EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

R&D : les prévisions de la Commission sur l'emploi remises en cause

Version imprimable
Send by email
Publié 23 mars 2012, mis à jour 26 mars 2012

La Commission européenne manque de modèles pour calculer l’efficacité de l’utilisation des fonds de recherche et anticiper le nombre d’emplois qui seront créés. Ses prévisions quant à la création de 3,7 millions de nouveaux emplois sont par conséquent remises en question, a déclaré aux législateurs un expert américain. 

Invité à s'exprimer devant la commission Industrie et recherche du Parlement européen mardi (20 mars), l'expert en entrepreneuriat européen Burton Lee a déclaré que l'Europe manquait de méthodes d'évaluation, pourtant indispensables pour attirer des investisseurs en capital-risque et prévoir le nombre d'emplois qui pourraient être créés.

Pour M. Lee, l'analyse « pipeline », qui permet d'évaluer le nombre de futures entreprises dans un secteur spécifique depuis leur création jusqu'à leur succès ou leur faillite, est souvent utilisée par les fonds de capital-risque et les gouvernements pour évaluer la fiabilité des projets.

« Il s'agit d'un outil important dans la mesure où si l'on peut déterminer le nombre de nouvelles entreprises, on peut calculer combien d'emplois seront réellement créés », a-t-il déclaré aux eurodéputés.

Des estimations peu fiables

Selon les estimations de la Commission, 3,7 millions d'emplois pourraient être générés par l’initiative l’Union de l’innovation, qui prévoit que les États membres investissent 3 % de leur PIB dans la recherche d’ici 2020.

« Le nombre d'emplois créés en aval de ces projets de recherche est estimé selon des modèles macro-économiques et il est difficile de savoir d'où proviennent les données utilisées et sur quoi elles sont fondées », a commenté M. Lee à propos des prévisions d'emploi d'Horizon 2020.

Burton Lee, en sa qualité d'évaluateur pour les projets de recherche financés par la Commission, a déclaré que les prévisions de 3,7 millions d'emplois impliquaient que l'Europe soit en mesure de générer deux fois plus de nouveaux postes au cours des 12 prochaines années que les États-Unis lors de l'explosion du secteur du logiciel, qui a vu la création de 500 000 nouveaux postes au cours des quatre dernières années.

« Une véritable analyse ascendante produirait-elle des résultats similaires ? », s'interroge M. Lee.

Réforme du système universitaire

Un porte-parole de la Commission a déclaré que les modèles de prévision actuels n'étaient conçus que pour donner des indications et qu'ils étaient mis au point par des experts indépendants.

M. Lee et la commissaire européenne à la recherche, Máire Geoghegan-Quinn, ont par ailleurs montré du doigt le système universitaire européen qui ne serait pas assez entrepreneurial et transparent selon eux.

« Je pense que la réforme des universités doit être au cœur des programmes européen et nationaux. Il faut que les étudiants et les professeurs créent des entreprises, sinon personne ne le fera », a affirmé M. Lee.

Mme Geoghegan-Quinn a quant à elle déclaré aux eurodéputés : « Nous devons moderniser nos systèmes au plus vite. Notre sphère universitaire ne s'imagine pas impliquée dans l'industrie. Le recrutement [dans les universités] devrait être ouvert, transparent et fondé sur le mérite. Ce n'est pas le cas aujourd'hui dans bon nombre de nos universités. »

Réactions : 

« Les entreprises à succès de la Silicon Valley, comme Google, génèrent des centaines de millionnaires. Facebook crée des centaines de millionnaires qui réinvestissent pour lancer de nouvelles entreprises. Cela ne s'est jamais produit en Europe [...] si vous cédez la priorité aux États-Unis [dans l'industrie du logiciel], vous renoncez au secteur qui créer le plus d'emplois. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée », a déclaré Burton Lee, professeur en entrepreneuriat de l'université de Stanford en Californie.

« Si j'ai bien compris les propos de M. Lee, l'individualisme en Europe nous place dans la situation d'une sorte d'homme de Neandertal victime de l'homme de Cro-Magnon. Comment peut-on, dans notre contexte, pallier le manque d'innovation et de capitaux à risque ? Que peut-on faire alors que nous manquons d'universités étroitement liées à l'industrie comme c'est le cas aux États-Unis ? Si nous ne suivons pas leur exemple, je resterai très pessimiste pour notre avenir » a déclaré l'eurodéputé grec Ioannis Tsoukalas (Parti populaire européen).

Prochaines étapes : 
  • 2012 : le programme Horizon 2020 fait toujours l'objet de discussions au Conseil
Jeremy Fleming – Article traduit de l'anglais
Stanford, Silicon Valley
Contexte : 

Horizon 2020 s'inscrit dans l'Union de l'innovation, l'initiative phare d'Europe 2020 destinée à stimuler la compétitivité mondiale. L'Union européenne est le leader mondial dans certaines technologies mais elle doit faire face à la concurrence croissante des autres puissances et des économies émergentes.

La proposition de la Commission est actuellement discutée au Conseil et au Parlement européen, en vue de son adoption avant fin 2013.

La Commission fera le maximum pour élargir le programme à un plus grand nombre de cibles, en recherchant des synergies avec les fonds de la politique de cohésion de l’Union.  Horizon 2020 recensera les centres d’excellence potentiels dans les régions qui réalisent de moins bonnes performances et leur fournira des conseils et un soutien stratégiques, tandis que les fonds structurels européens pourront être utilisés pour moderniser les infrastructures et les équipements.

A lire aussi

More in this section

Publicité

Sponsors

Vidéos

Video General News

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Innovation & Enterprise Promoted videos

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Publicité

Publicité