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La Commission européenne va publier une communication demandant aux universités de renforcer leurs liens avec les entreprises. Mais certains acteurs du secteur de l’éducation ont exprimé des réserves à l’égard de l’apport des entreprises dans la conception des programmes.
Il existe une tendance croissante à la coopération plus étroite entre l’éducation et les entreprises, les acteurs de chaque secteur recommandant le transfert de compétences
entre la recherche financée par le secteur public et l’industrie privée.
L’enseignement supérieur européen est en train de passer d’un système guidé par l’offre à un système guidé par la demande, les universités prenant de plus en plus en considération les besoins de l’industrie lorsqu’elles développent des cours et sélectionnent des orientations de recherche.
Certains observateurs du secteur de l’éducation se sont inquiétés du fait que l’éducation se concentrera sur des domaines scientifiques ou techniques aux dépens des arts et des sciences humaines, mais les partisans du resserrement des liens avec l’industrie rétorquent que les sciences humaines peuvent également être une source d’innovation.
Les associations d’universités et d’entreprises ont rédigé un code de conduite des entreprises et de la recherche publique, visant à renforcer la confiance
et à surmonter les obstacles à une plus grande coopération.
En 2007, la Commission européenne a proposé des lignes directrices d’application volontaire à destination des universités et des instituts de recherche afin d’améliorer leur liens avec l’industrie en Europe.
L’année dernière, le premier forum université-entreprise a eu lieu à Bruxelles, en vue d’encourager le dialogue entre les universitaires, les chercheurs et les entreprises. Le second forum a eu lieu les 5 et 6 février.
Le commissaire en charge de l’Education et de la formation, Ján Figel', a déclaré que les universités européennes ont un important potentiel inexploité, en particulier quant à leur capacité d’établir des liens avec le monde des affaires.
Prenant la parole lors de la seconde édition du forum université-entreprise les 5 et 6 février, il a fait l’éloge des universités qui permettent aux représentants de l’industrie de siéger aux conseils révisant les programmes, afin de s’assurer qu’ils sont pertinents par rapport au marché du travail.
Les employeurs rapportent que de nombreux diplômés ne disposent pas de la combinaison idoine de connaissances et de compétences. En particulier, ils demandent plus de compétences interdisciplinaires et transférables. Le commissaire a présenté cette idée comme une suggestion pour l’université.
Il a indiqué que la Commission devrait publier une communication sur la coopération entre l’université et les entreprises en avril, afin d’établir un ensemble de bonnes pratiques. Il a ajouté qu’elle constituera une « recette » pour le partenariat entre l’éducation et l’industrie.
Les priorités de l’exécutif européen sont le renforcement de la mobilité des apprenants, via l’extension du programme Erasmus ; l’amélioration de l’efficacité de l’éducation et de la formation ; la promotion de l’innovation, de la créativité et de l’esprit d’entreprise ; et la modernisation des universités européennes.
Le commissaire Figel’ a déclaré qu’il respectait et soutenait la subsidiarité, annonçant son intention de partager les meilleures pratiques dans l’Union, plutôt que de chercher une harmonisation per se.
Le Pr. Tadeusz Luty, membre du bureau de l’European University Association (EUA) et ancien recteur de l’University of Technology de Varsovie, a expliqué que le système d’enseignement supérieur européen doit satisfaire la demande en compétences et connaissances de haut niveau si il veut être compétitif.
Il a déclaré qu’il était important de respecter et de concilier les valeurs et les intérêts légitimes de deux communautés dans le renforcement de leurs liens. Des universités autonomes et bien financées dans un système diversifié, aux objectifs et valeurs partagés, seront les moteurs du développement économique, social et culturel en Europe.
Le ministre tchèque de l’Education, Ondřej Liška, a déclaré que la présidence tchèque accueillerait en avril une conférence afin de trouver le moyen concret de rapprocher l’éducation de l’industrie.
Il a affirmé qu’il voulait que le débat se reflète dans les conclusions du Conseil des ministres à la fin de la présidence tchèque.
La communication, la coopération et les partenariats entre le secteur de l’éducation et le monde des affaires sont cruciaux non seulement pour la stimulation de la croissance économique, mais aussi pour l’amélioration de l’employabilité de tous les individus et le renforcement de la cohésion sociale, a déclaré le ministre.
Il a également souligné que les sciences humaines et les arts apportent un potentiel considérable à l’innovation, et que des exemples concrets devraient être partagés.
Ana Patricia Botín, PDG de Banesto, une banque espagnole en ligne, et présidente de la Fundación Conocimiento y Desarrollo (CYD), ont appelé les universités à examiner l’employabilité de leurs diplômés.
Pour développer une culture d’entreprise, les secteurs public et privé doivent être impliqués dans le développement des programmes. Les entreprises doivent contribuer aux besoins des universités en vue d’améliorer la qualité de la recherche a déclaré Mme Botín. Elle a ajouté que les universités devraient jouer un rôle plus important dans l’innovation à travers les entreprises créées par essaimage et les pôles technologiques.
Andrea Benassi, secrétaire général de l’Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME) a déclaré que les universités pouvaient soutenir la formation et l’innovation dans des entreprises de toutes tailles.
Le manque de culture de coopération entre les universités et les PME requiert le développement d’une meilleure compréhension de chacune d’elles, et le seul moyen réaliste de progresser dans cette voie est d’impliquer les organisations professionnelles.
Il a appelé la Commission à établir une base de données des exemples dans lesquels les universités ont proposé des programmes spéciaux de gestion des PME.
He called on the Commission to establish a database with good examples of where universities have proposed special curricula for SME management.