L'Ukraine d'aujourd'hui est très différente de ce qu’elle était lorsqu’elle a déclaré son indépendance de l'Union soviétique il y a 20 ans. Ce pays naissant était alors dans une situation extrêmement difficile. Il était aux prises avec un faible PIB et le chômage de masse semblait inévitable, explique le président.
Mais l'Ukraine d'aujourd'hui est « un pays moderne et dynamique où les petites entreprises sont de plus en plus nombreuses, où la créativité se développe et le marché reprend après une pénible récession. Rien que l'année dernière, les investissements directs étrangers ont augmenté de 35 % », affirme-t-il.
M. Ianoukovytch entrevoit un potentiel énorme pour l'Ukraine et pense qu'elle aura un rôle prometteur dans l'économie européenne.
« Mon pays peut non seulement se targuer de disposer d'une main d'œuvre qualifiée et d'un riche patrimoine scientifique et technologique, mais aussi de servir de pont entre les marchés européen, russe et asiatique. Avec un territoire plus grand que celui de la France et qui regroupe un tiers des sols les plus fertiles du monde, l'Ukraine est souvent considérée comme la « corbeille à pain » de l'Europe », avance-t-il.
Le président argue que la population ukrainienne apprécie l'innovation. « Notre exploration actuelle des réserves de schiste et offshores permettra de diversifier l'approvisionnement en énergie et d'éviter des crises à l’avenir. Nos liens économiques étroits avec l'UE ne feront que se renforcer après la finalisation de l'accord d'association cette année, un tremplin pour notre future adhésion à l'UE », affirme-t-il.
M. Ianoukovytch a également souligné que l'Ukraine devrait améliorer ses relations avec la Russie. « La sécurité énergétique de l'Ukraine est minée depuis trop longtemps par des relations diplomatiques imprévisibles avec la Russie. Il est temps d'aller de l'avant et de regarder vers l'avenir en favorisant la paix dans la région et en laissant derrière nous les erreurs du passé. L'Ukraine, la Russie et l'Europe dans son ensemble en tireront profit si nous y parvenons », explique-t-il.
Dans le même temps, le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré hier (24 août) qu'il souhaitait que l'Ukraine devienne un membre à part entière de l'Union douanière entre la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan.
« L'Union douanière est la plus haute forme d'intégration et nous sommes intéressés par l'implication de l'Ukraine, ce grand pays européen, un Etat frère et ami, dans ce processus », a dit M. Medvedev aux journalistes.
La Russie tente depuis longtemps de convaincre l'Ukraine de rejoindre cette Union douanière, dont les membres ont accepté l'an dernier d'introduire un tarif douanier unique (l'équivalent du tarif douanier commun en Europe qui s'applique à l'importation de marchandises par les frontières extérieures de l'UE), en lui laissant entrevoir la possibilité d'acheter du gaz à un meilleur prix.
L'Ukraine ne souhaite cependant pas devenir un membre à part entière de cette Union douanière, car un tel accord exclurait la possibilité pour le pays de signer un accord de libre-échange avec l'UE.
Le président Ianoukovytch argue dans son article d'opinion, paru dans le Wall Street Journal, que l'Ukraine fera tout ce qu'il faut pour se conformer aux exigences de l'UE.
Il explique que l'actuel plan de réforme des retraites dans le pays (comprenant un recul de l'âge de la retraite de 55 à 60 ans pour les femmes) est similaire aux mesures controversées entreprises par les gouvernements européens afin d'améliorer la discipline économique et budgétaire. Même si ces réformes se révèlent difficiles, elles contribuent à structurer l'économie ukrainienne en accord avec les normes de l'UE, ajoute-t-il.
« Dans les dix prochaines années d'indépendance, j'espère voir l'Ukraine rejoindre sa famille européenne. Nous ne pouvons pas atteindre cet objectif seuls et nous demandons à nos amis européens de soutenir nos efforts. Notre avenir dépend de la construction de liens forts avec l'UE, et à terme de notre adhésion à part entière », conclut M. Ianoukovytch.



