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Le SBA se concentre sur la paperasserie, les finances et l'imposition

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Publié 24 février 2011, mis à jour 15 mars 2011
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Small Business Act

Aujourd'hui (23 février), la Commission européenne a publié la très attendue révision du Small Business Act, promettant d'en faire davantage pour réduire la paperasserie, améliorer l'accès au financement et tenter d'harmoniser les systèmes d'imposition entre les Etats membres de l'UE.

En aiguisant ses priorités pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), la Commission s’est engagée à formuler 29 recommandations pour cibler l’impact de l’acte crée il y a deux ans.

 « L’élan va vers la simplification. C’est un élément qui est très important pour les PME », a déclaré Antonio Tajani, le commissaire européen responsable des entreprises et de l’industrie.

Les petites et moyennes entreprises (PME), celles qui comptent un maximum de 250 employés, ont été frappées par la récession et le resserrement du crédit et leur reprise est essentielle pour l’Europe. Ces PME emploient plus de deux tiers de la main-d'oeuvre en Europe et sont le premier moteur de croissance de l’économie.

Le Small Business Act compte 10 principes directeurs, dont l’amélioration de l’accès aux financements, la mise en place de règles en matière de faillite afin de donner une seconde chance aux entrepreneurs, et le perfectionnement des compétences.

La publication de la révision était théoriquement prévue pour décembre mais elle a été reportée et reformulée à plusieurs reprises lors du positionnement politique. Et ce qui a été supprimé était aussi intéressant que ce qui a été conservé.

M. Tajani a souligné quelques recommandations, dont la réduction des délais et des coûts pour démarrer une entreprise à un maximum de trois jours et 100 euros. Il a également déclaré que l’UE renforcerait son programme de garantie des prêts et qu’elle augmenterait l’accès des PME aux contrats avec les gouvernements.

Les groupes de PME appellent à une action rapide

Les défenseurs des petites entreprises ont semblé plutôt satisfaits de la version finale mais ont souligné que les paroles ne valaient pas grand-chose. « Il s’agit vraiment d’un pas en avant mais il doit être équilibré par une augmentation des fonds. Sans cela, ce ne sont que des mots », a déclaré Andrea Benassi, secrétaire général de l’Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME)

Il a déclaré que l’UE dédiait environ 500 millions d’euros aux programmes en faveur des PME, mais que savoir si ces fonds atteignaient bien les PME était une autre question. Son organisation a demandé de doubler ce montant dans le prochain cycle budgétaire pour répondre aux demandes croissantes.

L’Alliance européenne des petites entreprisesa applaudi l’accent mis par la Commission sur le fait de tester l’impact des nouvelles propositions sur les PME en prenant en compte les différences en termes de taille d’entreprises.

 « Nous sommes très satisfaits de cet engagement concernant le test sur les PME, car nous pouvons repérer si elles ne s’y soumettent pas », a déclaré Patrick Gibbels, le représentant de l’organisation à Bruxelles.

Assiette commune pour l’impôt des sociétés et TVA

L’une des mesures les plus controversées est un projet de proposition législative pour une assiette européenne de l’impôt sur les sociétés et une nouvelle stratégie pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La Commission a dit qu’elle souhaitait réduire les obstacles liés à l’imposition pour les PME.

Cependant, une telle proposition, récemment amenée par l’Allemagne et la France, se heurtera sûrement à des obstacles.

« Cela pourrait faire grimper les coûts de mise en conformité pour les plus grandes entreprises et mettre fin à terme à la compétitivité fiscale dans l'UE », a écrit l'eurodéputé conservateur britannique, Malcolm Harbour, qui préside la commission du marché intérieur au Parlement européen.

Certains des plus récents ajouts à l'ébauche de janvier furent effacés par la suite, y compris des projets pour renforcer le rôle de l'ambassadeur des PME, Daniel Calleja Crespo, dans le contrôle de l'application du test sur l'évaluation de l'impact. La recommandation visant à réduire le délai à un maximum de trois ans d'ici 2013 pour l'acquittement des dettes d'une société en faillite a également été supprimée.

Les nouvelles initiatives du rapport final comprennent :

  • l’adoption d'une initiative pour l'entreprenariat social qui se concentre sur les entreprises qui poursuivent des objectifs sociaux d'ici la fin de l'année.
  • La proposition un instrument du droit européen des contrats pour les PME qui veulent s'introduire sur de nouveaux marchés.
  • L’établissement d’une procédure uniforme pour faciliter le recouvrement des dettes à travers les frontières.

« Beaucoup de choses ont été accomplies par la Commission, mais il reste beaucoup à faire si nous voulons sortir de la crise aujourd'hui », a déclaré M. Tajani.

