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Accéder au crédit, une vraie gageure pour les éco-innovateurs [FR][en][de

Publié: jeudi 5 novembre 2009   

Les entreprises ont des difficultés à obtenir des prêts pour les projets éco-innovants car les banques manquent de savoir technique pour les approuver, selon les entreprises européennes.

De nombreux projets innovants visant à réduire les émissions se prennent les pieds dans le tapis lorsque les banques leur refusent l’accès au capital à risque, ont mis en garde les représentants des entreprises lors d’une conférence organisée à Bruxelles la semaine dernière (22 octobre) par le think tank Lisbon Council.

 En ce qui concerne les garanties, par exemple, les banques n’ont pas une analyse technique, ce qui constitue un grand problème car elles ne savent pas de quoi elles parlent et dès lors ne nous donnent pas le feu vert pour obtenir du capital, a déclaré Neil Turley, directeur exécutif de Net Green Developments, une petite entreprise portugaise. Ce que nous sommes obligé de faire, au final, c’est de nous tourner vers une consultance, a-t-elle ajouté.

 Le problème, c’est d’obtenir de l’argent pour les PME sans engager d’énormes coûts, tout en assurant que les projets financés sont financièrement réalisables, disent les entreprises.

 M. Turley a suggéré de mettre en place un réseau d’experts européens, sous contrat avec l’UE, pour aider les PME à lever de l’argent pour les projets éco-innovants sans détention d’actifs. L’idée est la suivante : une entreprise pourrait envoyer par courrier électronique une proposition de projet aux experts, qui l’analyseraient et délivreraient une garantie que l’entreprise pourrait ensuite produire devant la banque.

 Je pense vraiment qu’il existe un espace pour le secteur public dans les Etats membres pour améliorer le flux d’information, a convenu Simon Brooks, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI). C’est un domaine où les difficultés sont considérables parce qu’il renvoie à des connaissances de spécialiste, a-t-il ajouté.
 Les projets n’ayant pas de brevet sexy présentent un autre problème. M. Brooks fait une distinction entre les domaines « glamour », comme les fermes éoliennes ou solaires, où il est facile d’obtenir des crédits, et les domaines « non glamour » comme les investissements dans l’efficacité énergétique ou les réseaux d’infrastructure.

 Avec l’efficacité énergétique, le problème est celui de l’échelle, a-t-on entendu lors de cette conférence. Par conséquent, les économies d’énergie impliquent souvent un nombre important de petits projets individuels, comme par exemple le remplacement de millions d’ampoules par certaines plus efficaces, mais qui sont regroupés derrière un programme plus important.

 Trouver les mécanismes de financement pour parvenir à ces niveaux est un défi de taille, a affirmé M. Brooks. En conséquence, il y a actuellement des notes de centaines de dollars étalées sur le sol que personne ne récupère, parce que les projets d’économies d’énergie sont souvent ceux qui se remboursent d’eux-mêmes, a-t-il dit.

 Le vice-président de la BEI a expliqué que l’essentiel était de trouver les bons partenaires de travail, et il a mis en avant le fait que la volonté de l’UE d’améliorer l’efficacité dans les villes allait dans la bonne direction.

 Un premier ensemble naturel de partenaires pour l’efficacité énergétique est composé des villes et des régions, a affirmé M. Brooks. C’est parce qu’avec la même somme de négociations et d’arrangements, on parvient à avoir beaucoup d’ampleur.

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