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Les gouvernements cherchent à aider les PME innovantes

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Publié 24 août 2010, mis à jour 23 décembre 2011

Les gouvernements européens redoublent d'efforts pour dynamiser l'innovation en amont de la publication de la stratégie de l'UE pour l'innovation et la recherche, qui doit paraître le mois prochain. Le réseau EurActiv étudie comment les petites entreprises européennes peuvent faire partie de l'écosystème d'innovation.

Les gouvernements ont introduit un éventail de systèmes pour aider les petites entreprises, y compris des crédits d'impôts pour l'investissement dans la recherche, le développement de centres d'innovation, le soutien aux investisseurs privés et aux systèmes liant les PME avec les universités et les industries.

La stratégie d'innovation de l'UE - prévue pour septembre -  devrait traiter bon nombre de ces questions, bien qu'il y ait surtout un débat pour savoir si le projet sera un modèle pour les entreprises ou un charte pour les chercheurs.

Les groupes d'entreprises ont insisté sur le fait que protéger les brevets devrait être au cœur de la stratégie pour l'innovation à venir (EurActiv 09/08/09), alors qu'il y a eu des critiques selon lesquelles l'entreprenariat n'aurait pas une place suffisamment importante dans le projet final (EurActiv 07/05/10).

Même avant la crise, l'accès au capital risque était un facteur limité dans l'écosystème d'innovation européen. Par ailleurs, les PME trouvent qu'il est onéreux de défendre la propriété intellectuelle et elles ont du mal à puiser dans les budgets de recherche de l'UE.

Alors que les budgets nationaux subissent une pression sévère en Europe, des efforts ont été réalisés pour préserver les fonds dédiés à la R&D qui a été conçu pour stimuler l'innovation. Toutefois, les politiques nationales varient fortement dans l'UE - ce que le nouveau projet de Bruxelles pourrait essayer de simplifier.

La France veut suivre l'exemple allemand

L'innovation est considérée comme insuffisante en France et les PME ont besoin de dynamiser leurs exportations, un domaine dans lequel les Français sont à la traîne, derrière les Italiens et les Allemands. Par conséquent, le besoin d'augmenter l'investissement dans la R&D - actuellement de 2,08 % du PIB - est primordial en France même en temps de crise.

La France prévoit de suivre le modèle allemand afin de rendre les PME plus compétitives. Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au commerce et aux PME a promu des brevets de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) et les crédits d'impôts recherche comme d'importants outils pour améliorer l'innovation dans les PME.

Le comité Richelieu, une association française pour les PME innovantes, a publié une étude en juillet 2010 présentant les principales inquiétudes de ses membres, qui soutiennent les crédits d'impôts recherche ainsi qu'un Small Bunisess Act pour les PME. 

Le crédit d'impôt recherche est devenu le symbole du "bon cadre règlementaire", d'après CGPME (confédération générale des PME). Néanmoins, il y a un manque d'information, que la confédération essaie de résoudre en créant des comités d'innovation locaux.

Les PME françaises ont des problèmes de capitaux en raison de leur petite taille ou de leur système d'impôts, a confié CGPME à EurActiv.fr. Enfin et surtout, la confédération constate qu'il y a trop d'entités qui travaillent sur l'innovation aujourd'hui - ce qui n'aide pas à avoir une vision claire pour les PME.

L'Allemagne veut des crédits d'impôts pour les entreprises innovantes 

Georg Schütte, secrétaire d'Etat allemand au ministère fédéral allemand de l'éducation et de la recherche, a dit espérer que le plan Europe 2020 aiderait à combler le "fossé de l'innovation". Dans un entretien avec EurActiv, il a souligné que des liens renforcés entre l'industrie et les universités aideraient à commercialiser les découvertes des recherches - ce dont les PME peuvent espérer bénéficier.

Bund der deutschen Industrie(BDI), la voix de l'industrie allemande, souhaite que les crédits d'impôts pour les entreprises investissent dans la recherche.

L'innovation est l'avenir de l'Allemagne : les produits innovants et les services commercialisés à des prix compétitifs sont décisifs pour les créations d'emplois, pour accroître la prospérité et la qualité de vie [...] La Commission européenne a encouragé les Etats membres à introduire un soutien fiscal pour les dépenses de R&D. Le BDI appelle à un crédit d'impôt s'élevant à 10 % des dépenses totales en R&D d'une entreprise, a affirmé un porte-parole.

L'investissement à long terme dans la R&D n'a pas été une priorité récemment pour les petites entreprises, en particulier à cause de la crise économique. Une étude sur l'innovation dans le secteur des PME par " The Fraunhofer-Institute for Production Systems and Design Technology IPK Berlin" a conclu que les PME n'utilisent pas tout leur potentiel d'innovation en raison de lacunes dans la gestion de l'innovation à long terme.

Seulement 30 % des entreprises donnent à leurs employés suffisamment de temps pour développer de nouvelles idées, tandis que moins de 50 % ont un processus d'innovation défini. En effet, 60 % ont des problèmes à mettre en œuvre correctement les innovations, révèle l'étude.

