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Les candidatures pour l’accueil des premières communautés de la connaissance et de l’innovation (CCI) choisies par l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) seront refusées si elles dépassent 40 pages. C’est ce qu’a déclaré le président du comité directeur de l’Institut, Martin Schuurmans.
La pièce maîtresse des efforts de la Commission européenne visant à renforcer la coopération européenne dans le domaine de la recherche est l’Institut européen de technologie, créé à l’origine sur le modèle de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).
La proposition a été présentée pour la première fois en février 2005 par le président de la Commission, José Manuel Barroso, dans le cadre de la nouvelle version de l’Agenda de Lisbonne. Au total, six communautés de la connaissance et de l’innovation (CCI) devront être créées d’ici à 2013 dans un effort d’intégration de l’infrastructure fragmentée de l’UE dans le domaine de la recherche, par l’association des départements des universités, des entreprises et des instituts de recherche, afin que ces derniers se concentrent sur des secteurs stratégiques clés.
L’accent devrait tout d’abord être mis sur le changement climatique, les énergies renouvelables et les technologies de l’information et de la communication de la prochaine génération. Le premier appel pour deux ou trois KIC a été lancé en avril, et l’Institut devrait les sélectionner avant janvier 2010.
La déclaration relève des efforts de M. Schuurmans pour apporter plus de rapidité et une approche professionnelle au fonctionnement de l’EIT, qui, a-t-il révélé, peut sembler se focaliser sur les soins de santé et autres questions clé de société. Celles-ci constitueront le prochain groupe de CCI de l’EIT, dans trois ou quatre ans.
Intervenant lors de l’évènement « Interfacing Innovation » à Bruxelles au sein du Centre européen de journalisme, il a affirmé que l’EIT devrait être une organisation dynamique et chercherait à couper court à la bureaucratie. Selon lui, il a fallu cinq ans de discussions pour fonder l’institut, mais seulement six mois pour lancer le premier appel d’offres. Les premières CCI seront sélectionnées d’ici la fin de l’année, a-t-il ajouté.
Les CCI auront un cycle de vie minimum de sept ans, mais peuvent fonctionner jusqu’à quinze ans. M. Schuurmans a déclaré que jusqu’à 100 millions d’euros par an seraient disponibles pour les CCI, dont 25 % venant de l’EIT, le reste provenant de programmes de financement existants, et de mécénat des universités et des entreprises.
Nous allons leur donner de la liberté, nous n’allons pas leur dire comment agir. Et nous n’allons pas chercher à les surcharger de paperasserie. Les propositions de plus de 40 pages seront automatiquement refusées par notre site web, a-t-il poursuivi.
Il a également souligné le besoin d’un leadership professionnel au sein de chaque CCI, en insistant sur le fait que l’EIT voulait éviter de simplement mettre en réseau des projets européens existants.
Un petit nombre de centres devront prendre l’initiative de chaque projet. Par exemple, s’il y a 20 universités, deux devront prendre les rênes. Le monde de l’industrie s’en réjouit, puisqu’ils ne veulent pas voir leur investissement disséminé dans plusieurs centres, a déclaré M. Schuurmans.
Un financement important a été investi dans l’innovation, mais l’Europe a besoin de constater un meilleur retour sur investissement. Cependant, la bureaucratie freine l’esprit d’entreprise, a ajouté le chef de l’EIT. Le simplicité est la clé ; nous voulons que l’esprit de ce que nous faisons soit différent de ce qui se passe dans les autres programmes européens, a-t-il conclu.
L’EIT recrute actuellement un directeur pour son quartier général situé à Budapest. Il a ajouté que l’EIT emménagerait dans son quartier général en novembre.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s’est déclaré satisfait du fait que l’EIT se soit concrétisé. Lorsque j’ai proposé cette idée pour la première fois, des pessimistes ont déclaré qu’elle ne se réaliserait jamais ; des cyniques ont considéré que ce ne serait qu’un programme de plus ; mais il y avait également des optimistes qui pensaient que cela fonctionnerait, et je suis heureux de voir qu’ils avaient vu juste, a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la crise devrait constituer une incitation à atteindre l’objectif de l’Agenda de Lisbonne, à savoir investir 3 % du PIB dans la recherche et le développement.