Réactions : 

Le Royaume-Uni, la Belgique et l'Italie ont publié une déclaration commune à ce sujet : « Nous demandons à la Commission de jouer son rôle dans le renforcement du Small Business Act en : s'assurant que les décisions prises à Bruxelles améliorent le contexte dans lequel opèrent les PME et en permettant une échange d'idée plus transparent et régulier entre les Etats membres. La Commission devrait organiser un forum pour que les ministres en charge des petites entreprises puissent partager leurs expériences. Cela permettrait de mettre sur pied un mécanisme pratique visant à améliorer la visibilité des politiques pour les PME à travers l'Europe, à diffuser les meilleures pratiques et à encourager une action efficace ».

L'European Small Business Alliance a déclaré : « Certaines améliorations claires ont été réalisées. L'ESBA salue particulièrement l'engagement de longue date de la Commission à améliorer la mise en application du test d'évaluation des impacts pour les PME. Les recommandations de l'ESBA visant à établir une distinction claire entre les micro-entreprises, les petites entreprises et les entreprises de tailles moyennes lors de l'application du test ont été entendues et inclues dans le document ».

EuroChambres, qui représente les chambres du commerce dans 45 pays, a approuvé l'accent qui est mis sur la gouvernance et a salué le fait que la révision du SBA insiste sur les trois domaines prioritaires : l'amélioration de l'accès au financement, le renforcement de l'accès au marché et une meilleure réglementation. « Nous attendons maintenant des Etats membres qu'ils approuvent la révision et qu'ils confirment être prêts à mettre en œuvre ce qui a été décidé lors du prochain Conseil Compétitivité », a déclaré Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d'EuroChambres.

L'eurodéputé britannique conservateur, Malcolm Harbour, le président de la commission du marché intérieur du Parlement européen, a commenté : « La révision du SBA publiée aujourd'hui contient un bon nombre d'exemples de bonnes pratiques au sein des Etats membres. Toutefois, tous les Etats membres n'ont pas mis en œuvre beaucoup des suggestions présentées par la Commission ».

Il s'est également montré prudent s'agissant de l'introduction par la Commission d'une assiette commune consolidée pour l'impôt, expliquant que cela pourrait faire grimper les coûts de mise en conformité pour les plus grandes entreprises et mettre fin à terme à la compétitivité fiscale dans l'UE.

BusinessEurope, une association professionnelle qui représente les grandes et les petites entreprises a déclaré : « Deux ans après son adoption, la mise en pratique du SBA peut être considérée dans l'ensemble comme un travail en cours. Toutefois, de bons résultats coexistent avec des retards inquiétants ».

Les premières priorités de l'organisation sont la réduction des tracasseries administratives, le statut de société privée européenne, une meilleure stratégie pour le commerce international et l'accès aux crédits.

« Le Small Business Act est aussi bon que sa mise en œuvre. Nous ne pourrons avoir une Europe favorable aux PME que lorsque le SBA pourra être appliqué dans la pratique. Nous devons agir à tous les niveaux de la gouvernance, que ce soit au niveau de l'UE, national ou local, pour que ça marche et fournir aux PME un marché intérieur plus intégré. Toutes les nouvelles législations devront donc prendre en compte ces principes », a expliqué Jonathan Zuck, le président de l'Association for Competitive Technology (ACT).

La YES, European Confederation of Young Entrepreneurs (Confédération européenne des jeunes entrepeneurs)a déclaré dans un communiqué de presse qu'elle saluait l'accent qui était mis sur l'amélioration de l'accès aux financements pour les PME via un régime renforcé de garantie de prêts. Elle s'est également dite très satisfaite de l'annonce de la Commission sur l'adoption d'un plan d'action pour l'amélioration de l'accès des PME au capital-risque et aux marchés publics.

D'autre part, la YES a critiqué le manque d'attention accordée aux jeunes entrepreneurs et aux start-ups en demandant des stratégies nationales sur l'éducation à l'entreprenariat.

Refocusing priorities: Tajani
Contexte : 

La Commission européenne a proposé le texte du Small Business Act (SBA) en juin 2008 et il fut adoptépar le Conseil européen en décembre de la même année (EurActiv 02/12/08).

L’idée initiale était de mettre les PME au premier plan de la prise de décision et d’axer la politique visant à favoriser la création de nouveaux emplois sur les PME plutôt que sur les grandes entreprises. Cette initiative est prise alors que des craintes se font sentir concernant licenciements massifs en raison de la concurrence des pays à bas salaires en Asie.

Toutefois, l’actuelle crise économique et financière a entraîné la mise en place de mesures destinées à assurer la survie des petites entreprises, qui ont été sévèrement touchées par l'effondrement des banques et la baisse des liquidités sur le marché.

Environ 99 % des entreprises de l’UE sont des PME, comptant pour à peu près 70 % des emplois et du PIB de l’UE, et leur flexibilité est considérée comme un moteur majeur pour de futures innovations et créations d’emplois.

L’exécutif européen a d’ores et déjà révisé la directive sur les retards de paiement en accord avec l’engagement pris dans le SBA (EurActiv 09/04/09), bien que les groupes d’entrepreneurs continuent à se plaindre des délais.

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