Le Royaume-Uni veut créer une culture d'entreprise

Un rapport d'expert préparé pour l'ancien gouvernement au Royaume-Uni a appelé à la création de centres de technologie et d'innovation élitistes et axés sur les entreprises. Ces centres sont conçus pour effectuer des recherches mais impliquent également les PME car ils apportent des conseils sur les financements, la commercialisation et la propriété intellectuelle.

Le nouveau gouvernement britannique devrait poursuivre cette politique, en dépit de la nécessité de contrôler les dépenses publiques. Le ministre du commerce Vince Cable a insisté sur le besoin de soutenir l'entreprenariat malgré l'importance des réductions budgétaires.

Le département de M. Cable pour le commerce, l'innovation et les compétences s'est engagé à soutenir des marchés libres et ouverts, ainsi qu'à promouvoir le commerce et l'innovation à travers l'entreprenariat et l'engagement individuel dans l'économie. 

La nouvelle coalition conservatrice libéral démocrate s'est également engagée à créer une culture de l'entreprise où ceux qui sont talentueux et inspirés peuvent transformer leurs idées dans des entreprises fructueuses. Réduire la bureaucratie et offrir des primes aux start-ups font partie des promesses.

L'Irlande veut augmenter les apports des investisseurs privés

Suite au remaniement du gouvernement qui a eu lieu cette année en Irlande, le ministre des entreprises s'est vu accorder de plus larges attributions, ce qui coïncide avec la publication d'un rapport détaillé  par un groupe de travail sur l'innovation désigné par le gouvernement.

La commissaire de l'UE chargée de l'innovation Maire Geoghegan-Quinn a salué le document, affirmant que ses services était actuellement en train d'être révisés et donneraient leur feedback en temps voulu. Le groupe de travail comprend des représentants de l'industrie, des universités et du gouvernement.

Notre but est que d'ici 2020 l'Irlande ait un nombre considérable de grandes entreprises innovantes d'importance mondiale, qui aient toutes une empreinte mondiale, et dont la plupart auraient leur siège et leur propriétaire en Irlande, a dit le groupe.

L'Irlande, qui subit actuellement une profonde récession économique et une crise bancaire, met en avant sa démographie en hausse, son système d'éducation et son environnement règlementaire favorable aux entreprises comme de bonnes raisons de se montrer optimiste sur le long terme.  

Le rapport appelle à encourager le financement des investisseurs privés, à un nouveau système de capital d'amorçage et une série d'initiatives fiscales pour inciter à financer les start-ups.

Il a également été proposé de réformer la législation sur la banqueroute pour encourager l'entreprenariat, mettre en place de meilleurs systèmes de  protection de la propriété intellectuelle et se concentrer davantage sur la conception de produits.

Les PME tchèques veulent assurer des projets innovants financés par l'UE

Les PME tchèques pensent également que les entreprises innovantes devraient recevoir de l'argent de l'UE pour des projets innovants bien conçus. Recevoir des fonds pour de bons projets n'est pas réaliste, a dit Karel Havlíček de l' Association of Small and Medium-Sized Enterprises and Crafts CZ (association tchèque des PME et de l'artisanat).

Toutefois, Radim Kudla, chef du service de prospection commerciale chez PHONEXIA, une entreprise de technologies, déplore qu'il n'y ait pas suffisamment de soutien pour les entreprises émergeantes. Nous aimerions qu'il y a un éventail plus large de programmes de subventions conçus pour les start-ups et les petites entreprises innovantes, a-t-il affirmé.

Cependant, M. Havlíček a fait remarquer que les PME tchèques n'avaient en général pas suffisamment d'argent pour investir dans l'innovation, et déplore qu'il n'y ait pas assez de soutien pour les entreprises innovantes. Le but principal n'était pas de réparer seulement la partie émergée de l'iceberg, a-t-il dit, expliquant que les banques tchèques étaient de plus en plus en danger dans le climat économique actuel.

Petr Chládek, directeur de la stratégie régionale d'innovation au South Moravian Innovation Centre (JIC), a dit qu'il pouvait être difficile pour les PME de travailler avec les universités et les instituts de recherche. Il a déploré que les entreprises ne soient pas capables en général de formuler leurs demandes de manière adéquate lorsqu'ils négocient avec les universités, qui ne sont pas suffisamment souples.

La Slovaquie, innovatrice modérée

Selon les chiffres de 2006, seul un quart des entreprises slovaques sont actives dans le domaine de l’innovation. La majorité (56%) de ces entreprises innovantes compte plus de 250 employés. Seulement 19,2% des micro-entreprises (celles qui comptent moins de 50 employés) et 34,4% des entreprises de taille moyenne (qui comptent moins de 250 employés) innovent.