Karel Bartak, chef d’unité responsable de la communication et de l’exploitation des résultats à la direction générale de l’éducation et de la culture de la Commission, a indiqué qu’avec ce premier appel pour des CCI, l’EIT devenait de plus en plus tangible. Nous espérons qu’il deviendra un moteur de l’innovation à l’avenir, a-t-il déclaré. C’est la première initiative qui rassemble les trois côtés du triangle de la connaissance : la recherche, l’éducation et l’innovation.
M. Bartak a indiqué que la Commission presse les Etats membres de ne pas réduire l’investissement dans la recherche et l’éducation, dans la mesure où elles constituent la base de la future compétitivité.
Ján Figeľ, commissaire européen à l’Education, la formation, la culture et la jeunesse, a déclaré que l’Europe devait arrêter de se plaindre de la fuite des cerveaux et prendre des mesures pour devenir un territoire plus accueillant envers l’innovation. Cela signifie devenir conviviale et attirante pour les chercheurs, a-t-il précisé.
Mirko Lorenz, responsable des projets du domaine de l’innovation pour la Deutsche Welle, a considéré que les objectifs de l’agenda de Lisbonne ne seraient probablement pas atteints. Nous sommes presque en 2010 mais nous ne sommes toujours pas la plus compétitive économie basée sur la connaissance, telle qu’envisagée par l’agenda de Lisbonne, a-t-il expliqué. Toutefois, nous ne devrions pas nous montrer trop désabusés quant aux progrès ; il existe un certain nombre d’entreprises qui sont des leaders mondiaux, a-t-il précisé.
M. Lorenz a déclaré qu’il y avait eu quelques indicateurs positifs en 2007 selon lesquels l’Europe avait bien progressé, mais c’était avant le choc de la crise financière.
Roland Strauss, directeur de Knowledge4Innovation, a déclaré que l’Europe disposait de beaucoup d’innovation, mais qu’elle devait trouver un moyen de les exploiter et de transformer l’innovation en résultat. Nous devons faire un meilleur usage de la connaissance et des innovations existantes, a-t-il expliqué. A travers l’Europe, de nombreux secteurs ne communiquent pas les uns avec les autres ; souvent, les solutions à nos problèmes existent déjà, mais la recherche est inutilement dupliquée, a-t-il conclu.
John Vassallo, vice-président de Microsoft chargé des Affaires européennes et co-directeur du contentieux, a rappelé que les sociétés qui s’étaient le mieux tirées de la crise des années 1930 étaient celles qui étaient novatrices. Selon lui, les soins de santé et l’éducation sont des domaines où l’Europe a besoin d’investir afin de répondre aux changements démographiques.
M. Vassallo a également mis en garde contre le fait de prendre la connaissance comme allant de soi. La nouvelle bulle, c’est la bulle de connaissance, a-t-il expliqué. Tout comme nous pensions que la dette était gratuite, nous pensons que la connaissance est gratuite, a-t-il poursuivi. Mais les inventeurs et les chercheurs doivent être rémunérés en conséquence, a-t-il conclu.
Pour Magnus Madfors, directeur de la politique de R&D chez Ericsson, l’EIT est un excellent instrument de renforcement des capacités de recherche. Il rassemble la recherche, l’éducation et l’innovation ; s’il existe une longue liste de programmes, aucun ne les rassemble tous les trois, a-t-il précisé.
Pour Christopher Allen, directeur adjoint de l’unité du développement de la politique industrielle à la direction Entreprises et industrie de la Commission, a confié qu’il y avait eu un changement de paradigme dans le programme de Lisbonne. Il y a eu un glissement des Etats membres, qui ont établi leur propre programme en vue d’une approche en réseau, a-t-il déclaré.
Juan Cajiao, président de l’Association Internationale des Etudiants en Sciences Economiques et Commerciales (AIESEC International), a insisté sur l’importance de motiver les personnes à devenir plus novatrices et à communiquer davantage sur l’innovation. Nous devons nous demander comment rendre l’innovation populaire auprès des enfants et auprès des personnes qui travaillent déjà, a-t-il déclaré.