Prenant la parole devant les deux chambres du Parlement roumain, ce 14 avril, M. Băsescu a jeté une bombe politique en demandant aux législateurs de simplifier les procédures.
Comme le reporte la presse de Bucarest, l’opération qui devrait probablement plaire aux nationalistes en Roumanie, pourrait laisser le président communiste moldave Vladimir Voronin sans citoyens.
M. Băsescu a rappelé que la législation roumaine prévoit de rendre la nationalité roumaine aux précédents citoyens du pays et à leurs successeurs, qui ont été privés de ce statut contre leur gré.
Il a continué en remarquant que la procédure bureaucratique limite drastiquement le nombre de personnes capable d’en bénéficier réellement. En conséquence, il a demandé au gouvernement d’adopter, via une procédure d’urgence, la modification de cette législation, de manière à accélérer et faciliter la procédure de restauration de la nationalité roumaine pour ceux qui l’ont perdue, ainsi que leur famille, jusqu’au troisième degré.
M. Băsescu a ajouté que, de cette manière, les Roumains de la République de Moldavie récupérerait rapidement leur nationalité roumaine et deviendraient, non plus d’un point de vue moral mais d’un point de vue légal, des membres de la famille européennne.
Le président roumain a aussi laissé entendre que tous les Moldaves dont les ancêtres ont vécu en Roumanie depuis 1939 pourraient être candidats à la nationalité roumaine. Le sol de notre pays avait été amputé du territoire est de la rivière Prout par le fasciste-soviétique Pacte germano-soviétique (Pacte Ribbentrop-Molotov), qui a été dénoncé par le Parlement roumain comme illégal et arbitraire, a-t-il déclaré.
Plus tard, en s’adressant à la presse, M. Băsescu a révélé que 650 000 enveloppes contenant des demandes de nationalité roumaine attendaient à l’ambassade roumaine de Chisinau. Il a ajouté que, comme certaines demandes concernaient plusieurs membres d’une même famille, environ un million sur les quatres millions de personnes que compte la population moldave s’était inscrit pour obtenir la nationalité roumaine.
La presse roumaine a remarqué, cependant, que l’acte de M. Băsescu causera probablement des froncements de sourcils dans les capitales de l’UE. Ceci pourrait aboutir à une autre vague d’émigration de millions de nouveaux citoyens européens. On rapporte que l’Italie envisage la fermeture de ses frontières aux citoyens roumains, après une vague de crimes imputés à des Roms roumains (EurActiv 24/02/09).
Un porte-parole de la Commission a informé EurActiv que l’exécutif européen ne ferait pas de commentaire pour le moment. Il s’est borné à dire que l’opération du président roumain était de toute évidence une question très sensible, avec une grand nombre de conséquences sur la migration au sein des frontières de l’UE.



