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29 novembre 2009
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L’OCDE critique le conservatisme des universités [FR][en][de

Publié: mardi 31 mars 2009   

Les facultés traditionnelles des universités sont trop conservatrices et empêchent tout progrès, alors que le système européen d’éducation lutte pour devenir plus innovant, selon le chef du Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’OCDE.

Contexte:

2009 est l’Année européenne de l’innovation et de la créativité, un programme d’un an au cours duquel se succèderont des événements gérés par la Commission européenne. 

Parmi ces évènements, l’European Policy Centre accueille une série de débats sur l’innovation, l’économie de la connaissance et l’éducation.
D’autres évènements ont été organisés dans les Etats membres, y compris un « Forum européen pour le dialogue université-entreprise », qui encourage la coopération entre les secteurs de l’éducation et de l’entreprise (EurActiv 6/2/09). 

Les questions de manque de qualification faisaient partie des priorités du Sommet européen des affaires, qui s’est tenu à Bruxelles la semaine dernière. Les chefs d’entreprise ont mis en exergue le fossé grandissant des connaissances, qui a laissé les employeurs en proie aux pires difficultés pour pourvoir des millions de postes, les candidats ne disposant pas des compétences requises (EurActiv 27/03/09).

Pour Dirk Van Damme, le système actuel de division des connaissances entre les facultés devrait être abandonné si l’Europe veut passer à un nouveau système pédagogique, capable de doter les étudiants de compétences décisives. 

Nous devrions abolir les facultés dans les universités ; les facultés sont les remparts les plus conservateurs contre le changement, a-t-il indiqué. L’Europe doit adopter une approche radicalement différente, trans-disciplinaire, car les choses les plus intéressantes se produisent aux frontières de toute discipline, a-t-il poursuivi. 

Intervenant lors d’un débat de l’European Policy Centre portant sur le thème la créativité dans les salles de classe (« Beyond chalk and talk: Creativity in the classroom »), qui fait partie de l’Année européenne de l’innovation et de la créativité, M. Van Damme a affirmé que le progrès économique et social de l’Europe est dû à la qualité de son système d’enseignement. 

Quand on les compare au Japon et même à la Chine, les écoles européennes sont bien plus novatrices ; le Japon enseigne la hiérarchie et le respect, là où les écoles européennes apprennent à défier les conventions, a-t-il expliqué. 

Nous avons amélioré la réussite scolaire en Europe et les écoles sont encore en train d’assimiler la révolution dans l’éducation, a-t-il déclaré ajoutant que si nous voulons passer à la prochaine étape du développement, tout cela doit être réinventé.

Cependant, il a fait part de ses inquiétudes quant à la tentative des ministres européens de l’Education d’insérer des quantités toujours plus importantes d’informations dans les programmes, alors qu’une approche plus équilibrée serait plus bénéfique.

Il a également souligné l’importance de la qualité dans la formation et dans la formation des enseignants, mettant en garde contre une poussée trop importante vers davantage d’innovation dans l’enseignement, qui pourrait se conclure par une certaine médiocrité si l’accent sur l’excellent n’est pas maintenu. 

Positions:

Lluis Martínez-Ribes, professeur associé au département de Marketing Management de l’ESADE Business School de Barcelone, a déclaré qu’il était temps d’en finir avec les vieilles définitions de la classification de la connaissance. Il a affirmé que les frontières entre les matières sont devenues floues. Par le passé, on savait clairement ce qu’étaient l’ingénierie, le droit et les sciences ; désormais, les étudiants en marketing étudient la philosophie, la sociologie, les neurosciences et la culture pour être à même de comprendre le contexte de leur études, a-t-il rappelé.

Le discours portant sur le programme des débats de l’EPC a été prononcé par Odile Quintin, directrice générale de l’Education et de la culture à la Commission européenne. Elle a déclaré que la Commission envisage de mesurer comment les écoles européennes promeuvent l’innovation. Nous explorons, avec les Etats membres, l’idée d’une batterie de tests sur la manière selon laquelle les systèmes éducatifs promeuvent l’innovation et la créativité.

Mme Quintin a révélé que l’Europe propose aujourd’hui une alternative aux classements mondiaux des universités proposés par Shanghai. L’Europe n’a que deux universités dans le « top dix », mais Mme Quintin a rappelé que le système de Shanghai se focalise uniquement sur l’excellence dans la recherche. Nous essayons de fournir un autre critère prenant en compte l’enseignement et le rôle des universités dans le développement local et régional, a-t-elle indiqué. Les compétences interculturelles et sociales sont très importantes dans le monde moderne, et me semblent relever de l’excellence, a-t-elle conclu. 

Elle a également exprimé l’espoir que les ambassadeurs de l’Année produiront un manifeste comprenant des idées solides, qui mèneront à une stratégie commune pour une future politique de l’innovation. 

Eduardo Marçal Grilo, membre du conseil des administrateurs de la Fondation Gulbenkian, a souligné l’importance de l’éducation de base et de la lecture, plutôt que des compétences de haut niveau. 

Nous parlons d’innovation et de créativité, et de toutes ces nouvelles compétences que nos citoyens devraient posséder, mais mon principal souci est l’éducation de base des étudiants à l’école, a-t-il indiqué. Je suis en désaccord avec l’idée que les compétences sont plus importantes que la connaissance ; personne ne peut être compétent sans les mathématiques et sans une maîtrise minimale de sa langue maternelle, a-t-il affirmé. 

Nous parlons beaucoup trop des nouvelles technologies et des TIC. Ceux qui lisent des livres sont plus réceptifs à l’apprentissage, a-t-il poursuivi. 
Pour M. Grilo, ancien ministre portugais à l’Education, il faut développer chez les étudiants l’autonomie, une volonté de remettre en question les opinions communément admises et la prise de risques. 

Nous n’avons pas besoin d’une matière spécifique traitant de l’innovation dans les programmes, ce sur quoi nous devons nous concentrer, ce sont les bases, a-t-il ajouté, concluant en disant qu’il faut leur donner la priorité. 

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