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Le principal message de la 'Employment Week' a été le suivant : pour réduire le chômage en Europe, il faut impliquer davantage les partenaires sociaux, les régions et les villes dans les politiques sur l'emploi.
La 13ème 'Employment Week' à Bruxelles, du 16 au 18 mai 2006, porte sur le thème "Travailler ensemble pour la croissance et les emplois." Des décideurs politiques, des représentants d'ONG, des entreprises du secteur privé et d'autres acteurs se réunissent pour évoquer les tendances et les politiques relatives à l'emploi en Europe. Les thèmes abordés sont les suivants :
La nouvelle Union européenne élargie crée-t-elle le type d’emplois qui assureront la croissance et la prospérité dans une économie mondiale en expansion ?
Dans quelle mesure les entreprises et les travailleurs s’adaptent-ils aux changements ? L’Europe s’avance-t-elle vers un meilleur équilibre travail/vie ? Développons-nous les compétences adéquates de main-d’œuvre pour assurer une compétitivité soutenue ?
Dans quelle mesure parvenons-nous à construire des partenariats, à promouvoir la mobilité, à faire face aux défis démographiques et sociaux, et à créer des emplois pour l’avenir ?
Le Sommet sur l'Emploi du Luxembourg de 1997 a lancé l'idée d'une stratégie européenne pour l'emploi. Cette stratégie a trois objectifs : parvenir au plein emploi, accroître la productivité et la qualité au travail et promouvoir la cohésion.
En réponse aux doubles défis de la mondialisation et des évolutions démographiques (vieillissement de la population), le Conseil européen de Lisbonne a fixé des objectifs ambitieux aux Etats membres :
Jusqu'à présent, l'UE a éprouvé des difficultés à atteindre ces objectifs et l'arrivée de 10 nouveaux Etats membres en 2004 a intensifié le défi de l'emploi en Europe. La Commission a relancé la stratégie de Lisbonne en 2005, espérant renforcer le contrôle national du processus en demandant aux Etats membres d'établir leurs propres plans d'action nationaux.
Antonis Kastrissianakis, directeur pour l'emploi de la Commission européenne, a déclaré qu'il était "encouragé" par la révision de la stratégie de Lisbonne et les plans d'action nationaux présentés par les Etats membres pour le sommet de printemps en mars 2006. Il a ajouté que les progrès concernant les objectifs en matière d'emploi de la stratégie de Lisbonne étaient "mitigés", notamment en raison de la croissance molle et de la baisse de la productivité du travail. Ainsi, "malgré les 22 millions d'emplois créés par l'UE, il en manque encore 70 millions," a indiqué M. Kastrissianakis, qui a recommandé d'intensifier la coopération entre les Etats membres pour relever les défis relatifs au faible niveau de l'emploi et de la productivité dans certains pays européens. M. Kastrissianakis a également souligné la tendance sur le marché du travail à offrir différents niveaux de protection selon les origines des travailleurs, un phénomène qu'il considère comme inquiétant.
Henri Malosse, président de la section pour l'emploi, les affaires sociales et la citoyenneté au Conseil économique et social, a vivement critiqué le maintien par sept "anciens" Etats membres des restrictions sur leur marché du travail pour les travailleurs des nouveaux pays membres.
Il s'est montré particulièrement sévère à l'égard de son pays d'origine : "La peur du plombier polonais en France a été honteuse. Je ne connais qu'un électricien polonais, Lech Walesa, qui a contribué à la chute du communisme." M. Malosse a indiqué qu'il comprenait la déception de certains citoyens au sujet de l'absence de résultats concrets de l'UE depuis l'euro, ajoutant que les nations européennes laissent tomber la jeune génération en ne prenant pas les mesures nécessaires pour lutter contre le taux de chômage élevé chez les jeunes.
Selon Gerhard Stahl, secrétaire général du Comité des Régions, même si les différences économiques dans l'UE ont été réduites au niveau national, elles ont augmenté au niveau régional en raison de l'élargissement. Il souligne que seuls 17% des régions sont satisfaites de la façon dont elles ont été impliquées dans l'élaboration des plans d'action nationaux. M. Stahl a souligné la nécessité d'un nouveau partenariat entre les institutions européennes, les Etats membres, les régions et les partenaires sociaux, qui doit donner lieu à une "Europe de proximité", avec des décisions prises près des citoyens.
Kent Andersson, maire adjoint de Malmö, en Suède, et président du comité social d'Eurocities, a recommandé une nouvelle "réflexion procédurale" permettant aux villes d'être reconnues en tant qu'acteurs dans le processus d'élaboration des politiques relatives à l'emploi, car "les villes sont à l'origine de croissance et d'emplois dans les villes et au-delà."
Qualifiant les 18 millions de chômeurs en Europe de "tragédie", Umberto Paolucci, président de Microsoft EMEA, a recommandé d'accroître "l'employabilité" de la main d'oeuvre en améliorant les compétences des travailleurs et en renforçant la coopération entre les gouvernements et les entreprises.
L'éditeur d'EurActiv, Christophe Leclercq, qui a présidé la session d'ouverture sur "la croissance et les emplois au sein de la nouvelle Europe élargie", a indiqué que l'emploi était une priorité absolue en Europe et que ce n'étaient pas les institutions européennes, mais les entreprises qui les créent.