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Michel Barnier présente quatre moteurs de croissance dans l’Acte pour le marché unique II

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Publié 04 octobre 2012, mis à jour 05 octobre 2012

Mercredi (3 octobre), la Commission européenne a présenté l’Acte pour le marché unique II pour améliorer le fonctionnement du marché unique et soutenir la croissance et la création d’emplois en Europe.

Malgré son introduction il y a 20 ans, le marché unique européen n'est pas pleinement réalisé et a besoin d'être révisé. La Commission considère en effet le marché unique comme une pièce essentielle du programme européen de croissance, face à la crise économique actuelle.

De 1992 à 2008, le marché unique a permis de créer 2,77 millions d'emplois et d’accroître le PIB de 2,13 %.

« Le temps est compté. Les gens s'attendent à une croissance. Ils s'attendent à un espoir économique », a déclaré Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur.

La nouvelle proposition de la Commission contient douze actions prioritaires devant être adoptées rapidement par les institutions européennes pour développer le marché unique.

Ces actions s'articulent autour de quatre grands vecteurs de croissance, de création d'emplois et de confiance : des réseaux intégrés, la mobilité des citoyens et des entreprises entre les États membres, l'économie numérique et des actions pour renforcer la cohésion et les avantages pour les consommateurs.

La Commission souhaite par exemple créer un marché concurrentiel des services nationaux de transport ferroviaire de passagers et un marché unique dans le domaine des transports maritimes. A l'heure actuelle, un bateau qui part de Rotterdam vers Marseille est soumis à la même règlementation, aux mêmes problèmes et difficultés qu'un bateau naviguant entre la Chine et Marseille.

Pour les entreprises, la Commission propose des règles européennes d'insolvabilité plus modernes, ainsi que des règles de « seconde chance », dans la mesure où dans 50 % des cas, la durée de vie des entreprises ne dépasse pas 5 ans.

L'économie numérique jouera également un rôle important pour aider l'Europe à sortir de la crise. Quelque 35 % des internautes n'achètent toujours pas en ligne parce que le mode de paiement les inquiète. La Commission propose donc des services de paiement plus efficaces.

Atout majeur s'il y a une volonté politique

L'Acte pour le marché unique I a été adopté en 2011 pour répondre à la crise et favoriser la croissance.

Il proposait 12 leviers pour stimuler la compétitivité européenne et réaliser le potentiel inexploité du marché unique, afin de générer une croissance économique durable et de créer des emplois.

Mais les conséquences de la faiblesse de l’économie continuent de peser sur l'Europe. Selon la Commission, la croissance doit être ravivée, dans la mesure où le taux de chômage demeure élevé, surtout chez les jeunes, et où une partie de la population européenne vit dans la pauvreté.

« Si nous voulons affronter la crise, consolider l'Europe d'un point de vue budgétaire et lutter contre le chômage, nous devons trouver de la croissance en Europe. Nous devons trouver des moyens de croissance dans le marché unique », a indiqué une source de l'UE.

« Nous ne disposons pas de ressources naturelles, mais notre marché unique et ses 500 millions de consommateurs est notre principal atout. Nous devons exploiter pleinement ce marché unique », a-t-elle ajouté.

Le 4 octobre, le Parlement européen et le Conseil adopteront la première proposition de normalisation dans le domaine des services. Michel Barnier a affirmé qu'il s'attendait à ce que 5 des 12 propositions soient adoptées avant la fin de l'année « s'il y a une volonté politique ».

« Nous aimerions que l'Europe redevienne une base de production et pas seulement une terre de consommation », a-t-il ajouté.

« Tout cela sera plus ou moins efficace si la base est solide,  si le plancher n'est pas fracturé en 27 législations administratives, fiscales ou bureaucratiques différentes ou concurrentes. Le plancher de la croissance, c'est le marché unique. Ce plancher doit être cohérent et c'est cela que nous visons par toutes ces propositions. »

M. Barnier a jouté que l'Acte pour le marché unique II s'appuyait sur le travail de Mario Monti qui avait déterminé les forces et les faiblesses du marché intérieur en 2011.

