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Deux mois avant la présidence française de l’UE, la visite d’Etat du président Nicolas Sarkozy au Royaume-Uni permet de relancer l’alliance franco-britannique et de chercher à renforcer la coopération en matière d’énergie, de changement climatique, d’immigration et de sécurité.
La visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Royaume-Uni était la première d’un président français depuis 12 ans. Le président Jacques Chirac, dont la relation avec l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair s’était terminée avec des tensions provoquées par leurs positions différentes vis-à-vis de la guerre en Irak, avait été le dernier à rendre une visite d’Etat.
A l’inverse, le Premier ministre Gordon Brown et le président Nicolas Sarkozy semblent vouloir maintenir une relation conviviale et amicale.
Le discours de M. Sarkozy devant les deux chambres du Parlement britannique, mercredi 26 mars, était considéré comme un privilège spécial, dans la mesure où seuls 31 invités de haut rang ont eu cet honneur depuis 1939, notamment Nelson Mandela et le Dalaï Lama.
Ce n’est pas simplement une histoire sans lendemain et « on devrait aller au-delà du petit-déjeuner », a ironisé Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse commune avec M. Brown après le sommet bilatéral, organisé au Emirates Stadium, berceau du club de football Arsenal dans le nord de Londres.
Dans la tradition de « l’entente cordiale » franco-britannique datant de 1904, M. Brown a proposé une « entente formidable », répondant à l’invitation à « l’entente amicale » de M. Sarkozy dans son discours dans les deux chambres du Parlement britannique mercredi 26 mars.
Dans ce discours, qui a été ovationné, M. Sarkozy a appelé les deux pays à « dépasser nos rivalités anciennes et construire un avenir ensemble où nous serons plus forts parce que nous serons ensemble ». Cependant, il a également demandé au Royaume-Uni de jouer un plus grand rôle au sein de l’UE.
Les commentateurs politiques ont fait allusion à une nouvelle relation entre les deux pays – qui devrait être très différente de l’atmosphère « glaciale » des sommets Chirac-Blair.
Dans une déclaration conjointe, les deux dirigeants ont annoncé une série de mesures destinées à renforcer la relation entre les deux pays :
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a qualifié la visite d’Etat de deux jours de M. Sarkozy d’historique en déclarant que lui et le président français partagent « la même vision du monde globalisé ».
Dans un entretien accordé au Monde il a déclaré « nous croyons qu’en travaillant ensemble, la France et le Royaume-Uni peuvent constituer une force plus importante ». Il précise que les deux hommes ont déjà travaillé ensemble lorsqu’ils étaient l’un et l’autre ministres des Finances.
Le président français Nicolas Sarkozy a retourné les courtoisies britanniques en affirmant que la France et le Royaume-Uni ont besoin l’un de l’autre. Il a souligné que leurs deux pays n’avaient jamais été aussi proches et que l’amitié entre le Royaume-Uni et la France ne devrait pas être uniquement une question de principe mais aussi une amitié nourrie par des projets concrets.
M. Sarkozy a invité le peuple britannique à ouvrir avec la France une nouvelle page dans l’histoire commune des deux pays, celle d’une nouvelle fraternité franco-britannique. Une fraternité pour le 21ème siècle, a-t-il déclaré devant le Parlement britannique. M. Sarkozy a affirmé que M. Brown est en faveur de la mondialisation et que la France en faveur de l’Europe. Il a ajouté qu’ils travailleraient dès à présent pour une Europe mondiale.
Lors d’une conférence de presse commune, il a déclaré aux journalistes que la France avait besoin du Royaume-Uni pour construire l’Europe.
Lors d’un entretien accordé à la BBC avant sa visite, M. Sarkozy avait déclaré qu’il respectait les liens fraternels unissant le Royaume-Uni aux Etats-Unis et que ceci ne devrait pas interférer avec la position centrale du Royaume-Uni en Europe.
Selon lui, bien qu’il ait admis que le moteur franco-allemand soit indispensable dans la construction européenne, il a reconnu néanmoins qu’il n’était pas suffisant. Selon lui, il est avant tout nécessaire d’établir cette nouvelle entente franco-britannique.
Ulrike Guerot, du Conseil européen pour les Relations extérieures, a soutenu la déclaration de M. Sarkozy et a chaleureusement accueilli le nouveau partenariat franco-britannique comme un supplément utile à l’axe franco-allemand. Il a également rejeté le point de vue selon lequel le rapprochement franco-britannique pouvait marginaliser l’Allemagne. Seules la France et l’Allemagne ont la capacité de d’initier et de soutenir les réformes européennes. D’après lui, il n’y a aucune chance qu’une telle épreuve de force franco-britannique puisse avoir le même impact.
D’après lui, l’Europe devrait se réjouir d’avoir le Royaume-Uni à son bord puisqu’elle a besoin de poids lourds pour avancer.