dans un document publié par la Commission conjointement au rapport sur la compétitivité.
Controverse sur la présentation du rapport
Mis à part son contenu, le rapport de la Commission sur la compétitivité a suscité une controverse concernant l'endroit où il a été officiellement présenté.
Vendredi dernier (14 octobre), le commissaire à l'industrie, Antonio Tajani, a décidé de publier le rapport à Rome plutôt qu'à Bruxelles, où les initiatives de la Commission sont habituellement rendues publiques, et où se trouvent la plupart des acteurs de la presse spécialisée sur l'UE.
Des représentants de l'International Press Association (IPA) ont déploré que les correspondants de presse établis à Bruxelles n'aient pas pu assister à la présentation du rapport ni poser leurs questions au commissaire.
Des proches de M. Tajani se sont dit surpris de ces critiques, étant donné que le rapport a été présenté à l'association de la presse étrangère à Rome. Ils ont également précisé que la présentation du rapport de la Commission sur l'industrie s'était déroulée à Berlin l'année précédente, coupant ainsi court aux reproches de la presse bruxelloise.







