Suite à leur rencontre à Bruxelles, le commissaire de l'UE chargé de l'industrie Antonio Tajaniet M. Estrosi ont confié aux journalistes qu'ils étaient sur la même longueur d'onde concernant le modèle pour la réforme de la politique industrielle de l'UE, qui doit être dévoilé en octobre.
Comme l'a rapporté EurActiv France, Paris a apporté des arguments solides ces dernières semaines sur la façon dont elle souhaite réformer la politique industrielle française dans les années à venir. Paris apporte maintenant le même message à Bruxelles.
Aux côtés d' Yves Jacob, nouvel ambassadeur français auprès de l'UE chargé de promouvoir l'industrie, M. Estrosi a souligné que l'innovation industrielle -allant des PME aux grandes entreprises- étant primordiale pour rajeunir l'industrie européenne.
L'innovation sera le véritable moteur de la croissance, quelle que soit la nouvelle politique industrielle, a-t-il affirmé.
M. Tajani a approuvé, soutenant que sans l'innovation, qui garantit la qualité, on ne pourra pas mettre en place une réforme industrielle adéquate. C'est pourquoi la Commission a insisté pour que les Etats membres garantissent un minimum de 3 % de dépenses du gouvernement sur l'innovation et la recherche dans la stratégie 2020 pour la croissance et la recherche, qui gouvernera la politique économique de l'UE pour les années à venir, a-t-il ajouté (EurActiv 03/02/10).
Freiner les délocalisations
Toutefois, l'innovation ne peut avoir lieu alors que les industries européennes continuent d'être tentées de déménager leurs opérations à l'étranger, a souligné le ministre français.
Cette question a déclenché une controverse en France, où les tentatives de Nicolas Sarkozy de consolider la production industrielle ont conduit à des accusations de protectionnisme.
M. Estrosi a renié cette accusation en début de semaine (31 août), et a bien fait comprendre le message à Bruxelles hier, soutenant qu'il n'y avait pas de protectionnisme en jeu. C'est plutôt un simple fait économique : l'UE doit réduire les délocalisations si elle veut rester compétitive, a-t-il déclaré.
L'un des fondements de la stratégie de Paris pour empêcher les délocalisations est de s'assurer que les produits sont étiquetés "fabriqués en France", ce a été également source de controverses et de fortes divisions lorsque la question a été portée au niveau européen.
Le conflit sur l'origine des produits continue de s'enflammer
La Commission européenne a essayé par le passé d'insérer le label du "pays d'origine" (voir "Background"), mais ses efforts ont rencontré une résistance auprès de la majorité des pays de l'UE.
En novembre 2009, une large majorité au Parlement a voté en faveur du projet d'origine de la Commission, et a encouragé l'exécutif de l'UE à maintenir la pression sur les Etats membres pour qu'ils s'alignent.
La question devrait être soulevée lors du sommet des dirigeants européens du 16 septembre, mais elle restera probablement bloquée.
En attendant, le document de stratégie de la Commission devrait être rendu en octobre 2010, et montrera aux industries européennes la voie à suivre pour faire concurrence à la Chine et à l'Inde dans les décennies à venir, d'après M. Tajani.







