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22 novembre 2008
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Entretien : « pas d’illusions » sur la ratification du traité européen [FR][en][de

Publié: vendredi 1 août 2008   

Les dirigeants européens devraient retourner à Bruxelles en octobre pour débattre de l’avenir de l’Union après le « non » irlandais. Mais Dominique Moïsi, de l’Institut français des relations internationales, estime que la présidence française de l’UE s’écarte de ses compétences en tentant de faire pression sur Dublin pour organiser un second référendum. Il en va de même pour le « chantage » exercé sur les présidents tchèque et polonais en les menaçant de remettre en question les futurs élargissements de l’Union s’ils ne ratifient pas le traité.

Le « non » irlandais au traité de Lisbonne lors du référendum de juin dernier constitue un « signal d’avertissement pour l’Europe », a déclaré M. Moïsi, membre fondateur de l’Ifri et rédacteur en chef de la revue « Politique étrangère ». 

Il a insisté sur le fait que le rejet du texte par l’Irlande ne constitue pas un cas isolé. Il s’agit en en effet du « troisième référendum négatif » après les « non » français et néerlandais à la Constitution européenne en 2005. Cette situation traduit « un profond divorce entre les citoyens de l’Europe et l’Union Européenne », a-t-il averti. 

A propos des obstacles pratiques à la ratification, l’analyste souligne avant tout que le président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus « ne changera pas d’avis. Il est déterminé dans son euroscepticisme ». Le cas de la Pologne s’avérera lui aussi difficile, a-t-il ajouté.

Dans la perspective des élections européennes de juin 2009, il serait « négatif » de céder à la tentation de résoudre la question de l’avenir de l’Europe en faisant pression sur l’Irlande, a estimé M. Moïsi. En effet, « cela irriterait davantage les Irlandais et favoriserait une forme de populisme ».

M. Moïsi a en outre affirmé que le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de six mois de l’UE, devrait cesser de lier la ratification du traité de Lisbonne à la poursuite de l’élargissement. 

« Ce serait un échec de mener une sorte de chantage. […] On ne fera pas ratifier le Traité et on coupera l’Europe de sa carte principale qui est celle de l’élargissement », a-t-il averti, signalant que « le rôle de l’Europe en tant qu’acteur sur le plan international s’est affaibli brutalement au cours des dernières semaines ». M. Moïsi a vivement encouragé l’UE à rechercher des solutions en vue de l’adhésion de la Croatie et de la Serbie : « Il faut quand même récompenser la Serbie pour l’arrestation de Karadzic », a-t-il indiqué. 

A son avis, l’ambition de la présidence française de mettre en place un agenda européen de la défense malgré l’opposition irlandaise à cette idée est certes « légitime », mais irréaliste.  « En dehors de la France et de la Grande Bretagne et peut-être, un petit peu plus loin derrière, de l’Allemagne, aucun pays Européen n’est vraiment enthousiaste à l’idée de consacrer plus d’argent à la défense au moment où la crise économique s’aggrave et où les citoyens sont confrontés au problème du pouvoir d’achat », a-t-il ajouté.

D’un autre côté l’expert français de la politique étrangère se montre optimiste quant aux relations transatlantiques après l’élection présidentielle américaine à venir. Selon lui, « les considérations écologiques seront encore plus importantes si Obama ou même si Mc Cain arrivent au pouvoir ». « Une victoire d’Obama serait perçue très positivement en Europe », a-t-il estimé. Mais si le candidat démocrate devenait le prochain président américain, M. Moïsi n’exclut pas l’émergence de « problèmes nouveaux en matière de commerce ».

Pour lire la version complète de l’entretien, cliquez ici.

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