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Le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a échangé son point de vue avec des dirigeants d'entreprises et des universitaires de haut niveau sur les moyens de rendre les investissements écologiques rentables.
Le Sommet européen des affaires, qui s'est tenu les 16 et 17 mars 2006 à Bruxelles, a réuni les dirigeants des mondes de la politique et des affaires afin de débattre des initiatives susceptibles d'être mises en oeuvre par les 25 Etats membres de l'UE pour favoriser l'emploi et la croissance.
Le 16 mars 2006, un débat sur l'innovation écologique a essentiellement porté sur les questions énergétiques.
Introduisant le débat, le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a déclaré que les industries écologiques de l'UE occupaient déjà une position forte sur les marchés, représentant "un tiers du marché mondial et plus de 2% du PIB européen". Il a néanmoins ajouté que l'Europe ne peut se satisfaire de cette situation car d'autres pays rattrapent rapidement leur retard : "le Japon est déjà en avance en ce qui concerne les voitures hybrides et le Brésil est en pôle position sur le marché des biocarburants".
M. Dimas a alors identifié trois défis que, selon lui, les enteprises européennes doivent relever:
Le PDG de Shell, Jeroen Van der Veer, a demandé quelles sources d'énergie étaient susceptibles de convenir le mieux à la croissance économique dans un contexte actuel de prix de l'énergie élevés et de préoccupations au sujet du réchauffement climatique. Selon lui, les choix énergétiques doivent remplir trois conditions: 1) commodité; 2) bon marché; 3) propreté.
Cependant, a-t-il ajouté, les sources énergétiques peuvent remplir deux mais rarement les trois conditions en même temps. Compte tenu des défis environnementaux croissants et des incertitudes quant à la disponibilité sur le long terme des combustibles fossiles, il se demande quelle technologie l'emportera dans les 20,30 ans à venir. Il a cité l'énergie éolienne, les carburants synthétiques, les techniques avancées de forage pétrolier et les "carburants fossiles plus écologiques", utilisant le captage de CO2 et le stockage souterrain, comme éventuels vainqueurs.
M. Bernard Meric, vice-président pour les relations extérieures chez Hewlett Packard, a affirmé que la meilleure performance énergétique des ordinateurs et des imprimantes permettait déjà de faire des économies significatives dans de nombreux secteurs. M. Meric a pris l'exemple des "studios virtuels" pour la tenue de 'réunions' entre des personnes éloignées les unes des autres afin d'éviter certains frais de transport et de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport aérien.
Dr. Wolfgang Sachs, directeur de recherche au Wuppertal Institute en Allemagne, a déclaré que l'innovation écologique était la pierre angulaire d'une croissance économique sur le long terme. Cependant, selon lui, les gains en termes d'efficacité énergétique ne suffiraient pas à garantir une viabilité environnementale sur le long terme. Prenant les voitures comme exemple, il a affirmé que les gains en termes d'éfficacité des carburants réalisés ces dernières décennies, bien que substantiels, ont été entièrement anéantis par la hausse parallèle du nombre de voitures en circulation. Pour cette raison, selon lui, la propriété individuelle est une "idée dépassée" à laquelle il préfère le concept d'"accès partagé" aux biens tels que les voitures comme la marque d'une économie efficace.