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La Macédoine accuse la Grèce d'envoyer des clandestins sur son territoire

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Publié 21 août 2012

La Macédoine accuse la Grèce d'envoyer des immigrés clandestins sur son territoire, a fait savoir le quotidien macédonien Dnevnik, citant des sources diplomatiques anonymes.

Les autorités grecques ont envoyé des centaines d'immigrés dans deux villes en particulier, explique Dnevnik qui précise que ces opérations ont généralement lieu pendant la nuit. Les autorités de Skopje, la capitale de la Macédoine, un pays candidat à l'UE, en auraient informé l'Union européenne et son agence de contrôle des frontières, Frontex.

La Grèce peine de plus en plus à gérer la présence de plus d'un million d'immigrés clandestins sur son territoire et elle tente d'alléger ce fardeau en les transférant vers d'autres pays, selon des experts.

Trpe Stojanovski du centre régional pour la migration et les réfugiés (MARRI) a expliqué que la Grèce était une source d'instabilité pour la Macédoine et la région.

« Nous sommes confrontés à une vague d'immigration clandestine en provenance d'un pays de l'UE, c'est dangereux pour notre sécurité », a-t-il affirmé, cité dans la presse. Il a déclaré que des immigrés clandestins qui arrivaient de la Grèce étaient originaires d'Irak, d'Afghanistan, et plus récemment de Mauritanie.

Le quotidien a rapporté que Strasho Aggelovski, le directeur du centre macédonien pour les demandeurs d'asile, avait expliqué que l'UE et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) exhortaient la Macédoine à se plier aux normes internationales sur l'accueil des réfugiés.

Les relations entre la Grèce et la Macédoine sont déjà tendues en raison d'un « conflit toponymique » depuis l'indépendance du pays de la Yougoslavie en 1991. La Grèce n'est pas d'accord avec le nom qu'a pris le pays : il s'agit également du nom de l'une de ses provinces du nord, ce qui pourrait impliquer des ambitions territoriales (voir « Contexte »).

EurActiv a demandé au ministère grec des affaires étrangères de commenter les accusations portées par la Macédoine, mais n'a pas encore reçu de réponse.

Nomination de M. Lambrinidis sous le feu des critiques

La Macédoine s'est récemment montrée agacée par la nomination de Stavros Lambrinidis, un ancien ministre grec des affaires étrangères, au poste de représentant spécial de l'UE pour les droits de l'Homme. Dans un commentaire publié par Dnevnik, l'éditorialiste Ivana Kostovska a demandé à M. Lambrinidis de réagir à la menace qui pèse sur la Macédoine, à savoir devenir une victime de la crise grecque.

Environ 100 000 immigrés clandestins arriveraient en Grèce chaque année, la plupart passant par la Turquie. Des fonctionnaires grecs ont associé les mesures de répression adoptées au nombre croissant de réfugiés syriens et à l'impact de l'immigration sur le taux de criminalité, notamment la consommation de drogues.

Athènes a récemment décidé de réprimer plus sévèrement l'immigration clandestine et a enfermé plus de 6000 personnes au cours du week-end du 4-5 août. Sur ce nombre, environ 1600 immigrés devraient être expulsés.

Le parti de l'Aube dorée d'extrême droite, qui a remporté 7 % des voix lors des élections cette année, présente un programme hostile aux immigrés et a été accusé d'attaques racistes dans la capitale. Les experts craignent que la Grèce ne parvienne pas à régler le problème de l'immigration clandestine et l'influence de l'Aube dorée pourrait croître, ses attaques devenant plus généralisées.

Pour éviter de devoir quitter l'espace Schengen, la Grèce construit à la hâte des centres fermés, en contradiction avec des décisions de justice rendues dans d'autres pays, selon lesquelles les demandeurs d'asile ne devraient pas être traités comme des prisonniers. Les autorités grecques défendent leurs initiatives, citant l'existence de structures similaires en France et en Espagne.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

De tous les obstacles en travers de la route de la Macédoine vers l'adhésion à l'UE, le conflit toponymique avec la Grèce semble le plus important (voir le LinksDossier d'EurActiv sur les relations UE-Macédoine)

Du point de vue d'Athènes, le nom officiel utilisé par Skopje (République de Macédoine), constitue un affront pour la région grecque qui porte le nom de Macédoine. En représailles, la Grèce a promis d'opposer son veto à l'adhésion de la Macédoine aux institutions internationales, y compris l'UE, jusqu'à ce que cette question soit réglée.

Lors du sommet de Bucarest le 4 avril 2008, la Croatie et l'Albanie ont été invitées à rejoindre l'OTAN mais la candidature de la Macédoine a été laissée en suspens. Cette décision a été un coup dur pour Skopje. Ce sommet a également suscité de vives critiques quant à la position de la Grèce, dans la mesure où elle est considérée comme une violation de l'accord intérimaire de l'ONU signé en 1995.

Dans le cadre de cet accord, la Grèce a abandonné ses sanctions économiques contre la Macédoine en échange de l'abandon de l'utilisation d'un ancien drapeau macédonien et de la modification des articles de la constitution macédonienne perçus comme des revendications potentielles du territoire grec.

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