« Mario Monti disait que ce marché unique était de plus en plus nécessaire et de moins en moins populaire. Je pense que notre rôle d'hommes politiques responsables européens, quand quelque chose est nécessaire [...] est d'agir pour qu'il devienne populaire », a ajouté M. Barnier.

Réactions : 

Philippe de Buck, directeur général de BusinessEurope, l'organisation patronale européenne, a déclaré : « Afin que l'Acte pour le marché unique II génère de la croissance, il doit être assorti d'un engagement renouvelé des États membres, des institutions et des parties prenantes pour s’assurer que les règles du marché unique fonctionnent mieux en pratique et qu'elles sont appliquées partout en Europe. Les nouvelles propositions devront être réalisées rapidement. »

« Selon notre étude, les problèmes d'application et de mise en œuvre constituent des obstacles au marché unique dans neuf cas sur dix », a indiqué Fabian Delcros, président de la Single Market Task Force à la Chambre de commerce américaine à Bruxelles (AmCham EU). « Dans sa communication sur le marché unique de juin dernier, la Commission a présenté de nouvelles initiatives pour l'application des règles. AmCham EU soutient les progrès en matière de mise en œuvre efficace de la législation européenne, surtout dans les domaines de l'énergie, des transports et de l'économie numérique », a-t-il ajouté.

L'eurodéputé conservateur britannique Malcolm Harbour, président de la commission du marché intérieur au Parlement européen, a déclaré : « La véritable tâche pour nous tous (les gouvernements, la commission et les eurodéputés) est de s'assurer que rien ne vienne entraver le marché unique, en s'appuyant sur une mise en œuvre complète des règles et des initiatives déjà en place. Nous approuvons le marché unique du bout des lèvres depuis trop longtemps. En ces temps de crise, nous devrions le considérer comme le plus grand moteur dont l'UE dispose pour créer les emplois tant nécessaires et générer de la croissance économique. Il est temps que nous soyons tous déterminés sur le marché unique. »

Saluant les nouvelles mesures de renforcement du marché unique, M. Harbour a affirmé dans une déclaration : « Plus de marché unique signifie plus de croissance pour l'Europe, plus d'occasions pour les citoyens européens et les entreprises. Je me réjouis de voir que la portée des mesures s'élargit, en ouvrant au marché unique des domaines qui lui étaient jusqu'à présent fermés. »

Prochaines étapes : 
  • 10 oct. 2012 : débat en ligne sur Google à propos du marché unique.
  • 15-20 oct. 2012 : semaine du marché unique.
  • Printemps 2013 : la Commission présentera toutes les propositions législatives principales de l'Acte pour le marché unique II.
  • Fin 2013 : la Commission présentera les propositions non législatives.
  • Printemps 2014 : le Parlement européen et le Conseil devraient adopter les propositions législatives en priorité.
Henriette Jacobsen - Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Le marché unique célèbre cette année son vingtième anniversaire. Le marché unique européen a pour objectif que les citoyens européens puissent vivre, travailler, prendre leur retraite, étudier et faire des achats dans un autre pays de l’UE. Les entreprises européennes sont libres de vendre leurs biens et services aux 500 millions de consommateurs partout en Europe. Cette liberté implique plus de croissance et d'emploi, un choix plus vaste et des prix plus bas pour les consommateurs, plus d'opportunités pour les entreprises.

Le marché unique est le principal vecteur de croissance et d'emploi dans l'UE.  De 1992 à 2008, le marché unique a permis de créer 2,77 millions d'emplois et d'ajouter 2,13 % au PIB.

Malgré ces avantages, le marché unique n'est toujours pas pleinement réalisé. Il doit faire face à un monde en perpétuel changement et dans lequel les évolutions sociales, démographiques et technologiques doivent être intégrées dans la réflexion politique pour que ce marché puisse continuer à produire de la croissance, des emplois et une cohésion sociale.

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