Le Tableau de bord européen de l’innovation (TBEI) de 2009 identifie la Slovaquie comme une innovatrice modérée, avec des performances d’innovation en dessous de la moyenne des 27 pays de l’UE. Toutefois, dans les précédentes versions du TBEI la Slovaquie appartenait au groupe des pays « en retard », dont les performances d’innovation étaient bien en dessous de la moyenne des 27 pays de l’Union.

Selon l’Inno Policy Trendchart de 2009, les faiblesses majeures des performances d’innovation slovaques concernent les dépenses publiques et de R&D des entreprises, les PME internes innovantes, les brevets de l’Office européen des brevets et l’emploi au sein des exportations à haute intensité cognitive et les services d’exportations à forte intensité de connaissances.

Selon les données gouvernementales, la Slovaquie dépense actuellement environ 1,2% de son PIB dans la R&D et l’innovation. La Slovaquie faisait partie des pays de l’UE qui ont exprimé des inquiétudes par rapport au fait que la cible de 3% pour l’investissement dans le secteur de la R&D de la stratégie Europe 2020 est impossible à atteindre.

Le problème principal repose sur le déficit d’infrastructure de l’innovation et le financement du capital risque. La Slovaquie fait face à un manque de synergie entre les cinq éléments principaux qui contribuent au potentiel d’innovation d’une région : les universités, les entreprises, les médias, les initiatives gouvernementales et les ONG. Les retombées favorables des universités sont donc invisibles ; les investissements de départ dans les jeunes entreprises sont inexistants.

La plupart des idées innovantes sont publiées mais restent à l’état de projets. Les investisseurs privés sont très rares et manquent d’organisation. Les financements du capital risque opérant en Slovaquie ont le plus souvent un rôle d'audit et ne fournissent ni savoir-faire ni contacts.

Afin de traiter certains de ces problèmes, un nouveau projet a été lancé au début du mois de juin - Boosting the Innovation of Small and Medium-sized Enterprises (BISMES), qui est coordonné par la National Agency for Development of SMEs (NADSME, l’agence nationale pour le développement des PME), un membre du Réseau de soutien européen aux entreprises et financé par le Competitiveness and Innovation Framework Programme (CIP, le programme pour la compétitivité et l’innovation).

Le but de ce projet est de sensibiliser les PME à l’innovation, d’augmenter la coopération régionale entre les différents fournisseurs de services, de fournir les informations nécessaires à propos des innovations et de leurs financements etc.

Les pratiques innovantes en plein essor en Bulgarie

La part des entreprises bulgares qui déclarent des activités innovantes culmine à 71% en 2009, alors qu’elle ne représentait que 43% en 2008. Ces statistiques font partie de l’enquête la plus approfondie et la plus récente sur les activités innovantes au sein des entreprises bulgares, qui a été publiée au début de l’année 2010.

L’enquête, intitulée “Innovation.bg 2010: The Innovation Policy of Bulgaria - Opportunities for the Next Decade” a été menée par l’Applied Research and Communications Fund (ARC FUND, le fonds pour la recherche appliquée et les communications) qui fait partie du Réseau de soutien européen aux entreprises – Bulgarie.

Les innovations concernant les méthodes comptent pour environ 19% des activités innovantes des entreprises bulgares. La proportion des entreprises ayant lancé des services nouveaux et améliorés a été de 26% l’année passée. La plupart des technologies introduites par les PME bulgares sont empruntées aux partenaires étrangers.

Les résultats des activités liées aux brevets et aux licences des entreprises bulgares montrent qu’il n’existe pratiquement pas d’innovation de méthodes ou de produits ayant une portée internationale en Bulgarie.

Le rapport d’ARC FUND  montre que les mesures prises par le gouvernement bulgare pour soutenir l’innovation en tant que facteur majeur dans la lutte contre la crise et le maintien d’une croissance économique durable sont inadéquates.  

Un des problèmes identifiés par l’enquête est le suivant : les fonds de l’UE destinés au développement de l’innovation, des sciences et technologies sont parmi les moins utilisés, même dans un contexte global d’utilisation léthargique des fonds européens.

Angel Milev, directeur du programme de l’ARC FUND et coordinateur du Réseau de soutien européen aux entreprises – Bulgarie, a dit que la Bulgarie nécessitait une politique de l’innovation modernisée et intégrée à la stratégie économique, si l’on veut atteindre l’objectif de dépenses pour la R&D.

Contexte : 

L’innovation est présentée comme la clé qui va permettre à l’Europe de sortir du marasme économique et la remettre sur les rails de la croissance durable. L’innovation est au cœur de la stratégie Europe 2020 et va se retrouver au centre des débats le mois prochain, avec la publication de la stratégie sur l’innovation de la Commission européenne.

En raison de la flexibilité liée à leur taille, les PME innovantes sont perçues comme une manière efficace de mettre des idées sur le marché (EurActiv 17/04/09).

Toutefois, les difficultés pour obtenir des financements pour investir dans la recherche et le développement de produits ont freiné l’innovation dans le secteur des petites entreprises.

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