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Mettre une annonceAlors que l’UE fait le point sur sa politique en faveur des PME, intitulée « Penser aux PME d’abord » et menée pendant deux ans, Jonathan Zuck, président de l’Association pour les technologies concurrentielles (Association for Competitive Technology), a déclaré à EurActiv que la réticence des citoyens européens à prendre des risques est exagérée. Pour lui, la vraie raison du manque d’esprit d’entreprise dans l’Union est liée à l’absence d’un environnement juridique « propice ».
Le 8 octobre, la Commission a publié une vaste révision de sa politique en faveur des PME « Penser aux PME d’abord », qui souligne un certain nombre de réussites accomplies, notamment la suppression de la bureaucratie ainsi que des réductions importantes en termes de coût et de délai nécessaires pour créer une nouvelle entreprise.
Parallèlement, elle a présenté une série de nouvelles initiatives visant à encourager un esprit plus audacieux en Europe, après les résultats d’un récent sondage de l’Eurobaromètre, indiquant que 28 % des européens souhaiteraient devenir entrepreneurs, tandis que 49 % des citoyens européens n’ont jamais imaginer créer une entreprise – presque deux fois les chiffres américains (EurActiv 9/10/07).
Mais l’UE aide-t-elle réellement suffisamment la croissance de ses petites entreprises – qui représentent approximativement 70 % les emplois et du PNB de l’Union – au moment où elles sont soumises à une pression concurrentielle de plus en plus importante de pays comme la Chine et l’Inde ?
Alors que l’UE affirme s’engager pour améliorer l’environnement d’entreprise pour ses petites et moyennes entreprises, Jonathan Zuck, président de l’Association pour les technologies concurrentielles (ACT), qui représente plus 3 000 PME dans le monde opérant dans le domaine des technologies de l’information, ainsi que de plus grandes entreprises comme eBay, Oracle et Microsoft, a confié à EurActiv que, selon lui, la Commission ne se concentre pas toujours suffisamment sur les bonnes priorités et qu’elle pourrait travailler davantage pour créer un « environnement technologique sain » qui encourage l’innovation, la concurrence et l’investissement.
Tandis que les dernières publications de la Commission en matière de politique des PME soulignent la nécessité d’aborder le manque d’esprit d’entreprise des citoyens européens, en particulier par l’éducation et la formation, M. Zuck insiste sur le fait que « la chose la plus importante que l’Europe puisse faire pour l’entreprenariat est de créer un environnement propice – en d’autres termes : faciliter le travail et le fonctionnement des entreprises de capital risque en Europe ou modifier la législation relative à la faillite ».
Il estime que « la réticence culturelle aux risques » est « exagérée » en Europe, affirmant qu’en réalité, « si les risques sont trop importants et que les bénéfices sont trop faibles, ce qui peut passer pour de la réticence face aux risques pourrait simplement être de la rationalité ».
D’après lui, « créer un environnement propice à l’esprit d’entreprise est un mélange d’instabilité et d’opportunités ».
« Si vous bénéficiez d’un grand nombre d’avantages par votre travail et votre système de protection sociale et que vous êtes confronté à trop de limites (à la fois par le système fiscal et par le système règlementaire), alors la probabilité d’abandonner ce « confort » pour prendre des risques semble trop important ».
Par conséquent, insiste-t-il, l’UE doit créer un environnement dans lequel le « rapport risque/bénéfice » est moindre.
« Il reste encore beaucoup de choses à simplifier pour que les petites entreprises augmentent leurs activités et deviennent plus européennes » a déclaré M. Zuck, dénonçant les difficultés liées à l’embauche de ressortissants étrangers, à l’obtention de capital risqué, à commercer dans d’autres pays, etc.
« Les PME ont besoin de moins de souplesse au niveau des coûts généraux. Mais les lois pour un entrepreneur indépendant sont complexes ; les lois pour embaucher un ressortissant étranger sont complexes – il reste encore des domaines pouvant être réellement simplifiés » insiste-t-il.
La création d’un statut de société privée européenne (SPE) serait « certainement un pas dans la bonne direction », a déclaré M. Zuck, se réferrant aux initiatives au niveau européen pour effectuer des recherches concernant la création d’un statut unique de société pour l’ensemble des société privées en Europe, facilitant l’établissement de réseaux européens de filiales pour les PME, ainsi que leur fonctionnement dans l’ensemble du marché unique, sans avoir à se plier à 27 dispositifs juridiques nationaux différents (EurActiv 15/05/07).
La Commission organise actuellement une consultation publique
sur le sujet (EurActiv 24/07/07).
Néanmoins, M. Zuck a constaté que « créer une filiale représente toujours des coûts généraux importants uniquement pour travailler dans d’autres Etats membres » et que « dans l’idéal, les PME souhaiteraient être en mesure d’embaucher directement des employés et d’avoir des clients et des partenaires » dans d’autres pays sans avoir à y créer une filiale.
M. Zuck a appelé l’Europe à s’occuper du « bourbier » de la propriété intellectuelle, en soulignant que l’absence d’un brevet communautaire causait d’énormes pertes à l’économie européenne (lire notre Linksdossier sur le brevet communautaire).
« Beaucoup de PME finissent par breveter leurs inventions aux Etats-Unis parce qu’elles peuvent percer sur un marché de manière beaucoup plus efficace là-bas que si elles faisaient breveter leurs inventions en Europe. Je pense que c’est dommage et je crois qu’un système moins complexe et moins fragmenté en Europe pourrait réellement encourager l’esprit d’entreprise et l’innovation en Europe » a-t-il insisté.
En ce qui concerne la proposition de la Commission visant à établir un Institut européen de technologie (lire notre Linksdossier), sur le modèle du MIT américain, associant la recherche, l’éducation et l’innovation, M. Zuck a déclaré : « je pense qu’il pourrait être intéressant, mais qu’il passe à côté du principal. En Europe, il y a un désir constant des gouvernements de « créer et de gérer » mais en réalité, la plupart du temps, c’est à éviter ».