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Les élections en Suède vont-elles remettre en cause le modèle scandinave? [FR]

Publié 15 septembre 2006 - Mis à jour 18 septembre 2006
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Peu avant les élections du 17 septembre, l'alliance de centre droit dispose d'une légère avance dans les sondages sur le parti social démocrate. Le taux de chômage, l'Etat providence et les charges sociales sont les principaux enjeux des élections.

Le programme de l'alliance de centre-droit ne s'oppose pas radicalement au modèle suédois, qui repose sur des principes défendus par les sociaux-démocrates, dont les huit décennies de présence au pouvoir n'ont connu que neuf ans d'interruption. 

Les électeurs suédois ne sont pas en faveur d'une réforme radicale de l'Etat providence. En effet, 30% est employé par l'Etat et un autre tiers dépend de certaines prestations sociales. Le parti de l'opposition a donc opté pour la modération.

Le parti se qualifie désormais lui-même de "parti des travailleurs", défiant ainsi clairement le parti du premier ministre. L'idée de réduire radicalement les aides sociales aux chômeurs, qui figurait à son programme lors des dernières élections (largement perdues par le Parti du rassemblement modéré), est donc à présent bien loin. 

Bien que le programme du parti insiste sur des mesures incitatrices au travail, il se concentre également sur la protection de l'environnement et promet de consacrer des fonds aux services publics.

Ainsi, sans vouloir modifier en substance de l'Etat providence, le parti apporte des nouveautés. 

A l'inverse, le premier ministre socio-démocrate, Göran Persson, a promis d'augmenter les dépenses publiques de 2,7 milliards d'euros. En dépit d'une bonne performance économique, avec un taux de croissance de 5,6% au second trimestre 2006, l'opposition remet en cause le succès affiché par les socio-démocrates dans le domaine de l'emploi.

En effet, l'opposition soutient que les chiffres réels du chômage sont plus élevés que le chiffre officiel de 6%. Elle s'appuie sur une étude du McKinsey Global Institute, qui situe le taux de chômage entre 15% et 17% en tenant compte des personnes en retraite anticipée et des systèmes de créations d'emplois par les fonds publics.

Réactions : 

Le premier ministre Göran Persson a tenté de dépeindre l'opposition comme 'les tueurs de l'Etat providence' : "Les changements que propose l'opposition dans le cadre de ces élections attaquent les retraités et ceux qui bénéficient d'une retraite anticipée".

Le ministre des finances, Pär Nuder, a estimé : "Nous avons assez dérégulé".

Quant au chef de l'opposition, Fredrik Reinfeldt, il a déclaré : " Nous manquons de mesures incitatrices au travail et d'esprit d'entreprise qui viennent s'ajouter aux autres éléments très positifs". 

Selon Mauricio Rojas, député du parti libéral de l'opposition : "tous les Suédois sont d'une certaine façon socio-démocrates". 

Le rapport du McKinsey Global Institute  indique que "les Suédois doivent rapidement introduire des réformes qui créeront les conditions favorables à une croissance maintenue de la productivité dans le secteur privé, une meilleure performance du secteur public et la création d'emplois dans le secteur des services privés".

Prochaines étapes : 

Les Suédois sont appelés aux urnes ce dimanche 17 septembre. 

Contexte : 

Le premier ministre, Göran Persson, au pouvoir depuis 12 ans, doit désormais se battre pour y rester. Son principal adversaire aux élections du 17 septembre est Fredrik Reinfeldt, chef du parti du rassemblement modéré et à la tête de l'alliance de centre-droit, composé du Parti du rassemblement modéré, du Parti du peuple-Les Libéraux, du Parti chrétien-démocrate et du Parti du centre.

Selon le dernier sondage, 48,1% des Suédois soutiennent l'alliance de centre droit contre 46,4% en faveur des sociaux-démocrates et de leur alliés des verts et du parti de la gauche. 20% de l'électorat est encore indécis.

L'Etat providence suédois a souvent été cité comme exemple du succès du modèle scandinave, à savoir un Etat providence généreux parvenant à allier un haut niveau d'imposition sur le revenu à une économie solide et un taux de chômage faible.

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