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S’exprimant hier (4 novembre) lors de la cérémonie d’ouverture du campus du Collège d’Europe à Bruges, le président du Parlement européen Jerzy Buzek a mis en avant la création d’une Communauté européenne de l’énergie comme une prochaine grande étape pour l’Europe.
Pour certains européens, la politique énergétique renvoie au combat contre le changement climatique, et pour d’autres, cela évoque la sécurité énergétique. C’est les deux à la fois. Sans sécurité énergétique, et sans une politique énergétique globale, nous ne pouvons pas nous occuper du changement climatique, a déclaré M. Buzek.
En mars, le Conseil devrait accepter un nouveau projet relatif à la politique énergétique européenne qui prévoira un meilleur transport et une diversification du gaz, à la fois vers et dans l’Union. Mais cela n’est pas assez ambitieux, a souligné le président du Parlement, en référence à la seconde Analyse stratégique de la politique énergétique.
M. Buzek a fait une comparaison entre la situation européenne à la suite de la Seconde Guerre mondiale et la nécessité actuelle de relancer l’Europe à travers un grand projet.
Dans les années 1950, la Communauté du charbon et de l’acier était mise en place, donnant un contrôle conjoint sur le charbon qui était vital à la production d’énergie. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une nouvelle déclaration Schuman, non plus parce que nous craignons l’irruption d’une guerre entre nous, mais parce que nous avons besoin d’un nouveau sentiment de solidarité dans la production, l’achat et la consommation d’énergie, a-t-il affirmé.
Selon le président de l’assemblée européenne, la logique d’un tel projet repose dans la mise à disposition de ressources financières pour créer des réseaux énergétiques, améliorer l’interconnectivité, construire des réseaux gaziers et électriques et augmenter la diversification et l’investissement dans les ressources renouvelables. Dans un tel scénario, aucun Etat membre ne peut se permettre de ne pas le faire, mais aucun d’entre eux ne peut le faire tout seul. Cela peut uniquement être réalisé par des investissements européens soutenus sur le long terme, a plaidé M. Buzek.
L’énergie représente une vraie question de souveraineté nationale et l’intégralité des Etats membres n’aura pas la volonté de rejoindre cette initiative dès le départ. Mais nous devons faire un pas en avant et progresser avec ceux qui le souhaitent. Il est temps de mettre en avant la production électrique plutôt que la souveraineté, a-t-il conclu.