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Le Royaume-Uni demande à la Turquie d'améliorer la sécurité de ses frontières

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Publié 02 août 2011

La Turquie doit améliorer la sécurité de ses frontières avant de pouvoir rejoindre l'Union européenne, ont déclaré hier (1er août) des hommes politiques britanniques. Ils ont exprimé leurs craintes quant à des risques en matière de sécurité et aux immigrés clandestins qui pourraient venir des pays voisins, à savoir l'Irak, l'Iran et la Syrie.

Le Comité des affaires intérieures du parlement britannique, dans un rapport sur les conséquences de l'adhésion de la Turquie à l'UE, a également exprimé ses craintes quant aux groupes criminels organisés et au trafic de drogue dans le pays, mais il a affirmé qu'une meilleure coopération entre le pays et l'UE dans la lutte contre le crime pourrait compenser ces risques.

La Turquie a officiellement entamé ses négociations d'adhésion à l'UE en 2005 et est de plus en plus frustrée par la lenteur des progrès réalisés jusqu'à présent.

« Si la Turquie devait rejoindre l'UE, les frontières extérieures de l'Union seraient étendues à plusieurs pays, ce qui pose un important risque de sécurité, notamment en termes d'immigration illégale en provenance de Syrie, d'Iran et d'Irak », a déclaré le Comité qui compte des membres des principaux partis politiques britanniques.

« L'UE doit imposer des conditions très strictes concernant la sécurité des frontières. La Turquie devra prouver clairement et objectivement qu'elle remplit ces conditions avant de pouvoir adhérer à l'Union ».

Le Comité a affirmé que les groupes criminels organisés dans le pays représentaient une « menace substantielle » pour la sécurité intérieure de l'UE, surtout étant donnée la position de la Turquie sur la route du trafic d'héroïne qui relie l'Afghanistan à l'Europe.

Quelque 80 % de l'héroïne importée d'Afghanistan en Europe occidentale et centrale arrivent par la Turquie, peut-on lire dans le rapport.

« Des mesures strictes seront essentielles pour minimiser l'impact du crime organisé en provenance de Turquie dans l'Europe élargie ».

Toutefois, le Comité a expliqué que l'adhésion de la Turquie ne devrait pas mené à une augmentation de la quantité de drogues sur le marché européen.

L'adhésion de ce pays permettrait une coopération renforcée entre les services répressifs turcs et européens, ce qui pourrait mener à une meilleure lutte contre le trafic de drogues, peut-on encore lire dans ce rapport.

Le Comité a affirmé que la frontière gréco-turque était celle qui posait le plus de problèmes en termes d'immigration illégale dans l'UE, même si le nombre d'immigrés clandestins a chuté depuis l'arrivée en 2010 d'une équipe de l'agence européenne des frontières.

Le rapport précise qu'il est difficile d'estimer quel sera le nombre de Turcs qui profiteront de l'avantage de la libre circulation pour déménager dans un autre Etat une fois la Turquie dans l'Union. Selon certaines estimations, ce nombre variera entre 500 000 et 4,4 millions d'ici 2030.

Le Comité a déclaré que cette incertitude le rendait prudent quant à l'octroi d'une totale liberté de circulation aux citoyens turcs. Il a demandé au gouvernement britannique de réaliser une étude sur le nombre prévu d'immigrés légaux originaires de Turquie qui pourraient arriver en Grande-Bretagne suite à l'adhésion du pays à l'UE.

Contrairement à la France et à l'Allemagne qui émettent toute deux des réserves quant à l'adhésion de la Turquie, le gouvernement britannique est un fervent supporter de son arrivée dans l'Union.

EurActiv avec Reuters Article EurActiv traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Contexte : 

La Grèce est sous pression suite à l'augmentation du nombre d'immigrés qui traversent sa frontière avec la Turquie depuis qu'Ankara a établi un régime sans visa avec des pays tels que l'Iran, la Syrie, le Yémen, la Libye, le Liban, le Maroc et la Tunisie.

En fait, la Turquie a mis sur pied sa propre zone sans visa similaire à l'espace Schengen et intitulée Sham-gen (de al-Sham, ou Bilad al-Sham, qui fait référence à la région qui borde la mer Méditerranée orientale, généralement connue sous le nom de Levant ou Grande Syrie, et qui comprend la Syrie, Israël, la Jordanie, le Liban et les territoires palestiniens).

Le nouveau venu dans l'UE, la Bulgarie, avait l'ambition de rejoindre l'espace Schengen au mois de mars, mais il n'a pas pu le faire à cause de soi-disant problèmes le long de sa frontière de 143 km avec la Turquie. Un porte-parole du ministère bulgare des affaires étrangères a laissé entendre que Sofia s'était vu refuser son adhésion, car les Etats membres craignaient une évolution de la situation aux frontières extérieures de l'UE.

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