En réponse à l’inquiétude croissante du public au sujet du changement climatique, du vieillissement de la population et de l’exclusion sociale, les chefs d’Etat et de gouvernements européens ont déclaré qu’ils avaient décidé d’ouvrir l’agenda de Lisbonne au-delà de sa thématique purement focalisée sur la croissance et l’emploi au cours de ces trois dernières années, et de mettre l’environnement et les citoyens au premier plan.
Cette avancée marque un changement radical par rapport à la dernière révision de la stratégie en 2005, lorsque les piliers sociaux et environnementaux étaient largement mis de côté pour s’occuper de l’économie européenne stagnante. Cependant, suite à deux années caractérisées par une solide croissance économique et la création d’emplois, les responsables européens ont déclaré qu’il était temps de se concentrer davantage sur les autres défis auxquels l’Union est confrontée.
D’après une déclaration de la présidence slovène de l’UE après la réunion, les nouveaux objectifs de la stratégie sont, par essence, d’étudier plus en détail les préoccupations des citoyens et les questions sociales, d’apporter une réponse au changement climatique et de proposer une vision plus moderne de l’innovation et de la création.
Les Etats membres devront principalement résoudre le manque de compétences de l’UE, notamment avec la mise en place de plans d’action nationaux dont l’objectif est de lutter contre l'abandon scolaire précoce et d’améliorer l’apprentissage de la lecture, ainsi que par une politique européenne commune d’immigration.
Le Conseil européen a également appelé la Commission à présenter une évaluation exhaustive des exigences en matières de compétences futures en Europe jusqu’à 2020, en prenant en compte les effets de l’évolution technologique et du vieillissement de la population. L’objectif est de mieux anticiper les besoins futurs du secteur industriel – notamment dans le domaine climatique et des technologies à faible consommation énergétique – considérés comme une possibilité essentielle des entreprises à l’avenir.
Cependant, le Sommet a aussi mis en avant qu’étant donné l’incertitude grandissante concernant l’environnement économique international, il était nécessaire de procéder résolument à des réformes. Ceci implique la poursuite des objectifs en matière d’innovation et de recherche. Il s’agit également d’éliminer des obstacles à la liberté de mouvement de la connaissance en créant une « cinquième liberté » (EurActiv 17/03/08) et de mettre en oeuvre le principe de flexicurité lors de la réforme du marché du travail (voir notre LinksDossier sur la flexicurité).
Les dirigeants européens ont également décidé de continuer leur action visant à réduire les lourdeurs administratives subies par les dirigeants d’entreprises et de diminuer la bureaucratie qui les retarde leur travail dans l’ensemble du marché européen. Ils ont déclaré que l’approbation du « Small Business Act » destiné notamment à faciliter l’accès des PME aux nouveaux marchés grâce à des mesures visant à améliorer le financement et les mesures de soutien, serait une priorité absolue.




